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Cool Britannia: la réconfortante sagesse de l’électorat britannique

Un travailliste musulman maire de Londres, une conservatrice lesbienne leader de l’opposition en Ecosse

Pas de mauvaise surprise: Sadiq Khan a été confortablement élu maire de l’agglomération de Londres (8,5 millions d’habitants). S’il y a une ville suffisamment cosmopolite pour que la tentative d’agiter la carte anti-musulmane, comme l’ont fait pour leur honte les conservateurs, ne devait pas marcher c’est bien celle-ci: avec un habitant sur huit d’origine ou de confession musulmane, il y en a assez pour que tout le monde puisse faire la différence entre celles et ceux que l’on côtoie tous les jours et des islamistes.

Sadiq Khan doit son impressionnant parcours à sa personnalité chaleureuse et sympathique, à ses aptitudes, à une histoire qui ne le cède en rien à celle d’Obama1.

Né à Londres en 1970 de parents pakistanais sunnites, son père était chauffeur de bus et sa mère couturière. Avocat après des études de droit pendant lesquelles il travaillait dans un grand magasin, il adhère au Labour et devient conseiller municipal de son quartier du sud de Londres. Son épouse est également avocate et ils ont deux filles. En vue des élections parlementaires de 2005, il remporte l’élection primaire pour désigner le candidat de sa circonscription et est élu MP. Il se fait rapidement remarquer et commence à gravir les échelons ministériels dans le gouvernement de Gordon Brown, devenant le premier musulman à participer au Cabinet et au Privy Council2. Et c’est aussi en remportant une élection primaire très ouverte qu’il est devenu le candidat travailliste à la mairie de Londres.

Politiquement, c’est un réformiste pragmatique et moderne, intéressé aux questions de la vie quotidienne, pro-business et pro-Europe, qui a voté en faveur du “mariage pour tous” et dénoncé tant l’antisémitisme que l’extrémisme islamiste. Evoquer lourdement les occasionnelles maladresses de langage ou de fréquentation qu’il a pu commettre, et qu’à la différence de Ken Livingstone ou Jeremy Corbyn il reconnaît et regrette, n’aura pas suffit à empêcher son élection.

Mais il n’y a pas qu’à Londres que l’appartenance à un groupe minoritaire ne suffit plus à barrer une carrière. Une autre personnalité attachante est la leader du parti conservateur en Ecosse, Ruth Davidson. Elle est maintenant la leader de l’opposition au gouvernement SNP de Nicola Sturgeon, le Labour ayant rétrogradé en troisième position.

L’occasion de souligner, sur un plan plus général, que l’élection de Khan est l’exception qui confirme la règle et ne doit rien à Corbyn: les travaillistes ont perdu des sièges en Angleterre, en Ecosse et au Pays de Galles.

  1. Et sans l’arrogance qui m’a toujours rebuté chez ce dernier. []
  2. Une sorte de cabinet interministériel distinct du Cabinet pour des raisons historiques et formellement présidé par la reine; il prêta serment sur le Coran. []

Un commentaire

  1. Elaine Housby
    8 mai 2016

    I love the headline! Cool Britannia indeed. I may not be a Londoner, or even a Scot, but this all makes me proud to be British.

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