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Votations du 24 novembre

Les affiches, les résultats

La galerie des affiches

A Genève, c’est le quatrième scrutin en trois mois, mais pourtant celui qui connaît la participation la plus élevée. Si les élections mobilisent moins1, il en va autrement des questions concrètes et le menu d’aujourd’hui était attrayant, comme on le voit sur les affiches2: les salaires, la famille et la bagnole sur le plan fédéral et les parcs autour de la rade à Genève (la commune seulement, pas tout le canton)!

Comme d’habitude, le lien vers le site officiel qui contient les documents envoyés à tous les électeurs, ainsi que les résultats.

Objets fédéraux

Le premier objet est une initiative populaire lancée par la Jeunesse socialiste suisse dans la vague populiste née en réaction à la crise financière mondiale: un nouvel article constitutionnel enjoindrait aux entreprises (sous menace de quelle sanction?) de ne pas dépasser un écart de 1:12 entre les salaires. J’ai déjà écrit ici tout le mal que je pensais de ce genre de proposition, de sorte que je me réjouis de son net rejet. Cela n’avait rien à voir avec la détermination démocratique des conditions-cadre judicieuses de l’activité économique et tout avec un caprice idéologique aux relents nauséabonds de haine des riches et de moralisme petit bourgeois.

Deuxième question dans un domaine plus usuel, la politique familiale. Celle-ci relevait historiquement des cantons et des communes, mais d’une part l’homogénéisation des modes de vie et d’autre part l’opportunisme de politiciens fédéraux désireux de se profiler sur une question touchant directement les vraies gens conduisent inéluctablement la Confédération à s’en mêler. Elle l’a fait en introduisant dans la législation fiscale, il y a quelques années, une déduction sur le revenu imposable pour les frais de mise en crèche des enfants, ne se préoccupant ainsi que du modèle dominant “productiviste” d’organisation familiale (il ne faut pas qu’avoir des enfants empêche de travailler à plein temps) et négligeant tant le modèle traditionnaliste réactionnaire (le père au charbon, la mère au foyer s’occupe des enfants) que le modèle que je qualifierai d’humaniste moderne: les parents sont prêts à limiter leur activité professionnelle et leur consommation pour l’harmonie de leur épanouissement personnel et familial.

Le grand parti de la droite traditionnaliste a échoué dans le débat à obtenir que la déduction fiscale soit accordée aussi à ceux qui ne sous-traitent pas la garde de leurs enfants? Il en a fait une initiative populaire inscrivant la disposition dans la Constitution. Mais l’UDC a beau être le premier parti du pays, son positionnement le met aussi en opposition avec tous les autres, qui ne lui ont pas fait de cadeau. “Seul contre tous” est une posture gagnante sur certaines questions, mais cette fois-ci ça n’a pas marché: on s’est soudain rendu compte que les déductions fiscales profitaient davantage aux revenus élevés (une évidence qui n’avait retenu personne lorsque le Parlement a commencé) et l’argumentation “humaniste moderne” n’a pas trouvé sa place. Une question loin d’être close pour autant.

Dernier objet fédéral, dont on ne sait très bien s’il relève du ras-le-bol fiscal ou d’un désaccord sur la politique de financement des infrastructures de transport3. Au nom de cette dernière, les autorités ont proposé une augmentation de la vignette autoroutière annuelle de 30 à 100 francs, affectée à des projets routiers. La mayonnaise n’a visiblement pas pris, car si le projet était soutenu par des intérêts régionaux qui bénéficiaient du nouveau régime, il a suscité l’opposition déterminée tant des milieux écolos (d’habitude favorables à tout ce qui renchérit le coût de la voiture) que des milieux d’automobilistes. Les opposants ayant réuni les signatures nécessaires, la nouvelle loi devait être confirmée par référendum pour entrer en vigueur. Eh bien c’est non, partout.

La suite, c’est le régime de financement des infrastructures de transport public, au début de l’année prochaine…

Objet communal (Ville de Genève)

Une initiative populaire sur la protection des parcs et de la rade qu’on avait quelque peu oubliée: elle remonte aux escarmouches contre l’extension des locaux de l’OMC au bord du lac en 2009. Celle-ci a eu lieu depuis belle lurette, mais l’initiative (ou plutôt ce qu’il en reste, après invalidation de clauses contraires au droit et épuisement des voies de recours judiciaires) n’a pas été retirée par ses auteurs, de sorte qu’elle a finalement été soumise au vote. Le conservatisme frileux l’a emporté.

  1. Surtout les élections parlementaires, à la proportionnelle et dont l’électeur sait qu’il pourra de cas en cas mettre le holà par référendum ou initiative. []
  2. Merci à Martin! []
  3. On le saura dans quelques semaines, à la publication du traditionnel sondage analysant les motivations qui ont guidé les votants – un instrument précieux même si son poids politique est faible. []