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Commentaire de l'actualité (gaie ou non!) sur terre, au ciel, à gauche, à droite, de Genève, de Londres ou d'ailleurs
News and views (gay or not!) on earth, in heaven, left or right, from Geneva, London or elsewhere

La Suisse, nombril de l’Europe réunifiée?

Quoiqu’en disent les métaphores sur le nombril, c’est probablement la pièce d’anatomie qui nous préoccupe le moins… Et c’est ce à quoi fait penser ce trou blanc, sans même un nom, au milieu des cartes publiées dans Le Monde ou The Independant à l’occasion de l’entrée de 10 nouveaux pays dans l’Union européenne.

On ne parle pas non plus de la Suisse dans le texte, à la louable exception d’une remarquable interview de Ralf Dahrendorf dans Le Monde du week-end:

“Pour l’heure, l’Union européenne a trois problèmes concernant ses frontières. Tout d’abord, la Turquie. Ensuite, la Suisse et la Norvège, envers qui il faut faire preuve de générosité, et non d’agressivité. Dans tous les cas, la question de leur entrée dans l’Union doit être affrontée. Et enfin, les Balkans: la Roumanie, la Bulgarie, les pays de l’ex-Yougoslavie. Ce sera le problème le plus complexe car dans cette région, la démocratie est plus fragile qu’ailleurs.”

(Par parenthèse, j’ai aussi adoré la manière dont il cloue le bec à ses interviewers du Monde et de El Païs sur l’Amérique et l’Irak:

“L’Europe doit comprendre que les Etats-Unis sont son partenaire, son allié, un pays frère avec qui elle forme le monde libre. Et que sans les Etats-Unis, elle serait moins libre, assurément.

Même sans l’Amérique de George Bush, qui envahit l’Irak sur la base de mensonges?

Le débat sur la guerre en Irak est tout aussi animé aux Etats-Unis qu’en Europe. On aurait tort de réduire les Etats-Unis à leur président ou à leur actuelle administration. Ceci dit, je reste favorable à l’intervention en Irak, pour des raisons personnelles. Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive autrefois, et il les a utilisées. Peut-être ne les avait-il plus en 2003. Mais si, au lieu de fermer les yeux, les alliés étaient intervenus contre Hitler en 1938, on aurait pu éviter l’Holocauste.”)

Pour revenir à la Suisse et se consoler de son absence dans la fête, il y a le magazine du week-end du Financial Times Focus on Europe: il date déjà du 27 mars mais je ne l’ai toujours pas fini tant il est copieux et intéressant. Il célèbre les 25 ans de l’édition continentale, à Frankfurt, du quotidien londonien (aujourd’hui véritablement global), de sorte qu’il n’est pas limité par les frontières des traités. Et la Suisse (qui doit aussi être un marché intéressant de manière disproportionnée pour le FT) est flatteusement mise en valeur à toutes les pages: Daniel Vasella “most influential business figure”, les architectes suisses, de Herzog & de Meuron à Zumthor: “The understated, Calvinist cool of avant-garde Swiss architecture is unsurpassed and finely attuned to the new century”, et même, au nombre des 25 meilleurs nouveaux producteurs de vin, “Daniel and Martha Gantenbein of Fläsch in German-speaking Switzerland have been pushing everything to the limit”.