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Les Britanniques plus prospères que les Suisses?

L’une de ces frustrations que l’on ressent, comme Suisse, c’est de ne souvent pas figurer dans des comparaisons statistiques internationales. Parfois, l’Office fédéral de la statistique s’en charge lui-même: il vient de publier une intéressante étude sur le marché du travail en comparaison internationale (rapport de 20 pages, fichier PDF). Destinée principalement à éclairer les différences entre l’UE des 15 et les 10 nouveaux membres, elle tourne évidemment aussi autour de la Suisse.

A côté de ce que l’on pouvait déjà savoir sur le haut niveau du taux d’activité en Suisse (81,2%, au deuxième rang derrière l’Islande — autre oubliée usuelle des comparaisons internationales!), à comparer à la moyenne de 70% de l’UE à 15 (pour le Royaume Uni c’est 75,3%), ou sur le niveau élevé des salaires (salaire annuel brut moyen dans l’industrie et les services de 50’000 euros, au premier rang des 27 pays considérés), je suis plus frappé d’apprendre que le Royaume Uni est ici quatrième, devant l’Allemagne.

Et plus encore de lire que le Royaume Uni serait troisième et la Suisse septième dans une statistique corrigée selon le pouvoir d’achat… Ici je ne suis pas sûr que la moyenne ne cache pas des disparités internes moins favorables aux Britanniques, et j’aimerais, plutôt que le salaire moyen brut en termes de pouvoir d’achat standard, savoir ce qu’il en est du salaire médian (celui qui sépare une moitié de la population concernée de l’autre). Je vois cependant deux différences notables entre les deux pays qui expliquent peut-être que le pouvoir d’achat suisse soit plus faible pour un revenu disponible comparable:

  • le logement, la grande majorité des Suisses étant locataires alors que la majorité des Britanniques sont propriétaires (même si l’endettement hypothécaire doit bien aussi limiter leur revenu disponible), et les modalités de prise en charge du logement social me paraissent également différentes;

  • la santé, les Britanniques étant livrés à un système de santé étatique certes gratuit pour l’utilisateur, mais qui les place dans une situation de sujétion complète (ce qui n’assure l’égalité de traitement technocratique supposée justifier ce régime qu’aux yeux des naïfs, à mon avis), là où les Suisses paient peut-être beaucoup pour leur assurance maladie obligatoire (deuxième poste de dépense des ménages par ordre d’importance, après le logement justement), mais conservent au moins une certaine liberté de « pouvoir d’achat » dans ce domaine.

COMPLEMENT DE 21H30: Billet revu et augmenté, j’ai développé mes interrogations sur cette différence de pouvoir d’achat entre les Britanniques et les Suisses. Et je découvre sur le site de l’OFS un petit outil aussi fascinant que de s’abîmer dans une carte de géographie: une comparaison statistique bilatérale de la Suisse avec chacun des autres pays d’Europe (+ l’UE dans son ensemble), ainsi que les Etats-Unis, le Canada et le Japon.