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Prodi libéralise à  tout va

Dans l’opposition, dotés d’un “projet” passablement rétro: décidément, les socialistes français doivent se sentir bien seuls face à  Blair, Zapatero, la grande coalition allemande CDU-SPD et maintenant Prodi. Depuis un mois à  la tête d’une majorité de centre-gauche en Italie, Romano Prodi renoue avec la fougue réformatrice et euro-compatible qui avait marqué son précédent gouvernement, avant que son passage à  la Commission européenne ne ternisse quelque peu son image. Cela ne fait apparemment pas encore les gros titres (rien dans Le Monde de ce matin) mais cela ne saurait tarder: profitant du début de l’été, voire de l’euphorie footballistique, c’est par un décret-loi[1] que le gouvernement italien a décidé d’ouvrir à  la concurrence différents secteurs d’activité (les chauffeurs de taxis, par exemple) auparavant protégés par des contingents protectionnistes. Je suis tombé sur cette info hier dans l’improbable quotidien anticapitaliste genevois Le Courrier, qui ne la met pas en ligne, mais j’en trouve l’écho aujourd’hui dans La Libre.

Courageux mais pas téméraire, comme le souligne le quotidien belge, Prodi préfère fragiliser des indépendants qui ne correspondent pas forcément à  l’image du profiteur honni. Mais le signal est tout de même remarquable.

COMPLEMENT DE 23h: Comme Le Courrier, Libé en parlait dès mardi 4 (merci à  Lauren Guerby qui le signale en commentaire et dont l’autre lien permet de remonter à  des compléments d’explications exhaustifs).

Notes

[1] Qui doit à  peu près correspondre à  ce que les Français appellent une ordonnance: un acte législatif auquel l’exécutif est habilité, quitte à  ce que le parlement puisse l’abroger ou doive le confirmer.

7 commentaires

  1. 5 juillet 2006

    D’ailleurs, on appelait ça “décret-loi” avant la constitution de la Ve République. C’est de Gaulle (ou Michel Debré ?) qui a introduit le terme d'”ordonnance” qui fait très ancien régime.

  2. Don
    5 juillet 2006

    Vous parlez de la gauche française. Vous devriez aller faire un tour du côté de la gauche francophone belge. Je suis sur que vous reviendrez pour le moins, comment dirais-je, interloqué. Je me demande même si l’article de La Libre n’aurait pas été écrit à  usage interne belge francophone

  3. Gus
    5 juillet 2006

    Ce que fait ici Prodi est totalement cohérent avec la politique qu’il a mené à  la tête de la Commission Européenne, avec d’ailleurs, le soutien quasi-inconditionnel des socialistes de toute l’U.E., et même celui des communistes italiens.

    On notera avec quelqu’amusement que (sauf erreur de ma part…) ça n’a porté chance à  aucun des grands partis de gauche nationaux qui l’ont soutenu au Parlement Européen.

  4. 5 juillet 2006
  5. 6 juillet 2006

    Intéressant, il faudrait voir si il applique également une telle politique dans d’autres secteurs. Par contre cela fait un moment que je me demande si les coups d’éclats judiciaires et policiers (arrestations de gros bonnets de la mafia, scandale des matchs truqués) sont une conséquence directe de la chute de la Maison Berlusconi. Avez-vous des infos à  ce sujet ?

  6. daf
    6 juillet 2006

    Je ne suis pas d’accord avec l’article proposé. Et il ne s’agit pas de “libéraliser à  tout va”, ou du moins pas encore. Prodi (et son gouvernement) ont plutot remis en cause un certain nombre de privilèges corporatistes concernant la petite bourgeoisie traditionnelle et les professions libérales (comme les notaires, les assurances). Elles ont toujours été puissantes en Italie et ont toujours représenté la base politique de la Démocratie Chrétienne dans sa forme traditionnelle. Ce genre de réforme correspond plus à  une lutte de la forme “moderne” contre la forme “traditionnelle” de la petite bourgeoisie italienne. Et il ne s’agit en aucun cas de libéralisation dans le sens français habituel car les services publics ne sont en aucun cas concernés.

  7. Gus
    6 juillet 2006

    Laurent Guerby: si d’aventure vous écoutez le “fameux podcast de Mlle le Pen par Versac”, vous y entendrez une fine allusion sur la splendeur et la gloire de la démocratie chrétienne italienne : vous imaginerez certainement qu’une telle référence n’a rien d’innocent dans les propos de Mlle le Pen.

    Mais vous avez bien raison sur un point : si le contenu de la presse quotidienne est d’une très grande importance, ce n’est pas pour ce qui s’y trouve, mais plutôt, ce qu’on y trouve pas.

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