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Commentaire de l'actualité (gaie ou non!) sur terre, au ciel, à gauche, à droite, de Genève, de Londres ou d'ailleurs
News and views (gay or not!) on earth, in heaven, left or right, from Geneva, London or elsewhere

La chute de l’empereur Black et l’ascension de Citizen Murdoch

A quelques jours d’intervalle, Conrad Black a été condamné à  six ans et demie de prison[1] et Rupert Murdoch a finalisé le rachat de l’agence Dow Jones et du Wall Street Journal qu’elle publie. L’un ajoute un nouvel épisode à  une vie flamboyante qui l’a conduit de Toronto à  Londres et New York pour construire le quatrième groupe de presse mondial, aujourd’hui démantelé; il s’en remettra probablement et en fera un livre tant sa foi en lui-même est inébranlable. L’autre célèbre un succès remarquable (et j’ai déjà  eu l’occasion de souligner ici combien cet octogénaire est lucide sur l’avenir des médias et le rôle de l’Internet, notamment) en publiant dans la presse mondiale[2] 3 pages de publicité à  sa propre gloire, dans un ébouriffant massage d’ego:

  • Une première page de manifeste libérateur et conquérant sous le titre « Free people, free markets, free thinking »: « Today the greatest brand in financial journalism joins up with the world’s most restless global media company ».
  • Et la double page suivante illustre, en forme d’histogramme dont les barres sont comme des mâts portant toujours plus haut ses couleurs, sa conquête du monde en 60 ans pour atteindre 30 milliards de dollars US de chiffre d’affaires. Parti de l‘Adelaide News en 1954, chaque épisode est agrémenté d’une formule soulignant combien il a, à  chaque fois, démenti les Cassandre: « Il fera faillite dans l’année ». Jusqu’à  2007: « Le Wall Street Journal ne sera plus jamais le même » — « Parfaitement. C’est ce que nous vous promettons. » Mon préféré c’est probablement 1997, production du film Titanic: « Pff, tout le monde connaît la fin! »« Avec un 1,8 mia US$, c’est la plus grosse recette de toute l’histoire du cinéma ».

A l’occasion de la fusion avec Dow Jones, News Corp. paraît adopter une nouvelle corporate identity pour se présenter comme News tout court: « We’re News ».

Quelque part, je ne vois ni Tibère Adler ou les Lamunière (Edipresse, le groupe qui de Lausanne est parti à  la conquête du monde), ni les Ringier, ni la famille Conninx de TAMedia dans l’un ou l’autre de ces rôles ;-) .

COMPLEMENT DU 17.12 A 12h: J’ai développé la description faute de trouver une présentation en images…

Notes

[1] Pour s’être approprié des fonds au détriment des autres actionnaires.

[2] J’allais d’abors écrire « anglophone », mais Sky est présente aussi en Italie, au moins; c’est la presse francophone qui doit avoir été ignorée car je n’ai rien vu ni dans Le Temps ni dans Le Monde — qui n’auraient pas les mêmes raisons que le Financial Times, concurrent direct, de refuser l’argent de Murdoch.