Un Swissroll RSS

Webmix

Commentaire de l'actualité (gaie ou non!) sur terre, au ciel, à gauche, à droite, de Genève, de Londres ou d'ailleurs
News and views (gay or not!) on earth, in heaven, left or right, from Geneva, London or elsewhere

Irak: "Schadenfreude" pour un anniversaire

Le Temps de ce matin marque le quatrième anniversaire de l’intervention internationale en vue de renverser le régime de Saddam Hussein par un dessin de Chappatte (20 mars 2007) particulièrement ignoble[1].

Il m’aide en particulier à  comprendre ce qui m’indigne et me révolte dans l’attitude des adversaires de l’intervention et autres partisans d’un retrait immédiat, ou selon un terme fixé unilatéralement: la suffisance repue de celui qui se croit en sécurité chez lui et se moque des conséquences pour les principaux intéressés en Irak, au Proche-Orient, dans le monde musulman ou les dictatures en général[2]… sans se rendre compte non plus qu’une telle position, si elle devait prévaloir, serait inévitablement suivie non pas de la « paix » là -bas mais de la poursuite (ou de la reprise à  plus grande échelle, dopée par le succès) de la « guerre » ici même.

Implicitement, ce que Chappatte donne à  penser c’est que « les Américains » sont responsables des attentats en Irak, alors que ces derniers sont la manifestation d’une lutte armée qui combat le gouvernement irakien démocratique et veut paralyser le pays. Il s’agit pour elle de renverser par la terreur et les armes la volonté des Irakiens, après la dictature baassiste et avec le soutien officiel de toute la communauté internationale, de reconstruire un pays prospère et libre qui s’est manifestée dans un processus électoral répété et impressionnant; de manière aussi à  ne pas faire miroiter une telle alternative aux autres peuples de la région qui vivent dans l’oppression. Ses cibles ne sont que marginalement les troupes alliées[3] mais principalement les forces vives de la société irakienne et ses infrastructures. Croire qu’il suffirait que les Américains partent pour que les attentats cessent est stupide, estimer que peu importe la situation qui résulterait d’un départ précipité et honteux des alliés est carrément cynique vis-à -vis de l’Irak et dangereux pour le monde. Et penser (à  San Francisco, Londres, Paris ou Genève, bien au chaud) que non, vraiment, il aurait mieux valu finalement que l’intervention n’ait jamais lieu, que Saddam triomphe grâce à  la cacade[4] du Conseil de sécurité de l’ONU début 2003, c’est la marque d’un défaitisme qui, comme le fascisme, est une menace contre l’esprit démocratique jamais irrévocablement vaincue, qui parfois l’emporte en bousculant tout sur son passage et contre laquelle le combat est toujours à  recommencer.

Notes

[1] C’est le droit de l’auteur et de la rédaction de le publier, c’est le mien de le critiquer.

[2] Au Zimbabwe, par exemple.

[3] Improprement, me semble-t-il, qualifiées de troupes d’occupation par les adversaires de l’intervention.

[4] C’est l’un des seuls mots du patois genevois qui survit dans l’usage local, mais il se comprend aisément il me semble…

6 commentaires

  1. John
    21 mars 2007

    Je vois aucune référence aux zUSA dans le dessin de Chappatte. Il n’y a aucun élément de ce dessin qui fasse référence aux troupes américaines. Chappatte retranscrit une réalité violente; ta tentative de la faire tourner (un spin de pundit à  l’américaine) pour qu’elle soit favorable à  ton point de vue via une mauvais lecture du dessin est tout autant ignoble. En quoi une intervention unilatérale, basées sur des mensonges (la fiole à  Colin à  l’ONU *rires*), qui ne respecte pas le droit international est-elle une marque de démocratie?

  2. Jean-Philippe
    21 mars 2007

    Surprenant, peut de chiffres viennent étayer ce post.

