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La "prétendue internationale terroriste islamiste"?

Indigné par l’ éditorial d’Ariane Dayer dans Saturne du 10 septembre (bimensuel suisse, « vécu, poésie, satire »), un ami lui a écrit. En attendant que sa lettre soit peut-être publiée, la voici:


Madame la Rédactrice en Chef,

ll serait «intellectuellement et éthiquement scandaleux» de ne pas se révolter contre votre éditorial.

L’internationale terroriste islamiste n’est hélas pas une invention de la CIA et du KGB: l’histoire de la créature qui se retourne contre son créateur est une jolie figure de conte de fées mais nous ne vivons pas à Disneyland. Al-Qaïda, malgré les frappes approuvées par l’ONU (faut-il le rappeler?) en Afghanistan, reste selon les experts une mouvance bien réelle. A New York,à Bali, à Madrid, à Istanbul et à Beslan, les kamikazes se sont fait sauteren entraînant dans l’horreur des milliers d’innocents au nom d’une certaineconception de la même religion, l’islam. C’est rendre justice à ceux qui défendent un islam moderne et tolérant que de le dire. L’internationale terroriste islamiste est une triste réalité.

Ce terrorisme s’attaque aux valeurs les plus fondamentales de l’humanité,celles-là même que la communauté internationale a reconnues au lendemain du précédent conflit mondial. «Le mardi 11 septembre 2001, on a déclaré la guerre à la démocratie», comme l’écrivait Bernard Kouchner au surlendemain de l’attentat de New York. Les auteurs des attentats aspirent d’ailleurs à déstabiliser les démocraties et – surtout – à empêcher que des régimes aussi «tolérants» s’établissent dans des pays où la religion musulmane domine: des Etats où, par exemple, des femmes sont scolarisées, comme dansl’Irak actuel. Inimaginable pour ceux qui rêvent de voir toutes les «infidèles» porter la bourkha.

C’est donc bien au nom de certaines valeurs essentielles et non d’une «pseudo-morale commune» que la lutte contre le terrorisme doit être menée. Ce combat suppose l’emploi de différents moyens: à commencer par l’affirmation de la suprématie, non pas d’une civilisation sur une autre, mais des valeurs humaines sur tous les fanatismes. Mais pourquoi avons-nous tant de peine à hiérarchiser les valeurs? Nous l’avions quelque peu oublié mais en dernier recours la lutte légitime pour ces valeurs passe aussi par le recours à la force. Alors oui,du sang va encore couler ces prochaines années. Rassurez-vous, ce sera surtoutdu sang de soldats américains et de soldats russes, l’histoire n’est de ce point de vue qu’un éternel recommencement.

En nous montrant des scènes que l’on croyait à jamais révolues, les terroristes nous rappellent que la liberté n’a pas de prix.

Alex Dépraz, Lausanne

COMPLEMENT DU 16 SEPTEMBRE: La réponse d’Ariane Dayer:


Cher Monsieur,

Je constate que nous ne partageons pas la même analyse, et vous remercie de votre réaction. Je me suis, bien sûr, posée les questions que vous soulevez avant d’écrire cet édito, mais reste convaincue qu’il ne faut pas tout mélanger de ce qui brûle sur la planète. Je vous rejoins toutefois sur une chose: c’est bien de valeurs dont il est question derrière tout cela. Je vous remercie pour votre réaction et vous présente mes meilleures salutations.