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Commentaire de l'actualité (gaie ou non!) sur terre, au ciel, à gauche, à droite, de Genève, de Londres ou d'ailleurs
News and views (gay or not!) on earth, in heaven, left or right, from Geneva, London or elsewhere

Le placard doré de Susan Sontag

… la société récompense ceux (et celles) qui décident de rester dans le placard.” C’est l’un des constats que balance Michael Bronski (intellectuel gay de gauche) dans un long et substantiel article – commenté par Andrew Sullivan (cf. billet précédent) – consacré au fait que Susan Sontag a toujours fait l’impasse sur son homosexualité (elle l’a même au moins une fois expressément niée). D’un côté, Bronsky s’étonne de la contradiction que cela implique pour cette féministe qui se voulait moraliste. Il compatit avec la trahison de soi-même que cela représente. D’un autre côté, il pense qu’elle n’aurait pas atteint la notoriété et l’autorité qu’elle a eue si elle était sortie du placard. Andrew Sullivan, intellectuel gay de droite (mais qui a lâché Bush en raison de sa politique homophobe) rappelle qu’il a connu un tout autre parcours. Il a fait son coming-out très tôt et n’a pas été privé d’une notoriété appréciable, même s’il a dû affronter des critiques voire des attaques motivées par l’homophobie (+ le rejet des séropositifs) sur sa droite comme sur sa gauche.

Quand on a affaire à  une moraliste qui a certainement dû prêcher le courage de résister (j’avoue que je n’ai pas pratiqué Susan Sonstag), il est facile et tentant de lui reprocher ce qui apparaît comme une inconséquence et un manque de courage. Mais je ne connais pas l’histoire. Il n’en demeure pas moins que, quand on a une place en vue et qu’on cache cet aspect de la vie, on contribue à  ce que cela continue d’être considéré comme mal ou honteux, de sorte qu’on se fait du mal à  soi et aux autres qui sont dans cette situation. Et rétorquer que c’est de la vie privée est aussi une manière de dire qu’il y a quelque chose de honteux (par ex. comme dans le cas de relations adultères).