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Commentaire de l'actualité (gaie ou non!) sur terre, au ciel, à gauche, à droite, de Genève, de Londres ou d'ailleurs
News and views (gay or not!) on earth, in heaven, left or right, from Geneva, London or elsewhere

Encore une organisation qui se discrédite

Le monde entier a été choqué, cette semaine, par deux assassinats, celui d’un combattant blessé et, à nouveau, celui d’une personne retenue en otage, la responsable humanitaire Margaret Hassan.

Un cas classique de fausse équivalence hypocrite, vous direz-vous. Comme il est tout de même difficile de défendre la mise à mort de sang-froid, après l’avoir contrainte à être filmée dans des déclarations humiliantes, d’une otage britannique qui était opposée à l’intervention en Irak et a consacré 30 années de sa vie à ce pays, on la met sur le même plan que ce qui est, au pire, une bavure (à sanctionner comme telle), et peut-être un acte excusable de la part d’un soldat se croyant menacé dans le feu de l’action. Cette déclaration, qu’on croirait émise par un quelconque comité de soutien à la «résistance» irakienne, ou des pacifistes dont la sentimentalité oblitère les capacités de raisonnement pour qualifier les deux actes d’assassinat, émane pourtant très solennellement du directeur des opérations du Comité international de la Croix-Rouge, Pierre Krähenbühl, sous le titre «Le CICR appelle à un meilleur respect des normes fondamentales de l’humanité» (je ne le soupçonne évidemment pas de minimiser l’assassinat de personnes «retenues» en otage, mais je lui reproche de surfer sur la confusion générale par démagogie, compromettant ainsi sa propre mission pour laquelle le respect des faits paraît cruciale).

Après Amnesty International (mais ce n’est qu’une organisation privée), après l’ONU, dont le Conseil de sécurité n’assume pas ses responsabilités et dont le secrétaire général, Kofi Annan, multiplie les déclarations malheureuses, s’empêtre dans le scandale de la corruption du programme Pétrole contre nourriture (son interruption va finir par donner à lui tout seul une justification suffisante à l’intervention: il s’agit tout de même de 21 milliards de dollars) et vient même, c’est le bouquet, de se faire désavouer par son propre personnel pour son indulgence vis-à-vis d’un cadre poursuivi pour harcèlement sexuel, le CICR était la dernière grande organisation active dans le droit humanitaire conservant un semblant de crédibilité.

A mes yeux, elle l’avait déjà perdue en abandonnant, parce qu’il s’agissait des Etats-Unis, sa politique d’intervention confidentielle au printemps dernier; quand le CICR aura mis à jour sa liste de donateurs, il cessera de m’envoyer des invitations telles que celle que je viens encore de recevoir pour une «Rencontre de l’Humanitaire» sur le thème «Trop peu, trop tard pour les victimes du Darfour?». Mais là il donne une nouvelle preuve qu’il n’est pas, plus, une de ces «organisations humanitaires neutres, indépendantes et impartiales» dont il se lamente qu’il leur est «devenu difficile (…) d’apporter assistance et protection aux victimes du conflit en Irak».

«En cas de violation de ces règles, ou de toute autre règle applicable du droit international humanitaire, les personnes responsables doivent être tenues comptables de leurs actions», nous dit aussi vertueusement le CICR. Faut-il préciser que c’est bien le cas pour les soldats US, mais évidemment pas pour les tortionnaires islamo-saddamistes sinon par l’intervention des forces de la coalition?

Il est vertigineux de voir à quel point le comportement de l’armée régulière s’est amélioré par rapport aux conflits passés, de la deuxième guerre mondiale au Vietnam (et le CICR pourrait se féliciter de voir ses efforts inlassables porter ses fruits!): où sont les viols massifs? Où sont les prisonniers exécutés de sang-froid par la coalition, où sont les femmes et les enfants assassinés par jeu par les soldats? Contrairement à ce qu’on nous laisse croire, la coalition parvient à mener une action d’une efficacité remarquable, dans des conditions effroyables, tout en ménageant autant que possible non seulement ses troupes (et ce n’est qu’une préoccupation extrêmement récente de la part des militaires) mais aussi les civils, tout en assurant dans la foulée l’aide humanitaire et la reconstruction.

Car l’affaire Margaret Hassan illustre le bluff des organisations humanitaires qui se plaignent d’être privées du monopole auquel elles prétendent: ce n’est pas la faute de la coalition si elles ne sont pas en mesure d’agir. C’est leur refus de prendre en compte l’évolution de la nature des conflits qui les rend sourdes, aveugles et incapables de s’adapter.

COMPLEMENT DU 25.11: Sous une forme retravaillée, ce billet est publié dans la rubrique L’Invité de la Tribune de Genève [et une réponse du CICR le 2.12].

COMPLEMENT DU 26.11: Ajouté deux liens à propos du combattant blessé tué par un Marine à Fallujah: sous “bavure” le récit du cameraman, témoin direct (via Intel Dump), et sous “peut-être” l’analyse de deux spécialistes — merci Emmanuel!