    « ce que Chappatte donne à  penser c’est que « les Américains » sont responsables des attentats en Irak » L’échec semble pourtant patent dans un Etat pas beaucoup plus grand que la Californie et avec un GPD comparable a celui de Rodhes Island

    Et la politiques étasuniens joue un role prépondérant dans cet échec (cf la communication entre la CPA et les forces du Pentagone)

    Je ne parle pas aussi de l’aspect économique, ou presque tout le monde a eu tout faux, la banque mondiale voyait 36 Milliards de $ pour « reconstruire » l’Irak , actuellement c’est 103 Milliards qui ont étaient dépensés. Depuis que vous avez commencé a lire mon commentaire 1 Million de $ viennent d’être depensé pour cette guerre. Le pentagone dépense en 2007 10Milliards de $ par mois

    Une prévision de conduite républicaine de la guerre sur les 10 ans a venir prévoit de tomber a 40.000 troupes vers 2011, le cout sur la décennie a venir + de 400 Milliards de $.

    Oui des lors on peut s’interroger.

    Oui alors la critique peut faire son apparition particulièrement quand les gagnants actuels de cette guerre sont l’Iran, Moqtada al-Sadr…

    « qui, comme le fascisme, est une menace contre l’esprit démocratique » Et pourtant c’est bien la démocratie la grande perdante de cette histoire. L’échec actuel de la politique US en irak fournit une excuse au régimes autocratique arabe pour refuser plus de démocratie non ?

    Quelque citations de 2003:

    “There’s a lot of money to pay for this. It doesn’t have to be U.S. taxpayer money.” (Paul Wolfowitz, Deputy Defense Secretary, 3/03)

    “I can’t tell you if the use of force in Iraq today will last five days, five weeks or five months, but it won’t last any longer than that.” (Don Rumsfeld, 11/02)

    “My belief is we will, in fact, be greeted as liberators.” (Dick Cheney, 3/03)

    “And a year from now, I’ll be very surprised if there is not some grand square in Baghdad that is named after President Bush.” (Richard Perle, Former Assistant Defense Secretary, 9/03)

    Un survey de la population: http://news.bbc.co.uk/2/shared/bsp/hi/pdfs/19_03_07_iraqpollnew.pdf

  3. Ludovic Monnerat
    21 mars 2007

    Admirable billet, surtout par les temps qui courent, et que les commentaires n’effleurent même pas.

    Le dessin de Chapatte est ignoble, mais comme tous les autres il fait abstraction de l’avis des Irakiens (voir ici). La dictature de Saddam et ses crimes épouvantables, rappelés quelquefois au gré de la découverte d’une énième fosse commune, n’ont pas leur place dans le prosélytisme permanent des adversaires de l’opération « Iraqi Freedom ».

    Mais si leur opinion était à  ce point-là  fondée sur la réalité, ils n’auraient pas besoin de filtrer celle-ci et de sans cesser rappeler leur argumentaire…

  4. 22 mars 2007

    Merci @ François de ce billet finalement plutôt courageux.

    Bon: « ignoble », c’est un peu fort pour qualifier un dessin de presse, forcément réducteur, voire… caricatural. Le dessin ne m’a pas choqué.

    Mais d’accord avec toi pour dire que l’isolationisme prôné par l’axe Paris-Genève (hihi!) relève aussi de l’égoïsme (mais pas seulement).

    Lorsque les Américains, fatalement, se replieront eux aussi sur l’isolationisme qui a fait les grands jours de James Monroe, l’Irak n’ira pas mieux, le reste du monde non plus d’ailleurs.

    @ Ludovic: je me demande vraiment quelle est la fiabilité d’un sondage publié par l’ORB, et réalisé dans un pays en guerre…

    Amitiés, Stéphane

  5. Ludovic Monnerat
    23 mars 2007

    Stéphane, ce n’est pas un sondage, mais TOUS les sondages depuis 2003 qui donnent des résultats constants sur ce point.

  6. 23 mars 2007

    Cher Ludovic, merci beaucoup de cette indication, mais tu ne réponds pas à  ma question. :-)

    Amitiés,

    Stéphane

Les commentaires sont fermés