Un Swissroll RSS

Webmix

Commentaire de l'actualité (gaie ou non!) sur terre, au ciel, à gauche, à droite, de Genève, de Londres ou d'ailleurs
News and views (gay or not!) on earth, in heaven, left or right, from Geneva, London or elsewhere

"Quel avenir pour la gauche au XXIe siècle?"

Sous ce titre, Le Monde de samedi publie un texte roboratif de Zaki Laïdi à  l’usage de la gauche française. Ses conseils:

  • En finir avec le déterminisme pour penser le changement social dans le monde d’aujourd’hui, rompre avec la nostalgie conservatrice des « trente glorieuses ».
  • Penser le rapport entre Etat et marché en retrouvant la capacité d’analyser de manière critique l’Etat, dont Laïdi souligne très bien qu’il peut être lui-même un grand producteur d’inégalité.
  • Penser les mécanismes de redistribution parallèlement aux mécanismes d’incitation (de production), viser les résultats.
  • Voir que la mondialisation « est avant tout un processus de redistribution de la richesse et de la puissance dans de nouveaux espaces »:

Elle consacre la fin de la rente de l’Occident sur le monde. Et de cela il est insupportable de voir des forces de gauche s’inquiéter. Il ne faut sur ce point jamais perdre de vue que c’est sur son refus d’accepter la décolonisation que la SFIO s’est fracassée. Et que même si tout n’est pas comparable, il serait grave et inquiétant que la gauche française en vienne à  tant craindre d’un changement planétaire qu’elle ne parvient pas à  comprendre.

Mais lisez tout!

7 commentaires

  1. 4 mars 2007

    Avez-vous désactivé vos trackbacks, où sont-ce les miens qui ne fonctionnent pas?

    En tous les cas, je vous signale que j’évoque ce billet dans l’un des miens sur mon blog.

  2. 5 mars 2007

    Merci de m’avoir fait découvrir ce texte parfaitement clair auquel j’adhère.

    La réaction des lecteurs du Monde est particulièrement intéressante. Quelques nostalgiques de la vieille gauche qui par leur réactions illustrent parfatement les propos de Zaki Laïdi et n’ont guère comme argument que l’invective et de lui reprocher d’être de droite.

    Mais les autres réagissent surtout à  la dernière phrase où Zaki Laïdi sous entend implicitement que Ségolène Royal est en train de rénover le PS et le discours de gauche, la plupart en contestant cette analyse.

  3. Naturellement je ne peux pas adhérer aux recommandations de Laïdi. Pour moi, l’Etat de délabrement du PS français provient justement de son rapprochement, entamé au moins depuis Mitterrand, avec les thèses de droite. Se couper du peuple, cultiver un penchant pour le caviar et les petits fours: la meilleure manière de perdre doucement toute crédibilité. la gauche n’a rien a attendre d’un rapprochement idéologique avec la droite: le terrain est déjà  largement occupé. Bien au contraire, c’est en réaffirmant avec force des convictions de gauche (ce que ne fait pas Sègolène, et qui risque de lui condamner l’accès au 2ème tour) que le PS redeviendra crédible. Faire passer les idées progressistes pour archaïques, voilà  le tour de force que des gens comme Laïdi parviennent à  faire. Avec en prime un vote important de l’électorat populaire en direction du FN, puisque le PS ne l’écoute plus et ne le représente plus

  4. @PEG: Oui, nous avons dû fermer les trackbacks! Il y a trop de spams envoyés par ce biais, nous n’avons pas la possibilité de les modérer avant mise en ligne, contrairement aux commentaires, et je n’ai pas le temps en ce moment de mettre en place le plugin idoine… Donc en effet, en attendant, merci de faire des trackbacks manuels dans les commentaires.

    @Verel: oui, premières et dernières phrases… Je parle souvent de « pari » sur Royal pour les gens comme moi (je pense que c’est la même chose pour le camarade Hugues?) qui la soutiennent dans une perspective de gauche moderne (une lecture qu’on trouve aussi chez Philippe Boucher apparemment), en espérant très fort ne pas se tromper. Mais je crois réellement que c’est jouable: la présidente du Poitou-Charentes pourrait être au PS ce que le gouverneur de l’Arkansas a été au parti démocrate US (et au fond de la même manière: par intérêt pour les gens, les questions concrètes). Dans l’autre sens, un Christian Blanc fait un pari tout aussi audacieux en ralliant Sarkozy, mais certainement tout aussi défendable surtout pour quelqu’un comme lui qui piaffe de pouvoir agir et me semble susceptible d’être utilement mis à  contribution par l’une comme par l’autre (et même par Bayrou ;-) ) — Giscard a bien nommé Giroud ministre alors qu’elle avait appelé à  voter Mitterrand, Defferre a bien ramené JJSS à  Mitterrand alors qu’il avait soutenu la réélection de Giscard.

