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Commentaire de l'actualité (gaie ou non!) sur terre, au ciel, à gauche, à droite, de Genève, de Londres ou d'ailleurs
News and views (gay or not!) on earth, in heaven, left or right, from Geneva, London or elsewhere

Plaisir du lundi: la chronique d’Eric Le Boucher

L’avantage du Monde, c’est qu’il est assez complet; mais quand même passablement prévisible pour ne pas dire conformiste, voire agaçant. Il y a une exception “maison” à la pensée unique dominante: la Chronique de l’économie d’Eric Le Boucher, à la dernière page du numéro du dimanche-lundi. C’est chaque fois un havre de raison et d’ouverture, original et bien ciselé.

La précédente vantait la politique de l’emploi de Tony Blair… et la dernière s’intitule Pourquoi la gauche n’est-elle plus internationaliste? A partir d’un livre de Suzanne Berger, professeur au Massachusetts Institute of Technology, publié au Seuil, Notre première mondialisation (celle qui a eu lieu entre 1870 et 1914), Le Boucher s’interroge:

“Pour les mouvements ouvriers d’il y a un siècle, le phénomène est positif: l’ouverture des frontières aux hommes, aux capitaux et aux marchandises est un puissant ressort de solidarité internationale. Aujourd’hui, c’est l’inverse. Pour tous les syndicats ouvriers, pour l’ensemble des partis de gauche (et pour une part importante des partis de droite), la mondialisation est un danger pour les emplois, une menace pour le niveau de vie et, au-delà, une remise en question du rôle de la politique, c’est-à-dire de la démocratie elle-même.

(…)

Pourquoi la gauche a-t-elle changé de camp et abandonné la solidarité internationale? Pourquoi est-elle devenue craintive devant l’ouverture des frontières? L’auteur donne trois réponses. D’abord, écrit-elle, parce que le communisme soviétique a détourné l’internationalisme à son profit et l’a ainsi décrédibilisé. Ensuite, parce que, sous l’influence des associations catholiques, la défense du prolétariat a basculé vers celle des défavorisés de France et de l’étranger. Glissement de l’universel au paroissial: les sans-papiers. Enfin, et surtout, parce que s’est établie la croyance que le progrès social ne peut se réaliser qu’à l’abri des frontières nationales. Au XIXe siècle, Ricardo et Marx étaient d’accord: l’ouverture est source de progrès. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.”

Suit une critique de gauche du mouvement altermondialiste… de quoi donner envie de lire ce livre!