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Après Falloudja

La poussière commence un peu à retomber alors que se termine la bataille pour libérer Falloudja, tout en assurant simultanément que d’autres villes comme Mossoul ne tombent pas à leur tour entre les mains de ceux qui s’acharnent à empêcher la reconstruction de l’Irak et les élections démocratiques prévues pour janvier dont ils ne veulent à aucun prix.

Et l’image que l’on voulait nous donner d’une “résistance” à l’occupant, ou d’une ville “sunnite” face à la majorité chiite irakienne commence enfin à se lézarder pour laisser apparaître une population qui était prise en otage par des nostalgiques de la dictature baassiste et des islamistes extrémistes dont bon nombre ne sont d’ailleurs pas Irakiens. Une hirondelle ne fait pas le printemps, mais un article significatif a paru aujourd’hui dans la Tribune de Genève (le quotidien local, parfaitement représentatif du défaitisme antiaméricain qui prévaut encore):

Huit mois dans l’enfer islamiste de Falloudja



Huit mois de terreur. Chambres de torture, corps brûlés, mutilés, décomposés… Depuis que les Américains ont déclenché la semaine dernière l’assaut sur le bastion sunnite de Falloudja on commence à découvrir avec horreur ce que fut véritablement le quotidien de la population soumise à la loi des rebelles irakiens et des islamistes étrangers. Depuis la première offensive des marines en avril, le Conseil des moudjahidines a gouverné ce sanctuaire de la résistance à grands coups de décrets religieux. Un huis clos effrayant, à seulement 50 km de Bagdad.

Envoyé spécial à Falloudja de l’Agence France Presse (AFP), Ned Parker a recueilli de sombres témoignages. Sous la direction du cheikh Abdallah Janabi, le Conseil des moudjahidines avait interdit la vente de musique, de cassettes vidéo ou d’alcool. Une censure appliquée à la lettre par des hommes en armes. «Ils portaient des masques noirs, se promenaient avec des kalachnikovs et des roquettes antichars», raconte Iyad Assam, 24 ans. Tout contrevenant aux règles édictées était flagellé. Quant aux femmes, elles devaient être voilées de la tête aux pieds. Sous peine d’exécution. (Est-ce pour cela que les marines ont trouvé dimanche des corps de femmes mutilées?) Le même sort attendait les habitants soupçonnés de collaborer avec les Américains. «Tout suspect était égorgé. Chaque jour, vous pouviez voir des corps d’inconnus gisant dans les rues de la ville», se souvient un sexagénaire qui ne veut pas être identifié par peur de représailles. «Quand ils avaient un problème avec quelqu’un, ils le tuaient ou l’emprisonnaient», résume un adepte du soufisme, doctrine mystique de l’islam exécrée par les moudjahidines. «C’était très difficile. Nous n’osions pas même aller travailler!»

Voir aussi cet article dans The Times de Londres.