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Commentaire de l'actualité (gaie ou non!) sur terre, au ciel, à gauche, à droite, de Genève, de Londres ou d'ailleurs
News and views (gay or not!) on earth, in heaven, left or right, from Geneva, London or elsewhere

Partis: fin de la dualité et pas seulement du clivage gauche / droite

L’avenir est à la proportionnelle partout!

Cela fait un moment que je ne crois plus au clivage gauche / droite: la droite n’est de loin pas (ou plus) la caricature que l’on en fait à gauche; la gauche ne s’est pas trouvé de nouvelle raison d’être depuis que la combinaison d’une économie de marché régulée et d’un système de protection sociale généralisé n’est plus discutée qu’à la marge.

Si l’on avance l’explication que le clivage gauche / droite a correspondu à une phase historique aujourd’hui dépassée, quel est le nouvel axe autour duquel s’organise le débat démocratique? Individualisme / communautarisme? Croissance / environnement? Ouverture / fermeture? Non, cela ne colle pas: ces clivages ne se prêtent pas à identifier les principaux partis, ils les traversent tout naturellement.

Ce qui a changé, ce qui définit si l’on veut une nouvelle période historique, c’est la complexité: la dualité simpliste ne répond plus aux besoins de la société. Pour le Royaume-Uni, cela signifie qu’il n’est plus simplement envisageable de reconstruire différemment le parti travailliste et le parti conservateur, mais qu’il faut les faire exploser.

D’une certaine façon c’est la démonstration de Macron en France avec En marche: et de gauche, et de droite1. Mais un parti hégémonique, après marginalisation de la gauche et de la droite et avec comme seule alternative le Rassemblement national, ce n’est pas satisfaisant dans une démocratie d’alternance fondée sur l’existence d’une majorité et d’une opposition qui a vocation à lui succéder.

La fin de la dualité, cela doit être aussi la fin de l’alternance caricaturale où un camp aspire à défaire ce qu’a fait l’autre, donc la généralisation de la proportionnelle, de l’éclatement des partis dont aucun n’est majoritaire, chacun ne prétendant plus détenir qu’une part de vérité (et pas nécessairement durer un siècle).

Par les hasards de l’histoire et de la géographie, la Suisse avec son gouvernement collégial2 a quelques coups d’avance, mais les autres pays qui connaissent la représentation proportionnelle, et bien sûr l’UE, tendent aussi à s’éloigner de l’alternance simpliste.

Quand je vais tenter de vendre cela à mes amis britanniques pour qui la méfiance de classe3 et le tribalisme partisan étaient inscrit dans les gènes (“Never kissed a Tory”), et le scrutin uninominal à un tour certes le plus mauvais, mais à l’exception de tous les autres…

  1. Dont rêvait déjà de Gaulle. []
  2. Ce n’est pas une coalition fondée sur un programme, mais sept personnes issues des différents partis désignées par le Parlement, contraints de s’entendre pour administrer le pays en naviguant entre les votations populaires, qui ne résultent ni du gouvernement ni du Parlement mais des citoyens (ou de l’obligation institutionnelle pour les modifications de la Constitution et les traités internationaux). []
  3. Working-class, classe moyenne, aristocratie / personnes ayant suivi l’école publique ou une école privée, ou l’une des Universités d’élite ou non… []