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Commentaire de l'actualité (gaie ou non!) sur terre, au ciel, à gauche, à droite, de Genève, de Londres ou d'ailleurs
News and views (gay or not!) on earth, in heaven, left or right, from Geneva, London or elsewhere

Double standard

Après la France, l’Italie. Il aurait fallu s’extasier en 1999 quand un gouvernement socialiste français (d’ailleurs réticent) inventait le PACS: ce statut pour concubins hétéros incapables de se décider à  se marier mais désireux de faire un pas de plus, qui n’était pas interdit aux couples de même sexe[1], était paraît-il une grande avancée pour les droits de l’homme, ceux des gays et des lesbiennes en particulier. Aujourd’hui c’est le gouvernement de gauche italien de Romano Prodi qui annonce fièrement “reconnaître les couples hétérosexuels et homosexuels“, avec des droits minimalistes sous le nom de DICO.

Peu importe le fait que des gouvernements méprisablement sociaux-démocrates aient, à  l’exemple du Danemark il y a bientôt 20 ans (en 1989)[2], établis une véritable égalité des couples de même sexe au travers d’un statut propre, le partenariat enregistré ou partenariat civil, analogue au mariage pour les couples hétéros. Là , on fera facilement la fine bouche et on dénoncera une honteuse ségrégation, du fait que ce n’est pas le mariage pour tous.

C’est sans doute une application mal assimilée de la pédagogie compensatoire: on félicite davantage l’élève qui a de la peine mais fait de modestes progrès que celui qui réussit sans trop d’effort. Et ce d’autant plus quand le premier vient d’un milieu à  l’égard duquel on a un préjugé favorable[3]: la gauche déclamatoire.

L’autre chose qui me fascine quand elle ne m’amuse ou ne m’irrite pas, c’est l’incapacité des milieux religieux (presque toutes confessions confondues) à  comprendre que le mariage et la famille traditionnelle seraient bien mieux défendus en reconnaissant un véritable partenariat pour les couples d’homosexuel-le-s (qui sont plus rarement des hétérosexuel-le-s qui s’ignorent que la situation inverse) et en luttant contre la juridification du concubinage.

Notes

[1] C’était l’avancée par rapport aux droits que la jurisprudence tirait déjà  du concubinage de pur fait en France.

[2] Et même le conservateur peuple suisse en juin 2005.

[3] N’y aurait-il pas plutôt lieu d’avoir un surcroît d’exigence?

Un commentaire

  1. alex
    12 février 2007

    Tout à  fait d’accord avec la dernière remarque. A l’inverse, le législateur facilite sans beaucoup d’opposition le dé-mariage. Le mariage est donc en train de se contractualiser, ce qui va à  l’encontre des dogmes religieux. On va vers une situation juridique assez absurde avec d’un côté un mariage-contrat et de l’autre la juridification du concubinage.

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