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Votations fédérales du 26 novembre 2006

Affiche 2xOuiJ’ai mis en ligne les affiches de la votation[1] en cours en Suisse, jusqu’à  dimanche prochain. Il n’y a cette fois que deux questions fédérales, et Genève n’y a pas ajouté d’objets locaux de sorte que les graphistes chargé de faire les affiches qui ne sont pas consacrées à  un seul objet ont pu tenter de dégager une thématique commune, surtout pour qui appelle à  voter 2 x Oui (la gauche — sauf la frange anti-européenne, mais elle n’a pas fait d’affiche — et le centre-droit, à  l’exception du parti radical qui, à  Genève, donne sur l’un des objets un mot d’ordre différent du parti national).

On trouve ici toutes sortes de liens et d’explications, en particulier vers la brochure (fichiers PDF, 531 Ko) adressée à  tous les électeurs.

Coopération avec les Etats d’Europe de l’Est

Aucun des 15 membres initiaux de l’Union européenne n’a soumis à  référendum l’extension à  10 nouveaux pays (et il me semble même qu’aucun de ces derniers n’a soumis l’adhésion à  référendum), mais c’est la deuxième fois que les Suisses sont en quelque sorte appelés à  ratifier l’élargissement qui a créé l’Europe des 25. La première fois, c’était le 25 septembre 2005 (voir ce billet). Aujourd’hui, c’est à  l’occasion de la demande de référendum lancée avec succès[2] par les milieux anti-européens qui s’incarnent principalement dans le parti de la droite populiste et anti-européenne, l’UDC de Christoph Blocher[3] contre la “loi fédérale sur la coopération avec les Etats d’Europe de l’Est”.

Le “milliard pour les pays de l’Est” des affiches est à  la fois la continuation de l’aide suisse à  la transition démocratique instaurée après 1989 et une réponse qui se veut autonome et spontanée à  une demande pressante de l’UE: que la Suisse, qui en a les moyens et est au fond déjà  un “membre silencieux”, contribue comme les autres au fonds de cohésion européen en faveur des nouveaux membres. Où se confirme l’impasse de la “voie bilatérale” choisie par la Suisse: elle lui permet certes de bénéficier des avantages de l’adhésion, mais sans aucune participation aux décisions et en étant contrainte de s’aligner en toutes circonstances (tout en déployant beaucoup d’imagination et d’énergie à  préserver les apparences de l’indépendance nationale).

Allocations familiales

Le deuxième objet s’inscrit dans la longue saga de l’extension de l’Etat social (c’était à  l’origine un contre-projet à  une initiative populaire), d’une part, et de la perte d’autonomie de cantons qui paraissent de moins en moins pertinents à  des citoyens plus mobiles et aux références moins localisées, d’autre part. Alors que les allocations familiales (des prestations principalement financées par des prélèvements sur les revenus du travail, à  la charge des salariés via leur employeur et des indépendants), étaient du domaine cantonal et connaissent d’importantes disparités, une nouvelle loi fédérale unifie le droit et institue des minimas, ne laissant aux cantons que le soin d’aller éventuellement plus loin.

Le référendum a été demandé par l’aile dure du patronat et de la droite (UDC, libéraux, certains radicaux qui se trouvent désavoués par le mot d’ordre du parti suisse). A noter que le parti radical genevois, qui se veut d’ordinaire progressiste, appelle lui à  voter Non pour préserver un particularisme local plus favorable: où il se montre plus caricaturalement crispé sur ses droits acquis d’enfant gâté que la gauche et les Verts qui n’ont pas, eux, d’état d’âme.

Notes

[1] Merci à  Martin pour les photos! Comme d’habitude, ce sont seulement les affiches visibles à  Genève.

[2] 50’000 signatures suffisaient.

[3] Qui, comme membre du gouvernement fédéral, appelle à  voter Oui, mais avec un manque d’enthousiasme qui ne trompe pas ses fidèles.