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Conseil de sécurité: avec l’Iran comme avec l’Irak?

C’est une Française qui s’en inquiète dans Le Monde d’aujourd’hui, et elle sait de quoi elle parle: chercheuse associée au Centre d’études et de recherches internationale (CERI), Thérèse Delpech a été directrice des affaires stratégiques au Commissariat pour l’énergie atomique, et commissaire de l’ONU pour le désarmement de l’Irak.

La pantalonnade du Conseil de sécurité (c’est-à -dire des Etats qui le composent) après le vote de la résolution 1441 sur l’Irak a certainement été un des éléments majeurs rendant une intervention militaire inéluctable en encourageant Saddam Hussein dans ses illusions. Aujourd’hui à  nouveau, face au pouvoir iranien qui entend se doter de l’arme nucléaire au vu et au su de tous et en appelle benoîtement à  rayer Israël de la carte, la veulerie de l’Europe menace à  nouveau de réduire à  néant les instruments de sécurité collective existants. Mais lisez-la!

4 commentaires

  1. 2 décembre 2005

    Retournons les choses; ou plutôt mettons-les sur leurs pieds : et si c’était le résultat de la politique unilatérale menée par le premier garant de la crédibilité du Conseil de sécurité, que j’ai nommé les USA ?

    A force de tourner en ridicule l’instance mondiale, d’y envoyer des délégués qui n’en sont pas, d’affirmer que plus rien ne s’y fait, il n’est pas étonnant de constater que les pays ont entendu ces discours. Les USA étaient peut-être le seul pays pouvant mettre à  mal (enfin, fragiliser encore plus) l’ONU : mission presque réussie.

    Quant à  la déclaration du président iranien, qui a fait – à  juste titre – beaucoup de bruit, il faudrait voir à  la relativiser. Cette réthorique est plus ou moins une coutume, et même si je ne me souviens pas d’avoir déjà  entendu un président iranien parler d’anéantissement d’Israël, je n’en ai jamais entendu avoir des mots doux à  son encontre non plus. D’ailleurs, le parlement iranien a condamné les propos de son propre président…

    Repart-on dans la même montée en épingle qu’avant l’invasion illégale irakienne ? Prépare-t-on l’opinion publique à  une action musclée ? J’ai beau savoir que les USA n’en ont pas les moyens techniques ou économiques, j’ai quand même un certain sentiment de malaise en repensant aux ADM de l’Irak; il suffit d’intervertir “ADM” par “Arme nucléaire”, et nous voilà  reparti comme en 14… euh, en 2002-03, je voulais dire.

  2. 2 décembre 2005

    Je te trouve bien indulgent, et d’une condescendance qui confine au racisme à  propos de la judéophobie qui serait de “coutume” en Iran (mais elle fait aussi rage chez les Palestiniens et dans le monde arabe). A partir de quand l’antisémitisme des nazis a-t-il cessé d’être du folklore, éventuellement embarrassant mais qu’on devrait “relativiser” plutôt que le combattre: publication de Mein Kampf? Nuit de cristal? Lois antijuives? Libération des camps? ou même seulement plus tard, quand la conscience de la Shoah a enfin pu se faire? Et faut-il refaire les mêmes erreurs?

    Quant à  la menace nucléaire iranienne, c’est le paradoxe de “Chat échaudé craint l’eau froide”: sous prétexte que l’on n’a, en définitive, pas trouvé en Irak les armes de destructions massives que tous les experts et gouvernements s’attendaient à  y trouver (même Chirac, même Villepin), faut-il en déduire que l’Iran ne cherche pas à  se doter de l’arme nucléaire? Suffit-il que Bush dise qu’il fait jour pour constater qu’il fait nuit?

    Mais j’espère au moins que tu as lu Delpech…

  3. 3 décembre 2005

    Ce n’est en aucun cas de l’indulgence; c’est un recadrage. Ce serait comme découvrir aujourd’hui, avec toute l’innocence que procure la manipulation, que la Chine a une politique souverainiste et meurtrière au Népal, la Russie en Tchétchénie, etc. C’est de l’instrumentalisation, et RIEN d’autre. Si j’ai bien pris soin de préciser que je n’aimais pas (c’est un euphémisme) entendre les mots éructés par le président iranien, je ne veux pas pour autant suivre une propagande montée de toute pièces par les néocons. Après tout, Chirac a expliqué qu’une famille de Noirs ça pue et ça fait du bruit il y a 10 ans; il n’a pas parler d’éradiquer une population, mais les dérapages se constatent même parmi les Etats les plus démocratiques qu’il soit.

