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"Rathergate": les oreilles et la queue pour les blogueurs

D’habitude ce blog ne donne pas dans le breaking news, mais quand même: le rapport d’une commission indépendante sur la manière dont CBS s’est précipité pour annoncer un scoop fondé sur des faux afin d’embarrasser Bush (et favoriser Kerry, le lien est documenté) est enfin sorti (via, qui d’autre, Instapundit) et il va plus loin que ce que l’on pouvait craindre!

Voir le billet assez substantiel que j’avais consacré à  l’affaire le 12 septembre 2004: je me réjouis de lire demain le très militant correspondant du Temps aux Etats-Unis, Alain Campiotti…

COMPLEMENT DU 11.1 A 11H10: Emmanuel me signale l’analyse de Kevin Drum (peu suspect de faiblesse pour Bush), qui est très sévère à  l’égard de CBS et replace bien l’affaire dans son contexte.

COMPLEMENT DU 11.1 A 20H: Au demeurant, le rapport de la commission n’est évidemment pas à  l’abris de toute critique, en particulier dans sa tentative d’exonérer CBS de toute partialité politique (sur laquelle s’appuie Emmanuel dans les commentaires); il est mis en pièce par les blogs intéressés, en particulier Power Line que signalait Ludovic Monnerat dans les commentaires et bien sûr le blog de référence: Rather Biased. Jeff Jarvis (qui est lui un spécialiste des médias et a voté Kerry) est incandescent: dans le récit que la commission fait des événements, les blogs qui ont critiqué l’émission sont catalogués “conservateurs” — mais il ne faut pas dire que CBS est anti-Bush! Il a une critique plus fondamentale du rapport: pas plus que les grands médias traditionnels, il n’a compris la révolution dans les méthodes de travail des journalistes qu’appelle le phénomène d’atomisation et d’interactivité des blogs.

4 commentaires

  1. 10 janvier 2005

    “Collusion” est un terme beaucoup trop fort. Sur les motivations partisanes, le rapport de la commission indique (p 211) :

    The Panel does not find a basis to accuse those who investigated, produced, vetted or aired the Segment of having a political bias.

  2. 10 janvier 2005

    Je me réfère à  ce passage:

    The producer of the piece, Mary Mapes, was also faulted for calling Joe Lockhart, a senior official in the John Kerry campaign, prior to the airing of the piece, and offering to put Burkett in touch with him. The panel called Mapes’ action a “clear conflict of interest that created the appearance of political bias.”

    Tu ne vas me dire aussi que si

    (w)hile the panel said it was not prepared to brand the Killian documents as an outright forgery, it raised serious questions etc.

    c’est donc que ce ne sont pas des faux?

    Cela dit, merci de la remarque: je remplace “la collusion” par “le lien”, car je n’ai nullement voulu mettre en cause le camp Kerry!

  3. Ludovic Monnerat
    11 janvier 2005

    Eh bien ! Vous pouvez attendre encore un peu, ce n’est pas demain que le très militant correspondant du Temps se manifestera. Il est vrai que lire un rapport de 230 pages ne peut se faire en 2 coups de cuiller à  pot. A moins de s’appuyer sur les blogueurs qui l’ont lu (http://www.powerlineblog.com/). Sacrilège !

  4. 11 janvier 2005

    Il faut séparer les problèmes.

    1. Les contacts entre l’équipe de CBS et la campagne Kerry : on les connaissaient déjà  et le rapport n’apporte pas grand chose de nouveau (sinon un “he sais, she said” assez énervant). Inutile de préciser qu’il y a une violation certaine d’une éthique journalistique élémentaire. En même temps, c’est un aspect très secondaire de l’affaire : on ne peut pas vraiment dire que l’édition de 60 minutes ait été une joint-venture CBS-campagne Kerry (ce que laissait sous-entendre le terme de “collusion”).

    2. La motivation purement partisane : le rapport montre bien qu’il existe des raisons beaucoup plus convaincantes pour lesquelles les précautions d’usage ont été bafouées. Notamment la course au scoop entre les médias. Après, comme le note perfidement le rapport, ceux qui veulent croire au complot des MSM veront dans le fait que USA Today, AP et le NYT étaient aussi sur le coup la démonstration ultime du “liberal bias”. Il suffit de se rappeler de l’attitude de grande presse américaine -NYT en tête- au sujet des scandales (vrais et faux) des années Clinton ou pendant l’avant guerre d’Irak pour voir le simplisme de la thèse idéologique.

    3. L’authenticité des documents : leur falsification est très très probable (notons que cela ne règle pas la question beaucoup plus large de la carrière de Bush dans la National Guard : il reste beaucoup, beaucoup de points d’ombres). Mais ce n’est pas le rôle des rapporteurs que d’apporter une conclusion définitive sur ce point. Le rapport devait se prononcer sur des questions purement journalistiques : les sources sont-elles crédibles? la provenance des documents a-t-elle été vérifiée? la procédure interne d’authentification des documents a-t-elle été adéquate – en particulier, l’avis des experts a-t-il été pris en compte? toutes les affirmations de 60 Minutes sont-elles étayées? etc.

    Le fait que des erreurs grossières (pour le moins) aient été commises sur tous ces points suffit à  condamner les responsables de l’émission. Après, l’authenticité ou pas des documents est secondaire : les journalistes sont jugés sur une obligation de moyens. Et ils ont lourdement failli sur ce point.

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