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Commentaire de l'actualité (gaie ou non!) sur terre, au ciel, à gauche, à droite, de Genève, de Londres ou d'ailleurs
News and views (gay or not!) on earth, in heaven, left or right, from Geneva, London or elsewhere

Sarko président

La manière dont Nicolas Sarkozy s’empare du principal parti de la droite française s’inscrit dans une tradition plébiscitaire bien établie:

  • la conquête du parti socialiste, qui n’était pas encore le principal parti de la gauche, par ce franc-tireur de François Mitterrand, avec ses maigres troupes de la Convention des institutions républicaines, le jour de sa refondation en 1971 à Epinay-sur-Seine;

  • la reprise à la hussarde du parti gaulliste en 1976 par Jacques Chirac, qui avait trahi son candidat à l’élection présidentielle de 1974 (Jacques Chaban-Delmas) pour appeler à voter pour l’autre candidat de la droite, Valéry Giscard d’Estaing, dont il devint premier ministre avant de se retourner contre lui.

Suivant cet illustre exemple (et à vrai dire avec la même lucidité modernisatrice), Sarkozy avait déjà en 1995 fait le choix de Balladur contre Chirac… et ce diable d’homme s’en est remis. Aujourd’hui, il se profile nettement comme le successeur d’un président de la République discrédité; il est pratiquement le seul à droite à pouvoir réellement incarner compétence, convictions et sincérité (voir aussi ce précédent billet). Chirac pourra bien tenter de lui susciter un concurrent en nommant de Villepin premier ministre, et alors?

L’élection présidentielle n’est qu’en 2007, mais le candidat de la droite est ainsi déjà connu. Au PS, en revanche, c’est plutôt le trop-plein avec François Hollande qui commence à s’y croire et Jack Lang qui veut encore y croire… Je crains que Jospin n’aie fait manquer sa chance à Martine Aubry en 2002. Laurent Fabius, avec sa valse-hésitation sur la Constitution européenne notamment, renoue avec l’opportunisme sans principe pour séduire la « gauche » du parti. Bernard Kouchner ferait un bon candidat, particulièrement à l’appui d’un rééquilibrage « primo-ministériel » des institutions, mais il paraît justement trop indépendant pour réussir. Reste Dominique Strauss-Kahn, j’espère.

COMPLEMENT DU 3.9: Une page fort intéressante du Monde.