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Commentaire de l'actualité (gaie ou non!) sur terre, au ciel, à gauche, à droite, de Genève, de Londres ou d'ailleurs
News and views (gay or not!) on earth, in heaven, left or right, from Geneva, London or elsewhere

Votation du 24 septembre

Une trentaine d’affiches! Voir la galerie[1] mise en ligne avec ce billet (à  signaler particulièrement: celle du génial dessinateur Exem, comme d’habitude, et celle-ci, inspirée d’Hodler). C’est dire si les objets, tant fédéraux que cantonaux (genevois), soumis au peuple d’ici au 24 septembre représentent des enjeux importants (il y a simultanément, à  Genève, l’élection des juges à  la Cour des comptes qui vient d’être instituée, faute que les partis soient parvenus à  se mettre d’accord sur une liste élue tacitement).

Objets fédéraux

La première question est une initiative populaire lancée par un comité de socialistes et de syndicalistes qui concerne une institution fétiche en Suisse: “l’AVS”, “assurance vieillesse-survivants”, premier pilier, universel, du système national de retraite. Comme partout, il y a en Suisse des craintes sur la solidité d’une institution dont le financement est principalement fondé sur le système de la répartition (les actifs paient les rentes des retraités, en espérant qu’il en ira de même pour eux demain), compte tenu de l’évolution de la pyramide des âges[2]. Appliquant le principe qu’il faut “prendre l’argent là  où il est”, mais aussi tenter de rendre l’opération aussi indolore que possible et que les “riches” se défendent, l’initiative Cosa fait un raid sur la Banque nationale[3], dont les réserves sont considérables et les bénéfices alimentent les caisses de la Confédération et surtout des cantons… C’est donc plutôt un jeu de vases communicants, et les puristes n’y voient pas une réponse structurelle au financement de la retraite, mais ça peut marcher… [COMPLEMENT DU 24.09: J’ai omis de mentionner ici l’existence d’une contre-projet indirect à  l’initiative proposé par le Parlement. Voir le billet consacré au résultat.]

Les deux questions suivantes concernent la politique d’asile et d’immigration au travers de la énième révision des deux législations. Comme partout en Europe s’affrontent la “lutte contre les abus” enrobée de xénophobie plus ou moins voilée sous la protestation de pouvoir “d’autant mieux accueillir ceux qui le méritent”, et l’ouverture généreuse qui peine à  réfuter le soupçon d’angélisme. Le durcissement proposé de la législation est l’oeuvre du conseiller fédéral Christoph Blocher qui a obtenu que ses collègues du gouvernement le laissent faire puis a convaincu une majorité du parlement. La votation n’était nullement obligatoire: mais les opposants (la gauche, les milieux ecclésiastiques, caritatifs et associatifs, mais aussi un nombre plus considérable que d’habitude de “compagnons de route” d’une droite humaniste révoltée par le contenu de cette législation) n’ont pu se résigner à  laisser faire sans combattre et ont donc réuni le nombre de signatures nécessaires au référendum (50’000).

Objets cantonaux (à  Genève)

Deux initiatives populaires auxquelles le parlement oppose à  chaque fois un contreprojet, et une révision constitutionnelle non combattue (la votation est obligatoire mais ce n’est pas la question qui stimule la créativité des affichistes!).

Le premier objet concerne le logement, traditionnel champ d’affrontement entre la droite et la gauche qui se conclut généralement par la victoire pavlovienne du peuple locataire (l’immense majorité des citoyens, c’est une curiosité de la société suisse).

Mais cette fois le réel affrontement porte sur l’école, avec trois camps: l’initiative portée par les traditionnalistes qui veulent des exigences de résultat, des notes et des classements; le contreprojet adopté par le Grand Conseil, qui sent bien que le laxisme baba est passé de mode et veut donner des repères; et la corporation des enseignants et pédagogues qui rejettent tant la première que le second (ils ont l’appui du gouvernement qui a tenu à  se distinguer sur ce point du parlement). Comme pour la question précédente, le peuple tranche à  l’aide de trois questions:

  • Acceptez-vous l’initiative? oui/non
  • Acceptez-vous le contreprojet? oui/non
  • Si les deux sont acceptés, lequel préférez-vous? initiative/contreprojet

COMPLEMENT DE GUILLAUME BARRY DU 01.09: En général, un contre-projet est une proposition moins extrême que l’initiative. En l’occurrence, les adversaires de l’initiative et du contre-projet sur l’école ne sont pas unanimes dans leur appréciation des deux objets, certains trouvant l’initiative moins pire, parce qu’elle est moins précisément formulée.

COMPLEMENT DU 24.09: Voir les résultats!

Notes

[1] Merci à  Martin B. pour les photos!

[2] Et la question de l’immigration n’est pas totalement étrangère à  cette problématique également.

[3] A laquelle l’identification affective est, elle, pour le moins faible!

Un commentaire

  1. Philippe
    4 septembre 2006

    Morne campagne pour la Cour des comptes … je n’ai trouvé qu’un seul site : http://www.zuin.ch .

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