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L’islamophobie n’existe pas

En Suisse, le peuple va devoir voter sur une initiative interdisant la construction de minarets, ce qui est à  mes yeux fort regrettable. Malheureusement, les adversaires de cette initiative (pas tous heureusement) ont aussi des arguments lamentables, par exemple quand ils argumentent à  partir de la seule islamophobie qui est une catégorie vide. Voici donc ce que ce discours automatique m’inspire et qui a déjà  fait l’objet d’un commentaire à  cet article de Domaine Public.

Est-ce qu’un Suisse moyen, athée, conservateur et égoïste (si, si, l’addition de ces qualités existe), qui lancerait une initiative contre les clochers et les cloches qui sonnent le dimanche matin et troublent son repos voire son sommeil serait taxé de christianophobe? Par ailleurs, n’a-t-on pas le droit de détester une religion (mais pas les gens qui la pratiquent) dans ce qu’elle représente d’atteinte à  la dignité de telle ou telle catégorie d’humains. Si on prend la liberté d’opinion et d’expression, n’aurais-je pas le droit, non seulement de ne pas croire ou d’être athée, mais encore de vilipender, de vomir une doctrine qui réclame la mise à  mort des homosexuels (mais je sais que je suis partial puisqu’il se trouve que je suis concerné)?

Ai-je le droit de dire que le fantasme de la toute-puissance de la divinité suprême dans le Coran est rabaissante pour l’humain, et insultante pour le Dieu qui se révèle dans la faiblesse à  travers une incarnation pour le chrétien que je suis? Dans toute les évocations mythologiques plus ou moins imagées et plus ou moins mythologiques de l’après-vie proposées par la Bible (jardin, cité ou royaume, justes promus au rang d’anges ou d’astres rayonnants, etc.) avec une remarquable parcimonie, y a-t-il quelque chose d’aussi ridicule que les 72 vierges du paradis coranique qui sont réservées aux mâles croyants? Sans parler des beaux jeunes gens qui seront au service des représentants du sexe fort, précise le texte dicté par l’archange Gabriel.

Quand il s’agit des idées, des croyances, des doctrines, le refus de tout ou partie de l’islam n’est pas comparable à  du racisme, à  de la xénophobie ou à  de l’homophobie (avec leurs conséquences mortelles quand elles sont extrêmes). Le rejet, l’aversion et les préjugés à  l’égard d’une population, en l’occurrence arabe, qui se trouve, dans la compréhension qu’elle a d’elle-même, être musulmane, relèvent par contre du racisme ou, version atténuée, de la xénophobie. Ceci dit, je voterai non à  l’initiative contre les minarets, car elle atteint gravement au principe de laïcité qui est au fondement des valeurs libérales-et- chrétiennes qui sont les miennes.

3 commentaires

  1. 23 juin 2009

    Je comprend ton point de vue, il va nous être difficile de mettre de côté nos sentiments latents islamophobes provoqués et entretenus par les médias.

    D’un autre côté, l’argument du mec qui crie à  cinq heures du matin du haut de son minaret en Suisse n’arrivera probablement pas. S’ils sont autorisés, les minarets de Suisse seront muets, les musulmans suisses ne sont pas fous au point de donner le bâton pour se faire battre.

    Et puis la lapidation des homosexuels est également présente dans la Bible (dans l’ancien testament toutefois), on entend juste rarement parler des extrémistes chrétiens. Moins nombreux, plus silencieux, la raison n’est par importante.

  2. ami
    1 juillet 2009

    “Quand il s’agit des idées, des croyances, des doctrines, le refus de tout ou partie de l’islam n’est pas comparable à  du racisme, à  de la xénophobie ou à  de l’homophobie “

    Qu’il faille chaque fois repréciser ou réexpliquer une telle évidence démontre en soi que l’islam, et par extension l’immigration musulmane, pose un problème de fond à  l’Occident en le mettant face à  une des contradictions majeures de son système de valeurs .

  3. Guillaume Barry
    1 juillet 2009

    @ ami: A première vue, on serait tenté de vous donner raison. Mais si on y réfléchit: le catholicisme et le protestantisme dans sa version évangélico-fondamentaliste (pour parler de ce que je connais) sont passibles d’un même discours.

    Aux laïcistes anti-catholiques primaires, il faut chaque fois expliquer que le catholicisme ne se confond pas avec la Vatican, que les catholiques de la base (en tout cas en Suisse) sont atterrés par les élucubration papales, qu’ils démocrates libéraux ou socio-démocrates plutôt que théocartes, dont les femmes n’ont aucun état d’âme à  recourir à  la contraception. A l’ensemble des christianophobes, il faut rappeler que la majorité des protestants (en Suisse, aux USA ce ne sont pas les mêmes proportions) ne pensent pas que la Bible contient des énoncés qui ont une valeur scientifique et que le monde a été littéralement créé en six jours, etc.etc.

    Tout ça pour dire que les confessions chrétiennes doivent aussi, encore à  l’heure actuelle, se justifier de ne pas présenter un bilan satisfaisant du point de vue des valeurs démocratiques, féministes, pro-science, etc. etc.

    J’aimerais pouvoir dire que ces contradictions sont propres à  l’Islam, car en tant que chrétien, sa conception théologique entre en conflit avec la mienne. Mais voilà , par rapport à  l’Islam, il faudra invoquer d’autres griefs que qui peuvent s’appliquer au christianisme et, finalement, à  toute religion institutionnalisée. L’Islam représenterait plutôt une dérive, une aliénation dont les croyants chrétiens occidentaux ont fini par s’émanciper.

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