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Vers le 3e tour

Bayrou disant « Je ne voterai pas pour Nicolas Sarkozy », ça me rappelle Chirac votant Giscard d’Estaing en 1981, « à  titre personnel »: une pose à  ne pas prendre au premier degré. Car son intérêt, l’intérêt du futur parti démocrate[1] [2], c’est Sarko président, des électeurs tentés de lâcher le PS aux législatives et celui-ci prêt à  tout, même au retrait tactique de candidatures pour essayer d’empêcher l’irrémédiable.

C’est un peu la question qui reste maintenant: que va devenir la gauche si Royal n’est pas élue? Non que cela paraisse totalement exclu, et en cela la campagne me rappelle 1995: Jospin qui, in extremis, « fendait l’armure », d’ultimes meetings chaleureux, on voulait presque y croire. Et en cela Royal m’a bien permis de gagner cette partie du pari fort peu assuré que, comme d’autres, je faisais sur sa candidature[3] quand tant la ridiculisaient. Mais enfin, s’il sera tout aussi honorable qu’alors, l’échec est au moins aussi vraisemblable qu’en 95.

Ce qui me ramène à  l’autre partie du pari: parachever enfin l’évolution du PS français. Cela se présente on ne peut mieux si Royal est élue (et elle confirme mon espoir qu’elle saurait aller plus loin qu’un Strauss-Kahn dans la rupture sur la liturgie comme sur la doctrine). Mais faut-il craindre un choc en retour, la reprise en main par les Mélanchon – Fabius – Emmanuelli? On verra bien, mais là  aussi ça m’a l’air de se terminer beaucoup mieux qu’on aurait pu le craindre[4].

Et puis reste la France, comme on dit de manière grandiloquente. De ce point de vue là , il n’y a rien de commun avec 1995: autant j’éxècre Chirac, autant j’admire depuis longtemps les qualités de Sarkozy. Au quizz du Monde autour de 20 propositions des deux candidats, je me retrouve à  12 pour Royal mais 8 pour Sarkozy… De sorte que j’attends le résultat avec la plus grande sérénité. Certes sans attente excessive non plus, mais l’espoir qu’il redonnera à  ce pays un élan bien nécessaire, pour lui-même comme pour l’Europe.

Notes

[1] Qui semble bien, comme je l’avais pensé, être rétif à  l’acronyme! ;-)

[2] S’il se met vraiment en place…

[3] Je reste convaincu que le choix plus « raisonnable » d’un Strauss-Kahn n’aurait de ce point de vue que facilité les choses pour Sarkozy.

[4] Là  aussi, l’échec d’un DSK aurait été plus dangereux: perdant pour perdant, il aurait alors mieux valu jouer Fabius, mais je ne crois pas à  la politique du pire.

3 commentaires

  1. Merlin
    4 mai 2007

    Comme on dit au rugby, les grandes équipes ne meurent jamais. Bayrou échouera.

  2. marcel
    5 mai 2007

    L’enquête menée par IFOP pour le JDD et M6 sur les intentions de vote au deuxième tour donne gagnant Nicolas Sarkozy, avec 52,5% (-1,5%) contre 47,5 (+1,5) pour Ségolène Royal, avec 9% d’indécis. http://www.ifop2007.fr/photo/File/IntentionDeVote/JDD-PRESI20-28-04-2007-16263A.pdf

    Le résultat le plus surprenant de cette étude ne tient pas à  ce chiffre, mais au détail de la répartition des votes par tranches d’âges.

    En effet Ségolène Royal arrive en tête des intentions de votes dans toutes les classes d’âges situées en dessous de 65 ans. Si le candidat de l’UMP parvient tout de même en tête c’est qu’il fait un tabac chez les retraités, avec un score atteignant 75% qui lui permet de combler son retard.

    Ventilation par classe d’âge du vote Royal:

    18/24 ans 53%
    25/34 ans 54%
    35/49 ans 56%
    50/64 ans 51%
    65 ans et plus 25%

    Voila donc une réalité sociologique inattendue : c’est le vieillissement de la population qui tire le corps électoral français vers la droite. D’où très certainement la logique d’avoir tapé sur Mai 68, une période sans intérêt pour nous, Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy, mais un moment fondateur pour tous ces vieux qui se sont fait peur à  cette époque.

    Ainsi, loin d’être le candidat du travail et des forces vives comme son discours volontariste semble l’affirmer, Nicolas Sarkozy serait en fait celui de l’inquiétude et des peurs ressenties par une population vieillissante, devant une modernité qui la bouscule et qu’elle refuse.

    Ainsi, malgré 5 années de propagande Sarkoziste avec l’aide massive de la plupart des médias, Ségolène Royal serait majoritaire dans le pays dans toutes les catégories d’age de 18 à  64 ans !

    Ainsi, tous les efforts des militants, des sympathisants, la mobilisation d’une partie des abstentionnistes le 22 avril se heurte à  cet implacable constat: les trois quart des seniors de plus de 65 ans ruineront tout espoir de victoire !

    Avec une préférence de 55 ou 60% pour Sarkozy, cette catégorie des «plus de 65 ans» n’aurait pas pu faire basculer l’élection. Mais avec 75%, chiffre considérable, c’est toutes les intentions de vote des moins de 65 ans en faveur de Ségolène Royal qui sont laminées.

    Comment se fait-il que personne n’en parle !

    On peut comprendre l’UMP qui n’a aucun intérêt à  ébruiter une telle étude! Minoritaire chez tous les moins de 65 ans! Une information des plus désagréable! Un échec cuisant!

    Il faudra sérieusement se pencher sur la question à  court et moyen terme, afin de se rapprocher de cette tranche d’age pour expliquer, rassurer, rétablir certaines vérités.

    A moins que tous les enfants et petits-enfants favorables à  Ségolène Royal n’appellent leurs parents ou grands-parents avant dimanche 6 mai pour tenter de les raisonner, l’élection est perdue.

    En attendant, une seule solution:

    Une mobilisation sans précédent de la part des abstentionnistes, votes blancs et votes nuls qui devront faire un effort considérable pour simplement rééquilibrer les choses.

  3. Sens
    5 mai 2007

    L »élan » de N. SARKOZY, c’est sa conception des libertés publiques (promotion de la biométrie, de la vidéo surveillance, etc…) ?

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