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Commentaire de l'actualité (gaie ou non!) sur terre, au ciel, à gauche, à droite, de Genève, de Londres ou d'ailleurs
News and views (gay or not!) on earth, in heaven, left or right, from Geneva, London or elsewhere

Gérontoloftophilie

Hier c’était le dernier épisode de Super Seniors, avec en bouquet final la Revue. Une émission de téléréalité (qui passe sur TV5 Monde à  partir du 19 décembre) où des Suisses romands du 3ème âge ont été enloftés.

— De la téléréalité à  la suisse?
— Oui à  cause du rythme (mais d’immenses progrès ont été faits depuis Le Mayen 1903).
— Oui, si on se réfère au gentil principe de non-élimination (ce que j’approuve). Mais les candidats se chargent eux-mêmes d’entretenir le suspense en ayant des accidents qui remettent en cause leur participation.
— Oui à  voir la gentillesse et l’esprit bon enfant de la production à  l’égard de ses cobayes.
— Non, si on pense que l’émission a réussi à  en scandaliser plus d’un (mais on ne saura jamais la proportion) pour ce qu’on a appelé la vulgarité de l’une ou l’autre des seniors (surtout de l’une). Pourtant, en l’occurrence, c’est ce qualificatif de “vulgaire” qui est vulgaire et scandaleux.
— Non, parce qu’on a montré des plus de 60 ans qui parlaient de sexe, sérieusement ou en rigolant, voire assez crûment.
— Oui, parce que dans la Revue finale, qui a été le prétexte de leur confinement, on les voit pour la première fois tous à  la fois, qui se donnent sur scène: elles sont belles, ils sont beaux! Ils sont eux-mêmes et ils font plaisir à  voir.
— Oui et non, parce que la différence de forme et de contenu des sketches (écrits par eux) est assez étonnante: certains sont sages et gentil(let)s, d’autres sont torrides au niveau du texte et de l’interprétation.

Ce mélange de sérieux et de gérontogouaille a valu à  la productrice et à  quelques seniors les honneurs (non exhaustifs) du Figaro et de Laurent Ruquier. En fait, à  part quelques prises de bec spectaculaires au début, quelques confidences dispensées à  raison d’une cuillerée de larmes par épisode, il ne s’est pas passé grand chose, les séquences tiraient en longueur (comme dans tout loft qui se respecte). Et pourtant, au montage, on a déjà  privilégié une demi-douzaine de grandes gueules, au point de frustrer – cf. cette interview – les autres (ils étaient 13 en tout) qui ne prennent jamais la parole (mais paraît-il que c’est leur faute, s’ils n’ont rien d’intéressant à  dire). Comme la loi du genre l’impose, les propos touchant à  la politique sont en principe prudemment réservés à  l’exploitation sur le site internet.

A mon tour de faire une confession (mais sèche): si je n’ai pas voulu rater un épisode, c’est que l’un des protagonistes était un proche (qui fait partie de l’élite retenue au montage). Et deux de mes plus proches ont connu de près ou de loin un senior. La Suisse romande n’est qu’un loft.

Parmi les innombrables articles consacrés à  l’émission, cf. le dernier édito de Sylvie Arsever dans Le Temps.

COMPLEMENT DE FRANCOIS à  18h30: J’aurais adoré voir ça! Je me permets de rappeler ces deux billets sur une émission de téléréalité de la BBC consacrée à  la perception des vieux par les jeunes.

COMPLEMENT DE GUILLAUME le 20.12.05: Je viens d’apprendre de source autorisée que nos lofters n’ont pas toujours été tendres avec leur doyen, et lui ont carrément reproché d’être… trop vieux! Cela n’a pas été retenu au montage (mais se laissait parfois deviner). Rappelons que l’émission avait pour but de montrer les vieux sous un jour inhabituel. Ne pas aimer les vieux: voilà  qui se rapprocherait déjà  plus de la vulgarité.