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Commentaire de l'actualité (gaie ou non!) sur terre, au ciel, à gauche, à droite, de Genève, de Londres ou d'ailleurs
News and views (gay or not!) on earth, in heaven, left or right, from Geneva, London or elsewhere

Les émeutes françaises, vues des gradins

J’ai sursauté en voyant ce titre dans Le Monde:

Les destins fracassés des jeunes gens jugés à  Bobigny pour leur participation aux émeutes

Ah oui? Mais pourquoi pas plutôt, ou aussi, les portraits de leurs voisins et victimes, ceux dont les voitures ont flambé et qui endurent ordinairement, mais toute l’année, une violence à  basse intensité?

Paternalisme bienveillant pour les fauteurs de troubles (rapidement généralisés: “les jeunes”), capacité de s’identifier aux victimes moindre que s’ils étaient Palestiniens ou à  la Nouvelle-Orléans. Tout cela est traité de manière irréelle, extérieure, ethnologique: il ne doit pas y avoir beaucoup de journalistes et de hauts fonctionnaires qui vivent dans ces banlieues. On peut dès lors disserter doctement sur les stratégies comparées de Villepin et Sarkozy.

Pas grand-chose sur le sujet dans les blogs français que je consulte habituellement, mais à  signaler un billet de Hugues sur Commentaires et vaticinations, celui-ci de Jules sur What’s next? et une vocation rentrée de titreur à  Charlie-Hebdo pour Paxa. Pas pour du vécu, mais pour une analyse tactique et stratégique que l’on ne trouve nulle part ailleurs, il faut lire le professionnel, Ludovic Monnerat, ici, là , là  et encore là : quel sera le premier quotidien français à  le publier?

COMPLEMENT DU 08.11 à  14h30: Le Monde remet ça dans le numéro de mardi:

Une nuit avec des “émeutiers” qui ont “la rage”

C’est Le Figaro qui est allé s’enquérir des victimes (sans guillements).

Certes, ni l’un, ni l’autre quotidien ne sont vraiment susceptibles d’avoir ou de gagner beaucoup de lecteurs dans ces milieux, mais j’aurais cru Le Monde plus naturellement intéressé par le sort des habitants ordinaires de ces quartiers que le journal de Serge Dassault. Réduire un mouvement collectif aux histoires individuelles qui le composent, c’est le nier en l’atomisant, et traiter les dégâts comme une abstraction lointaine c’est nier les victimes.

4 commentaires

  1. 5 novembre 2005

    Vous avez bien raison : il y a une étrange complaisance dans ce titre. Les “jeunes gens“. Autant on se choque lorsque Nicolas Sarkozy parle de “racaille”, autant on évoque là  de seimples “jeunes gens“. Je ne demande évidemment pas au monde de titrer sur “le destin fracassé des ordures qui ravagent les banlieues” mais un entre-deux, pourquoi pas ?

    Pendant ce temps-là , d’autres “jeunes gens“, dans les mêmes cités, emploient leur temps à  réussir leur vie, quand même, dans la légalité.

  2. Destins fracassàƒ©s

    Etrangement révélateur d’un certain état d’esprit de gauche que cet article du Monde, signalé par “un swissroll”. Son titre est une merveille d’angélisme : “Les destins fracass&e…

  3. 6 novembre 2005

    Rétablir l’autorité de l’Etat dans les banlieues ?

    François Brutsch souligne une certaine discrétion des blogs sur le désordre qui règne aujourd’hui dans les faubourgs parisiens (Clichy sous Bois, en particulier). Mon mutisme tient à  une certaine forme de stupéfaction.

  4. 7 novembre 2005

    JusquÂ’ici tout va bienÂ…

    C’est l’histoire d’une société qui tombe et qui, au fur et à  mesure de sa chute, se répète pour se rassurer : “Jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien.” Mais ce qui compte c’est pas la chute. C’est l’atterrissage….

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