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L’école française de la torture

Etonnant comme les médias sont discrets sur la révélation d’un documentaire présenté lundi soir (à 23h) sur Canal+: Les Escadrons de la mort: l’école française, de Marie-Monique Robin. Dans le supplément TV du Monde, le week-end précédent, un article de présentation (par Jacques Isnard, le chroniqueur militaire, tout de même), puis le lendemain la chronique de Dominique Dhombres. Pas envie d’en remettre une couche avec le général Aussaresses que Le Monde avait si bien et utilement su faire parler de sa pratique de la torture en Algérie? Mais là il s’agit d’autre chose: le rôle de conseillers techniques et instructeurs qu’Aussaresses et d’autres ont joué auprès des Etats-Unis et, surtout, en Amérique latine, entre la fin des années 50 et des années 70, préconisant d’y rejouer la bataille d’Alger (tortures et disparitions).

Jacques Isnard écrit (l’article est payant):

“Cette face-là, plutôt honteuse, de l’histoire d’une partie de l’armée française n’était pas inconnue. Le mérite de Marie-Monique Robin est double. La réalisatrice a retrouvé les témoins français et étrangers de cette aventure, et ceux-ci en parlent, à l’aise, devant sa caméra. Mais, surtout, elle montre que l’Etat français, à l’époque, savait que son armée, avec son accord tacite via les missions militaires officielles dont il disposait en Amérique latine, avait fait école chez les tortionnaires argentins et chiliens, par exemple.”

“Plutôt honteuse”? “N’était pas inconnue”? On connaît surtout la fameuse Ecole des Amériques et ses instructeurs US, dans le canal de Panama, beaucoup moins cet aspect du rayonnement français.