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Commentaire de l'actualité (gaie ou non!) sur terre, au ciel, à gauche, à droite, de Genève, de Londres ou d'ailleurs
News and views (gay or not!) on earth, in heaven, left or right, from Geneva, London or elsewhere

Romain Goupil à Bagdad

Entre deux accès d’anti-bushisme primaire, Le Monde livre aussi une petite interview du cinéaste Romain Goupil, dont un reportage à Bagdad passe sur Arte depuis hier et jusqu’à samedi. Extrait:

“Q. Sachant que vous avez publiquement pris position, en mars 2003, pour l’engagement de la France aux côtés des forces anglo-américaines, on pouvait s’attendre à ce que vous adoptiez un ton plus militant…

R. On pouvait effectivement redouter le pire du pire, c’est-à-dire un film comme celui de Michael Moore, Farenheit 9/11, ou celui de William Karel, Le Monde selon Bush -diffusé vendredi 18 juin à 22 h 35 sur France 2-. Ces deux réalisateurs savent à l’avance ce qu’ils veulent entendre. C’est le contraire du cinéma que je fais. Je ne cherche pas à illustrer quelque discours que ce soit ni à convaincre quiconque. Ce qui ne m’empêche pas, par ailleurs, de militer. Je souhaite qu’on arrête de dire que Bush est un crétin et qu’on aide les Irakiens à reconstruire leur pays. Mais je ne me sers pas de mon film pour dire cela. Je citerai une phrase de Milan Kundera : ‘Je me méfie des gens qui sont plus intelligents que leur roman.’ J’espère que mon film est plus intelligent que moi.

Q. Votre voyage là-bas, l’évolution de la situation en Irak et la révélation d’actes de torture de la part de soldats américains, ont-ils modifié votre position?

R. Non. Je continue de penser que si on y avait été tous ensemble on aurait redonné la liberté à ce peuple. Quant aux tortures, ce n’est pas une révélation. Dans toute intervention, il faut se méfier des hommes qui redeviennent des bêtes. C’est de la responsabilité de l’encadrement militaire et des politiques de surveiller cela. Là, non seulement ils n’ont pas fait leur travail, mais en plus, semble-t-il, ils ont encouragé les dérives.”