    Je ne suis pas le genre de type à  parler de “détail de l’histoire”, François, ne me fait pas dire ce que je n’ai pas dit, ni explicitement ni implicitement. Je refuse cependant de voir autre chose dans cette guerre qu’un appât du gain, découlant d’une manipulation sans précédent (le Vietnâm fait figure de gag d’écolier), et certainement pas une guerre de valeurs. Je pense d’ailleurs que nous partageons ces mêmes valeurs, mais qu’elles furent instrumentalisées par Bush. La liste de gens qui s’en est mis plein les poches, et qui a agis en totale contradiction avec ces valeurs s’allonge chaque jour : comment peux-tu y croire ? Il y aurait tellement d’incohérences à  résoudre, comme l’alliance avec le Pakistan (c’est quand même un pays plus terrifiant que l’Irak, même de Hussein), les maladresses lourdes de conséquence (dissolution de l’armée républicaine, jamais telle imbécilité n’avait été commise), bref, y a trop.

    sous pretexte que l’on n’a, en definitive, pas trouve en Irak les armes de destructions massives que tous les experts et gouvernements s’attendaient a y trouver (meme Chirac, meme Villepin), faut-il en deduire que l’Iran ne cherche pas a se doter de l’arme nucleaire?

    Bien sûr. Leur (éventuelle) bombe me faut d’ailleurs aussi peur que celle de l’Inde, du Pakistan, de la Russie, etc. Si on peut éviter de faire entrer de nouveaux pays dans le club des puissances nucléaires, je signe des deux mains.

    Cependant, je sais car je le vois aujourd’hui, l’action militaire est une solution uniquement d’urgence. En Irak, des factions ennemies n’avaient pas détruit toute autorité de l’Etat; il fallait une intervention pacifique, même si dure. Il y avait d’autres moyens, et le Conseil de sécurité aurait pu être utilisé à  bon escient. On pouvait renforcer le multilatéralisme, et au lieu de ça, l’ONU est sur les rotules aujourd’hui, les Européens au mieux méfiants vis-à -vis des Etasuniens, l’Amérique du Sud idem, l’extrémisme alimenté comme jamais. Rien, si ce n’est l’envie de découdre (et alimenter des ‘choses’ comme Carlyle), ne pouvait justifier l’intervention. Quoi, après avoir aidé Hussein à  rester en place les 20 dernières années, il y a avait comme par hasard une urgence qui se comptait en mois de le mettre à  bas ?

    Des actions d’urgence, justifiées car le Conseil de sécurité n’est pas assez rapide, c’est l’Afrique, ce fût la Bosnie. Les situations n’ont absolument aucun rapport, et pourtant, il est étonnant à  quel point les USA se sont toujours peu préoccupés de renverser les chefs de guerre ou dictateurs de ces pays. Dans le cas du Kosovo, résolu grâce à  l’intervention des USA, combien de temps pour les faire bouger, alors qu’on était dans l’urgence ?

    Enfin, je n’ai pas lu Delpech (si c’est bien Thérèse ?), mais connaît en gros ses thèses. A mon avis… rien ne fera plier l’Iran, hormis l’atomisation ou une action concertée via le Conseil de sécurité. Cette dernière n’étant quasiment plus possible aujourd’hui, il reste l’atomisation du pays si l’on veut l’empêcher de se doter de la bombe. Autant dire que, au vu de l’état des forces US, à  moins d’une provocation patente de l’Iran, ce dernier aura la bombe.

  4. Damien
    3 décembre 2005

    En toute occasion, vous vous plaisez à  marteler que la France est vile est l’Europe est veule. Soit, mais si c’est de veulerie qu’il s’agit dans le cas qui nous préoccupe, celle-ci est partagée puisque quand Mme Delpech écrit que personne n’agit, la remarque s’applique à  tous y compris aux US. En fait, le 21 novembre dernier, ce sont bien l’Europe ET les US qui ont repoussé l’idée de saisir le conseil de sécurité, sous prétexte de donner une chance à  l’idée russe. La vérité est que personne n’est chaud pour une épreuve de force à  couteaux tirés. Alors les protagonistes se préparent dans l’ombre; les US fournissent des bombes à  fort pouvoir de pénétration à  Israël et les russes fournissent le savoir-faire nucléaire et un système de défense aérienne à  l’Iran…

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