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Votations fédérales du 9 juin

Les droits populaires servent aussi à  donner raison aux autorités…

Seulement deux objets fédéraux pour le scrutin qui s’achève aujourd’hui, sans objet cantonal ou communal à  Genève (canton et ville): cela simplifie pour les affiches dont les photos sont en ligne[1] et devrait laisser plus de place à  la créativité des graphistes.

Comme d’habitude, citoyennes et citoyens ont reçu à  domicile la documentation officielle il y a quelque trois semaine. Celles et ceux qui ont voté l’ont fait pour la plupart par correspondance, dans cette phase de test ceux qui sont domiciliés à  l’étranger ou dans certaines communes ont pu le faire par Internet, et les retardataires ou les irréductibles du bulletin dans l’urne au local de vote du village ou du quartier avaient jusqu’à  aujourd’hui midi.

Les résultats finaux seront publiés dans l’après-midi, mais on connaît déjà  l’essentiel: non à  l’initiative de l’UDC et oui à  la loi sur l’asile attaquée en référendum, donc deux succès pour les autorités.

Election du Conseil fédéral par le peuple

Le premier objet est une initiative populaire lancée par le plus grand parti du pays… qui se trouve aussi celui qui est relativement marginalisé par les autres, représentant les deux tiers du spectre politique. Le Schweizerische Volkspartei (Union démocratique du centre, par antiphrase, en français) est un parti populiste, ultra-conservateur et nationaliste qui à  la fois incarne certaines des valeurs les plus traditionnelles du pays et en vomit d’autres[2]: en particulier la modération et le sens du compromis. Il était parvenu par un coup de force à  faire élire son leader charismatique, Christoph Blocher, au Conseil fédéral, et par un autre coup de force celui-ci en a été éjecté quatre ans plus tard: telle est l’origine de cette initiative.

Le Conseil fédéral, en Suisse, c’est à  la fois une présidence heptacéphale collégiale et sept ministres, ou “chefs/cheffes de département”. Ils sont élus par les deux Chambres réunies du Parlement selon une alchimie qui fait les délices des parlementaires et des commentateurs. C’est par pur darwinisme socio-politique (sous la forte pression des droits populaires introduits à  la fin du 19e siècle, qui ont effectivement placé la classe politique sous surveillance permanente de l’électorat) que le système a évolué d’un exécutif à  poigne de sept radicaux (1848) à  la participation du plus large spectre politique possible (aujourd’hui deux socialistes, une démocrate-chrétienne, deux libéraux-radicaux, une PBD[3] et deux UDC).

Mais ce sont les parlementaires qui ont le dernier mot et qui assurent l’équilibre des langues, des régions, des sexes, des partis et le choix des personnes, et c’est ce qui chiffonne les partis minoritaires, périodiquement persuadés que le peuple, lui, leur donnerait raison: naguère c’étaient les socialistes qui avaient lancé une initiative similaire à  celle à  laquelle ils sont opposés aujourd’hui, aujourd’hui c’est l’UDC.

A conservateur, conservateur et demi: le peuple suisse continue de s’en remettre à  l’Assemblée fédérale pour élire les conseillers fédéraux.

Asile

Enième votation perdue au résultat couru d’avance sur la politique à  l’égard des requérants d’asile, particulièrement byzantine puisqu’on ne votait que sur quelques mesures mises en place pour une durée limitée et qui sont déjà  en vigueur, ce qui n’a pas dissuadé les milieux humanistes de lancer un référendum: ils ont offert un plébiscite à  la loi. Tout était dans le symbolique tant pour les adversaires de la loi que pour ses partisans, comme l’illustrent les affiches…

Notes

[1] Merci Martin!

[2] “L’Eternel vomit les tièdes”, Apocalypse, 3, 15-16.

[3] “Parti bourgeois démocrate”, dissidence euro-compatible de l’UDC.