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Commentaire de l'actualité (gaie ou non!) sur terre, au ciel, à gauche, à droite, de Genève, de Londres ou d'ailleurs
News and views (gay or not!) on earth, in heaven, left or right, from Geneva, London or elsewhere

Gauche fanatique

Jeff Jarvis, un Démocrate qui a voté Kerry, adversaire des baisses d’impôts de Bush, partisan du mariage gay, n’est pas disposé à  se laisser excommunier par les blogueurs qui le décrivent comme conservateur ou de droite uniquement parce qu’il était partisan de l’intervention internationale en Irak et que, plus généralement, il croit judicieux de soutenir les militants démocratiques dans les dictatures. Il le dit avec passion et conclut:

I’m no right-winger. But I’m not their kind of left-winger.

J’ai déjà  brièvement fait allusion, à  la fin de ce billet, à  l’affaire soulevée par des blogueurs de gauche qui a contraint à  la démission d’un journaliste accrédité à  la Maison Blanche en révélant ses liens avec un site de prostitution homosexuelle. Andrew Sullivan:

The real scandal is the blatant use of homophobic rhetoric by the self-appointed Savonarolas of homo-left-wingery. It’s an Animal Farm moment: the difference between a fanatic on the gay left and a fanatic on the religious right is harder and harder to discern.

7 commentaires

  1. 27 février 2005

    “l’intervention internationale en Irak”… Mouarf… Vous commencez à  me faire rire. +1 point.

  2. 27 février 2005

    L’expression me paraît d’autant plus se justifier si tu la situes, dans le temps, fin 2002 – début 2003: Jeff, comme moi et d’autres gens de gauche, souhaitait ardemment que l’ONU vote formellement une seconde résolution autorisant l’intervention, alors que les partisans du statu quo, ceux qui manifestaient “contre la guerre” en février 2003, souhaitaient ardemment qu’une telle résolution ne soit pas votée…

    Une fois l’intervention déclenchée sans un tel vote, ce serait un peu lassant pour les lecteurs habituels de ce blog que je développe systématiquement l’expression: “l’intervention d’une coalition internationale décidée à  ne pas laisser l’ONU et la résolution 1441 être ridiculisées en raison de la paralysie du Conseil de sécurité”…

    J’imagine que tu n’as, en revanche, pas de problème à  appeler “intervention internationale” celle qui s’est déroulée au Kosovo, également sans mandat de l’ONU? Cf. aussi ce très intéressant billet de Norman Geras.

  3. 27 février 2005

    Jeff, comme moi et d’autres gens de gauche, souhaitait ardemment que l’ONU vote formellement une seconde résolution autorisant l’intervention, alors que les partisans du statu quo, ceux qui manifestaient “contre la guerre” en février 2003, souhaitaient ardemment qu’une telle résolution ne soit pas votée…

    Il faut aussi rappeler que certains, tout aussi à  gauche, souhaitaient une seconde résolution fixant un ultimatum au régime irakien et des critères précis conditionnant l’entrée en guerre. C’était la position britannique au début 2003, et elle avait de bonnes chances d’obtenir une majorité (9/15) au Conseil de sécurité.

    C’est le refus du compromis de la part des Américains qui a fait échouer la seconde résolution, beaucoup plus que la menace de veto des Français (qui avaient une peur bleue de se retrouver en minorité au Conseil).

    Voir l’article de James Rubin, qui est vraiment essentiel pour comprendre le contexte diplomatique de l’entrée en guerre.

  4. 27 février 2005

    Emmanuel: je ne sais pas si notre petit dialogue à  ce propos intéresse encore quelqu’un d’autre, mais à  toutes fins utiles je te signale une intéressante interview de Colin Powell publiée hier par le Daily Telegraph (enregistrement gratuit) où il donne sa lecture de l’affaire.

  5. 27 février 2005

    François : très intéressant. Merci pour le lien.

    Ca confirme en fait la thèse selon laquelle les Américains n’ont jamais vraiment tout fait pour obtenir une seconde résolution. C’est sûrement défendable sur un plan purement légal (et de politique intérieur), mais la légitimité internationale de la guerre en a pris un gros coup. Je continue à  penser que c’était une erreur grave (tu sais aussi que je suis aussi très critique vis-à -vis de la façon dont la France s’est comportée dans cette affaire).

  6. 27 février 2005

    Disons que je ne vois pas ce qu’ils auraient pu faire de plus… C’était bien sûr regrettable de ne pas avoir de deuxième résolution, mais il aurait été absurde de renoncer de ce fait à  l’intervention. Encore une fois, je crois que la plupart du temps ces arguments légaux ne sont que des prétextes: quand on est pour le fond (l’intervention au Kosovo), on s’en fiche, quand on est contre, même si la légalité internationale est respectée on n’en tient pas compte (l’Irak où les opposants continuent de parler d’occupation alors que c’est un mandat de l’ONU en bonne et due forme depuis la résolution 1546).

  7. 27 février 2005

    On est d’accord sur la légalité (cela ne veut pas dire évidemment qu’elle soit inimportante, mais il y a des cas -qui doivent rester rares- où il est légitime de passer outre, comme sur le Kosovo).

    Sur la question de savoir ce que les Etats-Unis auraient pu faire de plus, je renvoie (encore!) à  l’article de Rubin.

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