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News and views (gay or not!) on earth, in heaven, left or right, from Geneva, London or elsewhere

Freud et l’homosexualité

Il n’y a pas que les monothéismes qui privilégient la parole: c’est aussi le cas de la psychanalyse. Toutefois, ce que la psychanalyse met en opposition à  la parole, c’est la sexualité. La sexualité représente le vécu par excellence; l’ordre de la parole, par défintion, n’est pas l’ordre du vécu qu’elle cherche à  saisir, à  maîtriser, à  organiser. Le vécu de la sexualité échappe donc toujours à  l’humain et le “gêne” puisque, à  travers le langage, il s’appréhende comme un être rationnel. Le malaise de la sexualité n’a donc pas été inventé par les religions, qui n’ont fait que l’organiser chacune selon des modalités qui varient suivant les temps et les lieux.

Cette redécouverte des fondamentaux de la psychanalyse, je la dois à  ce livre d’Hubert Lisandre, Parole d’homme. Au départ, je l’ai acheté parce qu’il traite de Freud et l’homosexualité, et que j’avais entendu son auteur avec le plus grand intérêt traiter de ce thème, il y a plus de 10 ans. Ce que j’en retiens: tout comme la sexualité en général, l’homosexualité fait problème à  l’être humain (avant que la religion ne s’en occupe). Comme la sexualité en général, ce malaise est organisé différemment selon les cultures. C’est un constat et surtout pas un jugement de valeur. On peut parler d’acceptation sociale en surface, mais il n’est pas sûr que les structures psychiques fondamentales soient vraiment modifiées. La militance gaie pourrait bien ne jamais devenir superflu contrairement à  ce qu’elle prétend espérer.

Le livre de Lisandre est un dialogue fictif entre un journaliste et un psychanalyste, avec aussi le cheminement de l’enquêteur. On y expose ce que Freud a dit et n’a pas dit sur l’homosexualité, tout en essayant de dénoncer et lever les malentendus y relatifs. Il semble nécessaire de chaque fois répéter que la démarche psychanalytique ne s’occupe pas de dire ce qui est bien. En partie (mais pas seulement) parce qu’il y a des psychanalystes qui lâchent un jugement normatif sur des sujets de société (et je ne pense pas qu’à  Tony Anatrella). Ce faisant, ils trahissent la psychanalyse. Mais, de toute façon, il ne peut qu’y avoir toujours un malentendu à  propos de la psychanalyse. Elle ne peut pas répondre aux attentes “normales” du public demandeur d’explications sur le chaos du monde, elle ne peut dire le bien ou rassurer sur la normalité.

Freud est athée, mais le théologien ajoutera que l’Evangile est aussi sujet à  malentendus, à  attente déçues et à  prise en compte d’un désir refoulé…