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2002-2011: le retour du devoir d’ingérence humanitaire

La résolution 1973 sur la Libye renoue avec l’esprit volontaire de la résolution 1441 sur l’Irak

La résolution 1973 sur la Libye a donc été adoptée par 10 voix sur 15[1] au Conseil de sécurité de l’ONU. En 2002, c’était à  l’unanimité que le Conseil de sécurité avait voté la résolution 1441 qui a conduit à  l’intervention en Irak. La différence, c’est le rôle de la France: avec Chirac et de Villepin, elle freinait déjà  avant le vote à  contre-coeur de 2002 (pour ensuite renâcler début 2003 devant l’obstacle, renoncer à  prendre part à  l’intervention et empêcher le vote d’une seconde résolution[2]); aujourd’hui, ce sont Sarkozy et Juppé qui sont au charbon avec Cameron et Obama.

Après des années marquées par le recul déprimant, dans l’opinion et parmi les élites, de la notion de devoir d’ingérence humanitaire (selon l’expression inventée, je crois, par Kouchner à  la fin des années 60, au moment de la guerre du Biafra), pourtant consacrée depuis en droit international sous la forme de la “responsabilité de protéger” la population d’un Etat pourtant souverain qui incombe à  la communauté internationale, dans certaines circonstances, l’internationalisme démocratique est donc de retour. Pas celui, très Big Society, des Brigades internationales, mais celui de la fondation voulue par Roosevelt de l’Organisation des Nations Unies après la victoire sur le nazisme, avec son accent mis sur la liberté autant que sur la paix, et sa conviction que la force doit être mise en commun et utilisée s’il le faut pour cela (avant que la guerre froide rende le dispositif largement inopérant).

L’Union européenne et le G8 ne sont certes pas illustré par leur attitude sur la Libye, et la résolution 1973 est bien tardive. Mais comme pour la résolution 1441 l’essentiel est dans la mise en oeuvre, et les conditions sont ici bien meilleures, notamment parce qu’il y a un acteur national effectif que l’intervention vient appuyer.

Et si je puis me permettre un post-scriptum à  mon billet sur les réfugiés d’Afrique du nord, c’est surtout dans le cas d’une victoire de Kadhafi que (comme après le coup d’Etat de Pinochet au Chili) qu’il faudrait se préparer à  octroyer l’asile politique à  de nombreux Libyens en fuite… Un élément d’intérêt immédiat qui n’enlève rien au mérite des pays qui s’engagent — et rien ne s’oppose à  ce que la Suisse soit du nombre!

Notes

[1] Abstentions: Allemagne, Brésil, Chine, Fédération de Russie et Inde.

[2] Qui n’était pas juridiquement indispensable — tout l’art des diplomates a consisté à  rédiger la résolution 1441 pour permettre les deux lectures — mais aurait mis les points sur les i, c’est pourquoi Blair y tenait tant.