Un Swissroll RSS

Webmix

Commentaire de l'actualité (gaie ou non!) sur terre, au ciel, à gauche, à droite, de Genève, de Londres ou d'ailleurs
News and views (gay or not!) on earth, in heaven, left or right, from Geneva, London or elsewhere

L’avenir du féminin radical est-il dans le passé?

Patrick Juvet, Laurane Gilliéron (une ex-Miss Suisse) seront les invités du kick-off de la campagne des femmes radicales dont le slogan est où sont les femmes. Voir cet article du Temps, et le programme et les explications officiels sur le site des Femmes radicales suisses.

Le chanteur vaudois interprétera donc (en play-back?) son tube cultissime qui aura attendu l’intervalle d’une génération pour livrer le secret de son message, le secret de l’intention ultime qui le porte. Il s’agit rien moins que de réveiller les consciences bourgeoises à  travers un soutien tout en poésie aux femmes radicales, en suscitant au passage des vocations à  des candidatures. Voilà  ce sur quoi la planète entière a prophétiquement dansé depuis 1977, et la prophétie s’est, non pas (encore) accomplie, mais explicitée. La vague disco est partie de Munich (selon les européocentristes) ou New York (selon ceux qui cumulent discophobie et américanophobie). Mais c’est au casino de Montbenon, Lausanne, le 3 mars 2007, qu’elle va connaître son ultime et véritable revival.

Qu’on ne se méprenne pas. Ce morceau écrit avec Jean-Michel Jarre représente pour plus d’une paire d’oreilles (dont celles de votre serviteur) une révolution dans la révolution du disco (genre que j’adule au moins autant que le classique). Ce bijou de 6’16” (version originale) est et reste irrésistible. La tessiture de la voix est ironiquement décalée par rapport au thème qui en devient surréel. La prosodie est des plus adéquate. MAIS, pour ce qui est du sens à  donner aux paroles toutes nues, on hésitait entre le premier et le deuxième degré, à  moins que ce ne fût le degré zéro d’un message réactionnaire non réfléchi.

Extraits: (texte intégral par exemple ici)

Elles portent un blouson noir / Elles fument le cigare / Font parfois un enfant / Par hasard ! Et dès que vient le soir / Elles courent dans le néant /Vers des plaisirs provisoires

Où sont les femmes ? / Avec leurs gestes pleins de charme / Dites-moi où sont les femmes ? … Qui ont des rires pleins de larmes / Auraient-elles perdu leur flamme

Elles ne parlent plus d’amour / Elles portent les cheveux courts / Et préfèrent les motos aux oiseaux Elles ont dans le regard / Quelque chose d’un robot / Qui étonne même les miroirs

J’aime Patrick Juvet (le musicien) et ne veux point de mal au Parti radical, qui a raison de chercher de nouvelles modalités interpellatives – pourvu que ce ne soit pas des gadgets, on sait que ça ne marche pas en Suisse. MAIS, cette nostalgie de ce qui apparaît comme des valeurs féminines d’antan, voire d’un éternel féminin, est-elle vraiment en phase avec le recrutement et la promotion de politiciennes et la reconquête d’un électorat?

Bon, on ne va pas faire une lecture féministe car, pour les politiciennes de droite (entre autres), c’est un gros mot. Faisons un début de fisking contradictoire.

  • Elles portent un blouson noir: Pourquoi stigmatiser des personnes qui s’affichent comme étant actives, dynamiques, sportives?
  • Elles fument le cigare: à  l’heure du totalitarisme ‘hygiéniste, n’est-ce pas un sain libertarianisme?
  • Font parfois un enfant – par hasard: La confiance dans l’avenir est en général prônée par le PRD
  • Avec leurs gestes pleins de charme: Le peuple demande des actes, pas des gesticulations
  • Elles ne parlent plus d’amour: le PRD veut-il des populistes?
  • Et préfèrent les motos aux oiseaux: On ne savait pas le PRD écolo-fondamentaliste
  • Quelque chose d’un robot: Voir remarque précédente. Le parti qui revendique la modernité n’aime décidément pas les innovations techniques

Moralité: la vision des femmes que (se) chante le PRD étonne même les miroirs.

5 commentaires

  1. 21 février 2007

    J’ai eu envie de le réentendre. Il est dans RadioBlog, juste taper “Juvet”

    Ceux qui ne connaissent pas ne perdent rien… à  mon avis 😉

  2. 21 février 2007

    Sugus, c’est bien parce que c’est toi que je publie ton commentaire qui frise le code pénal et porte atteinte à  la morale. Apprends qu’il y a des lois spéciales qui protègent la génialitude de cette chanson. Sinon, il devrait y en avoir.

  3. gauthier
    21 février 2007

    Bravo aux femmes d’avoir choisi un chanteur si radical. C’est vrai que depuis Monica le cigare n’était plus à  l’ordre du jour. Font-elles des enfants toutes seules ou avec l’aide de Pascal et ses caisses multiples et natalistes? Enfin, si elles courent dans le néant, inventeront-elles la néantitude, la radicalitude ou plutôt la stupiditude? Quant à  notre plaisir il est loin d’être provisoire…

  4. 22 février 2007

    Révolution de la disco avec Juvet? T’es pas un peu chauvin, dans ta représentation de l’histoire musicale de la pop européenne, Guillaume? A la limite, Cloclo…

    En tout cas, les femmes du great old party tombent bien bas.

  5. 22 février 2007

    Ah ce penchant suisse et en particulier vaudois immodéré pour la modestie… Bon, si l’on en croit par ex. Wikipedia ou Discomuseum, il faut admettre que c’est avec I love America que Juvet a très méchamment percé aux Etats-Unis. Selon Weekly Wire, il est l’un des seuls artistes disco européens à  avoir figuré dans les premiers de leur hit parade, avec Cerrone et Sheila, qui ne compte pas car ce sont les Américains Chic qui lui ont composé et produit le galactique Spacer. L’empreinte mondiale de Claude François, c’est seulement l’antidisco et pleurnichard Comme d’habitude (un poil) revirilisé en My Way. Mais Magnolias for ever est un sommet.

    Qui tombe le plus bas? Je ne me hasarderai pas à  en faire l’évaluation si nombreuses sont les autres formations politiques candidates à  la chute.

Les commentaires sont fermés