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Commentaire de l'actualité (gaie ou non!) sur terre, au ciel, à gauche, à droite, de Genève, de Londres ou d'ailleurs
News and views (gay or not!) on earth, in heaven, left or right, from Geneva, London or elsewhere

Mardi, c’est Garfieldd

Nous soutenons GarfielddOr donc, Un swissroll s’associe au soutien à  Garfieldd, directeur d’école licencié de la fonction publique française pour cause de blog. Le ministre a promis une nouvelle décision “mieux proportionnée”, mais depuis c’est le silence radio; dire que j’ai su trop tard qu’il était dans mon quartier de Londres, vendredi dernier, pour m’installer devant l’école avec un panneau: “Gilles, n’oublie pas Garfieldd!”

Conformément au principe de la chaîne des “billets pornographiques du jour” initiée par Kozlika, je publie (sans retouche) un extrait du corps du délit — et pour durer sans lasser, ce sera seulement le mardi, tous les mardis. Vous pouvez en en lire des dizaines d’autres sous WebArchives ou alors en cache Google, et à  vrai dire le choix est difficile tant il y en a et tant ils sont bons.

Et maintenant (Gilbert Bécaud)

Par Garfieldd – Jeudi 24 Février 2005 à  20:02 – Dans la tête

Et maintenant que vais-je faire
Je vais en rire pour ne plus pleurer
Je vais brûler des nuits entières
Au matin je te haïrai

Ca devait arriver… Un inconnu qui me connaît est arrivé sur mon blog… “…d’habitude je vous dis bonjour Monsieur le Proviseur . J’ai l’honneur et le plaisir de vous rencontrer parfois , professionnellement…”
Cela me rappelle il y a quelques années, sur un site de rencontres, un prof que j’avais reconnu grace à  sa photo et que j’avais abordé, sans arrière pensée, simplement pour lui dire bonjour. Face à  ses légitimes interrogations (je l’avais appelé par son prénom mais lui n’avait pas d’élément pour m’identifier) j’avais écrit : “Lorsque l’on se croise dans les couloirs, vous me dites bonjour monsieur le Proviseur Adjoint”
Et la conversatioin avait pris un tour simple et enjoué. Naturel.

Aujourd’hui donc quelqu’un commente une de mes notes et m’indique qu’il me connaît…
Quand on me demandait ici même si je n’avais pas peur d’être reconnu, je répondais non. C’est vrai que je n’écris rien de honteux, de scandaleux, de gênant. Mais jusqu’à  présent ma réponse était théorique.
C’est vrai cependant que je dis ici mes incertitudes, mes faiblesses, mes choix, ma vie. Ce que je planque traditionnellement derrière un ensemble chemise-cravate conventionnel.

Et maintenant que vais-je faire ?
Etre lu par des gens que l’on connait, des potes, des ami(e)s c’est déjà  un exercice parfois délicat. J’avais écrit dans une note intitulée Cyber Tartuffe que je ne me voyais pas raconter certaines choses trop intimes en particulier quand à  des rencontres furtives et intenses. Parce que je n’ai pas envie d’avoir des images trop précises voire déplacées qui se superposent à  ce que je connais de ceux que j’apprécie…
Qu’est ce que je raconte ici ? Des choses forcément impudiques également puisque je livre mes doutes, mes hésitations, mes coups de grisou et de désespoir… Dévoiler ses sentiments c’est cela, sans doute, la vraie impudeur, plus évidente encore que la taille de la teub, le nombre de partenaires ou la position préférée…

Et maintenant que vais-je faire ?
Vais-je ou dois-je me censurer ? Ce serait admettre l’idée que mes sentiments, mes idées ne sont pas avouables, pas respectables. Ce serait confondre ce qui est indicible avec ce qui n’est pas racontable… Ce serait admettre que ceux qui me lisent ne sont pas capables de comprendre, de me comprendre. Ce serait admettre l’idée que je ne joue qu’un rôle dans la vraie vie et que, si j’occulte certaines choses (comme le fait d’être pédé) c’est parce que j’en ai peut-être honte. Alors que je considère qu’il y a un fossé entre s’afficher et s’assumer.

Ce serait ne pas avoir confiance en moi, comme si je devais être craintif ou honteux de ce que je suis. Ce serait ne pas faire confiance à  Philippe.

Mon bon… ça fout un choc quand même !