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News and views (gay or not!) on earth, in heaven, left or right, from Geneva, London or elsewhere

Moritz Leuenberger parle

Les politiciens suisses ne sont pas très médiatiques — enfin, même cela est discutable: une Micheline Calmy-Rey, ministre socialiste des affaires étrangères et présidente cette année, ne pense qu’à  ça. Sans parler évidemment du plus charismatique que médiatique Christoph Blocher. Mais enfin, ils vivent dans un système passablement protégé par rapport à  leurs homologues d’autres démocraties. C’est dire qu’un entretien télévisé de 25 minutes avec Moritz Leuenberger (ministre socialiste — tendance urbain branché cultivé écolo — de l’environnement, des transports, de l’énergie et des communications), n’est pas courant. D’autant qu’il y a l’obstacle de la langue: originaire de Berne, ayant fait toute sa carrière à  Zurich, Leunberger comprend et parle très correctement le français, mais certainement mieux l’anglais. Il est interviewé par Darius Rochebin (notre PPDA, en mieux bien sûr ;-) ), avec parfois une fébrilité qui me semble tenir insuffisamment compte de ce facteur.

Autre rareté, c’est une discussion de politique générale un peu à  bâton rompu, après les élections parlementaires et avant l’élection par les deux Chambres réunies, le 12 décembre, des sept membres du Conseil fédéral pour 4 ans et du président et du vice-président pour l’année prochaine[1]. D’ordinaire, un conseiller fédéral ne s’exprime que sur un dossier de son département, et certainement pas sur ses collègues ou leurs dossiers; et il reste au-dessus de la politique politicienne et du jeu des partis. Il en reste des traces dans la manière dont Leuenberger parle avant tout de lui-même comme chef de son département et désireux d’y rester (mais comme il l’explique les enjeux sont très concrets). Où il se confirme Blocher a certainement changé quelque chose, et que ce parangon de la Suisse éternelle apporte paradoxalement une manière profondément « non suisse » de faire de la politique. Mais Leuenberger parle aussi de son blog[2], et du livre que cette expérience lui a inspiré!

Voilà . Je suis curieux de savoir que des Français qui regarderaient cela peuvent en penser… C’est ici[3].

Notes

[1] Les sept sont candidats à  leur réélection: la décision de se retirer est l’une des seules qu’un conseiller fédéral prend seul — et ce n’est en général pas au moment de la désignation quadriennale mais en cours de législature! Il y a quatre ans, toutefois, l’UDC est parvenue à  convaincre la droite d’élire Blocher à  la place d’une démocrate-chrétienne sortante. La question cette année est de savoir s’il va éventuellement connaître le même sort, subsidiairement ne pas être élu à  la vice-présidence qui devrait lui revenir à  l’ancienneté.

[2] Et je découvre, à  ma grande honte car je n’y étais pas retourné depuis longtemps, que ses billets sont dorénavant systématiquement traduits en français! Je l’ajoute donc au blogroll.

[3] La TSR ne propose malheureusement pas encore l’incrustation…