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Commentaire de l'actualité (gaie ou non!) sur terre, au ciel, à gauche, à droite, de Genève, de Londres ou d'ailleurs
News and views (gay or not!) on earth, in heaven, left or right, from Geneva, London or elsewhere

Avocats-combattants

Plus encore que les journalistes, les avocats exercent une profession délicate: tout le système (et notamment les privilèges dont ils disposent) repose sur la confiance que l’on peut en avoir en leur indépendance, en leur éthique. Et de même que les journalistes-combattants mettent en danger la liberté d’informer elle-même, les avocats-combattants qui épousent la cause de leurs clients au point de s’en faire les complices trahissent bien davantage que leur seul serment: à  New York, une vétérane de la “défense de rupture” vient d’être reconnue coupable par un jury (qui a délibéré pendant 3 semaines!) de toutes les infractions qui lui étaient reprochées (via Instapundit); la peine sera prononcée le 12 juillet. L’Irlande du Nord a également connu de ces cas où l’avocat était véritablement le lien entre l’organisation terroriste et les détenus. Si l’on veut bien admettre que l’angélisme ne suffit pas, il est inévitable que l’on cherche à  instaurer des mesures qui, naturellement, seront invoquées par ceux-là  même qui cherchent à  détruire les droits de l’homme et l’Etat démocratique comme des atteintes à  ceux-ci (et les bonnes âmes ne manqueront pas de les croire): cercle vicieux.

La procédure mise sur pied pour tenter de juger sur place les détenus de Guantanamo (avec des avocats militaires), ou celle mise en place en Grande-Bretagne pour les suspects de terrorisme mis en détention, avec des avocats désignés qui ont accès au dossier mais pas à  leur client, sont des tentatives de répondre à  cette problématique (de bonne foi, elles n’ont rien à  voir avec des parodies de procès comme on tente évidemment de le faire croire), mais ne convainquent pas vraiment. Il faut en quelque sorte imaginer un système dans lequel l’avocat ait la confiance des deux parties, donc de l’accusation également.

Bien sûr Saddam Hussein lui-même doit pouvoir être défendu, mais faut-il que ce soit par Jacques Vergès? Lorsque des terroristes évoquent rituellement (conformément à  la formation qu’ils ont reçues!) les tortures qu’ils auraient soit-disant subies, leur avocat peut-il s’en distancer, doit-il répercuter l’accusation compte tenu de la possibilité qu’elle soit fondée (et il y a inévitablement des cas où elle le sera), doit-il surenchérir pour faire diversion par rapport aux actes dont son client est accusé? Dans le même ordre d’idée, que penser des avocats des militaires américains poursuivis à  Abou Ghraib ou ailleurs qui tentent de rejeter la resposabilités des actes commis par leurs clients sur Rumsfeld ou d’autres?

Il faut s’en doute s’y résigner, aussi choquant pour le sens commun cela soit-il, ne serait-ce que pour tracer une ligne ferme: ce qu’il s’agit d’empêcher, en prenant les mesures nécessaires pour cela, c’est (seulement) la commission d’infractions par les avocats.

COMPLEMENT DU 12.02 A 16H15: Voir aussi ce qu’en dit David T sur Harry’s Place.

2 commentaires

  1. 12 février 2005

    elles n’ont rien à  voir avec des parodies de procès comme on tente évidemment de le faire croire

    La barre est fixée assez haut, mais il ne me semble pas absurde de parler de “parodie de procès” dans le cas américain : personne ne remet en cause le fait qu’il soit parfois nécessaire d’adapter la procédure, voir de mettre en place des tribunaux spéciaux, pour les procés de terroristes. Mais la “solution” américaine va clairement trop loin, en déniant aux accusés des droits fondamentaux, notamment l’accès au dossier.

    Voir The Economist, en juillet 2003 : “This newspaper firmly supported George Bush’s battles against the Taliban and Saddam Hussein. We also believe that in some areas, such as domestic intelligence gathering (see article), his government should nudge the line between liberty and security towards the latter. But the military commissions the Bush administration has set up to try al-Qaeda suspects are still wrong–illiberal, unjust and likely to be counter-productive for the war against terrorism.”

  2. 13 février 2005

    “wrong” n’en fait pas encore une parodie de procès (style soviétique); mais j’ai bien écrit que ces procédures “ne convainquent pas vraiment”.

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