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Commentaire de l'actualité (gaie ou non!) sur terre, au ciel, à gauche, à droite, de Genève, de Londres ou d'ailleurs
News and views (gay or not!) on earth, in heaven, left or right, from Geneva, London or elsewhere

Charité, misère et développement

En Suisse, le début de l’année est marqué par le désormais rituel affrontement entre globalisation et altermondialisme autour du symposium de Davos. En Grande-Bretagne, l’accession à  la présidence du groupe des plus importantes nations industrialisées (G8, ou G7 sans la Russie), est l’occasion pour le gouvernement de mettre en évidence des priorités conformes à  sa couleur politique: la lutte contre la pauvreté dans le tiers-monde, la lutte contre les gaz à  effet de serre (Kyoto). Tony Blair et Gordon Brown rivalisent d’engagements plus déterminés l’un que l’autre, et pour tous deux qui, par delà  des divergences qui ne sont sans doute pas anodines, partagent une même vision que l’on peut qualifier de socialiste chrétienne, c’est depuis longtemps une priorité absolue.

L’ambiguïté, on le voit bien avec les suites du tsunami, c’est que c’est la misère, l’appauvrissement qui éventuellement provoquent un réflexe de générosité (par contraste, les 3 millions de morts dans la guerre en République du Congo passent inaperçus). Tous les discours sur la lutte contre la pauvreté donnent l’impression qu’elle s’aggrave, qu’il y a lieu d’urgence de renverser une tendance. Or c’est le contraire qui se produit: la pauvreté recule, et massivement; et cela davantage grâce à  la globalisation, au développement des échanges internationaux, qu’en raison des politiques publiques fondées sur la réduction de la dette ou les projets de coopération au développement (article cité par Instapundit renvoyant à  un rapport de la Banque Mondiale dont la référence n’est pas mentionnée mais qui semble bien être celui-ci; voir aussi ce billet de Stephen Pollard). Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a plus rien à  faire, bien au contraire, ni que cette tendance est irréversible; mais cela rend la mobilisation plus difficile, et nettement moins sexy que l’altermondialisme.

Le New Labour, avec une éthique profondément socialiste, une volonté certaine de régulation en même temps qu’une conscience des limites de l’action étatique et qu’une compréhension confiante des mécanismes de l’économie de marché, est certainement le mieux placé pour tenter de faire comprendre ces enjeux; cet état d’esprit s’incarne par exemple dans la campagne pour la suppression de toutes subventions agricoles, qui a sa logique du point de vue internationaliste mais fait sans doute hurler les écologistes partisans de la “souveraineté alimentaire”. Peut-il prévaloir face au sentimentalisme culpabilisateur, face aussi à  la haine de l’économie de marché et de la démocratie (repue, forcément repue) que colportent nombre d’altermondialistes?