    Sur un autre plan, que j’aie permis à  quelqu’un comme toi de ne pas rater cet article me confirme qu’on aurait tort de négliger l’humble fonction « revue de presse » des blogs!

    @Julien: Position on ne peut plus logique pour un membre d’A Gauche toute!, mon seul regret est qu’il y ait tant de gens qui se trompent de parti au PS ;-) Mais je crois que l’analyse est erronée en ce qui concerne l’électorat populaire, que Ségolène au contraire ramène à  gauche et au PS.

    Mis à  jour à  10h51

  5. 5 mars 2007

    La conclusion c’est quoi? « No future » pour le PS français?

    Jospin avait passablement surfé sur la vague engagée par Blair et autres Schroeder. On a vu ce que ça a donné.

    Quant au retour aux trente glorieuses, comment ne pas rêver à  une époque de progrès, qui pariait sur des lendemains plus justes et plus confortables?

    La mondialisation n’est certes pas simplement une machine à  détruire et à  uniformiser. Elle inverse aussi les rôles et les repères, puisque les communistes chinois deviennent des libéraux sauvages. Cf. cet article très relevant du Courrier.

    Quant au rapport à  l’Etat français, fortement centralisé, et à  son administration productrice d’inégalités, il est un peu réducteur de mettre tout cela sur le dos du PS, ou de suggérer que la droite a des volontés réformatrices plus déterminées.

    De toute façon, ces jours, les Français votent Polnareff! Je m’étonne d’ailleurs que Guillaume Barry n’en n’ait pas parlé. :-)

    Amitiés,

    Stéphane

  6. 5 mars 2007

    Mouaip… Boaf… Le résumé ici fait engageait à  aller lire le tout, qui se révèle au final aussi désespérant de dogmatisme que celui qu’il critique chez son voisin. Je pense que ce qui me dérange le plus dans ce texte, c’est que s’il soulève des points intéressants, comme la nostalgie des 30 ou les inégalités engendrées par l’état, il ne présente pas d’alternatives, ou nage dans un flou artistique. Et quand l’auteur donne dans le concret, soit je m’interroge (pas d’éléments pour me prononcer sur les différents modes de gestion de transports publics dont il parle), soit,oui, je le trouve risible (sur l’université plus égalitaire en augmentant les taxes et en prévoyant des prêts à  taux zéro).

  7. @ Stéphane:

    Jospin avait passablement surfé sur la vague engagée par Blair et autres Schroeder. On a vu ce que ça a donné. On a vu ce que ça a donné sur le plan économique, du mieux-être de la population ou sur le plan des suffrages parce que les électeurs ne l’ont pas réalisé?

    Je ne suis pas économiste. Je me représente la mondialisation comme la soudaine mise en réseau irréversible d’un système ou hydraulique ou électrique. Peut-on envisager de supprimer (je ne dis pas réformer là  où on peut) la mondialisation sauf par des méthodes totalitaires ou fascistes, ce qui va bien avec ce qu’on sait de l’extrême-gauche ou de l’extrême-droite?

    Est-ce tout mettre sur le dos du PS que de critiquer une absence de critique de l’Etat de la part de la gauche? Cela ne revient pas à  dire que la gauche est la cause de tous les maux de l’Etat. On sait d’ailleurs que la droite française n’est pas spécialement libérale et vénère tout autant l’Etat, dont elle est responsable puisqu’elle a été beaucoup plus longemps au pouvoir.

    Le personnage actuel de Polnareff ne m’intéresse pas mais il a aussi fait de sublimes chansons. C’était d’ailleurs pendant les années glorieuses, des années d’or musicalement parlant, on ne proclamera jamais assez cette subjective vérité. C’est un peu facile, mais comment résister: plus que Patrick Juvet, il aurait pu être un support de politique gadget. Celui qui promettait de donner tous les bateaux, tous les oiseaux, tous les soleils a quand même montré sa lune. Et comment se fait-il que des responsables de campagne UDC ou PS en Suisse, anti-TCE en France, n’ont jamais songé à  vendre ou à  donner des poupées qui font non?

Les commentaires sont fermés