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Toyal cède sur Accous et désespère de la France: merci M. Lassalle

Vous avez suivi en détail cette grève de la faim d’un député UDF pour défendre une usine de sa circonscription contre de méchants Japonais? Moi non plus, seulement les titres. Ce matin Jean Lassalle était conduit à  l’hôpital, cet après-midi il mettait fin à  son action après avoir accepté la capitulation du groupe Toyal. Qui ne cache nullement le dommage à  long terme causé par cette affaire:

« Le protocole qui a été signé est un protocole de crise qui correspond à  une situation exceptionnelle », a déclaré à  Reuters un représentant de Toyal Europe, au nom de la direction. « La conséquence est que notre actionnaire a perdu toute confiance dans le pays dans lequel il était censé se développer. »

Pour comprendre toute l’histoire, il fallait avoir lu le billet du 23 mars sur DirtyDenys qui, à  en juger par le faible nombre de commentaires et de trackbacks, n’a vraiment pas l’audience qu’il mérite au sein de la blogosphère francophone:

Accous, une commune de la quatrième circonscription législative des Pyrénées-Atlantiques, abrite depuis 1925 une usine fabricant de la poudre d’aluminium pour peintures automobiles ; jadis Péchiney, elle emploie 150 personnes et appartient aujourd’hui au japonais Toyal. Sur son site de Lacq, commune de la troisième circonscription législative des Pyrénées-Atlantiques, Total dispose de terrains avec commodités sur lesquels Toyal songe à  installer une nouvelle unité de production. Entre les deux, en ligne droite, mesurés sur une carte au 1/200 000 ème, quarante-sept kilomètres.

Quarante-sept kilomètres, et le député UMP de la quatrième circonscription, maire de Lourdios-Ichère, son village natal, Jacques Lassalle, l’excentrique de l’assemblée, persuadé, malgré les incessants démentis de Toyal, que l’ouverture de Lacq entraînera la mort d’Accous, entame, dans la salle des Quatre Colonnes, celle à  laquelle la presse peut accéder, une grève de la faim. Quarante-sept kilomètres et, sans rire, avec même un mortel sérieux, on s’inquiète de mondialisation : puisque cela risque d’être dans le canton d’à  côté, forcément, dans l’acception la plus littérale que peut prendre le terme, on délocalise. Plus besoin de Chine ou d’Inde, de Limerick ou de Trnava : quarante-sept kilomètres, et c’est l’autre monde.

Mais lisez tout[1], le reste du blog également!

Notes

[1] Même s’il y a apparemment des approximations (rectifiées depuis): Jacques pour Jean, UMP pour UDF et 47km pour 60km…

11 commentaires

  1. 15 avril 2006

    C’est trop gentil. Et merci de me signaler mes erreurs, j’étais pourtant allé cherché l’information à  sa source

    Comme quoi on ne se relit jamais assez. Quand à  la distance, comme je l’ai précisé, elle est mesurée en ligne droite et sur une carte routière. Evidemment, ça n’est pas très précis, mais « quarante-sept kilomètres », je trouve ça plus joli que « environ soixante ».

    Cela dit Jean Lassalle a survécu, au CPE en particulier : il a donc eu le temps d’attirer les télévisions, qui sont regardées par les journalistes étrangers, qui risquent d’être nombreux à  trouver là  une bonne histoire, et tellement typique, pensez donc, un ancien berger devenu député. Je vais surveiller avec attention la presse britannique, allemande, helvétique, ou belge.

  2. Tu ne crois pas si bien dire: je viens d’allonger de 12 à  15 news le fil de la BBC et voici ce que cela fait apparaître…

  3. 15 avril 2006

    « La capitulation du groupe Toyal. Qui ne cache nullement le dommage à  long terme causé par cette affaire »

    Justement, cette interprétation est un peu rapide.

    Toyal Europe a toujours été contre l’action de Jean Lassalle (et réciproquement) alors que ce dernier dit n’avoir jamais douté de la bonne foi de Toyal (Japon, l’actionnaire).

    En l’occurrence, la déclaration citée est celle de Toyal Europe qui dit qu’il y a un mécontent : l’actionnaire !

    J’attends que ce dernier – celui qui a signé le fameux accord – s’exprime avant de conclure sur la confiance de Toyal en la France.

    Vous seriez une société japonaise, où préféreriez vous investir : sur un terrain quelconque en Pétaouchnokie, ou sur un territoire où les gens sont prêts à  mourir pour vous garder ? ça dépend si vous concevez votre métier à  court ou à  long terme.

  4. Pierre
    15 avril 2006

    à  Frédéric: L’amour peut quelques fois être envahissant, si on est prêt à  mourir pour te garder alors que tu veux partir…

  5. Je découvre ce billet (et le blog – avec quelques réserves et pas mal de gourmandise) sur le conseil de François et abonde. Comme les commentaires sur le billet distingué sont fermés – ils devraient être rouverts, compte-tenu de l’actualité immédiate – je laisse ici l’observation suivante.

    Je suis parfaitement Denys dans son agacement devant l’emploi immodéré du terme « délocalisation ». Et je le suis davantage encore sur le clientélisme.

    On voit quelques interrogations dans la presse sur l’impuissance du politique. Ce qui laisse songeur, si l’on sait que le gouvernement s’est chargé de l’affaire (mais en quoi et comment ?).

    J’ajoute que les motifs et les méthodes de Jean Lassale me laissent un goût amer.

    Député de la Nation indivisible, et non pas d’une part de cette dernière, il agit dans la salle des quatre colonnes de l’Assemblée. Que n’a-t-il observé le jeûne devant un quelconque ministère, ès qualité de représentant local.

    Encore ; la mise en danger de sa propre personne sonne comme un chantage subtil dans lequel la mauvaise conscience d’autrui fera office de menace. Mais cela reste un chantage (au suicide) ; ce qui est moralement douteux.

  6. 15 avril 2006

    Jean Lassalle, ou le triomphe de la bouffonnerie

    Vit-on en plein délire? On peut se le demander à  lire certains des articles de la presse quotidienne se réjouissant de la “victoire” du député Jean Lassalle, qui a “obtenu” un investissement dans sa commune à  l’issue…

  7. 15 avril 2006

    Et pour l’instant, rien sur l’Asahi, mais le Mainichi fournit l’information en brève.

    Et, cédant par avance à  la vox populi, j’ai étendu à  31 jours la période d’ouverture de mes commentaires ( là , j’en laisse un sur Tanstaafl-fr)

  8. 15 avril 2006

    Pour comprendre l’emploi, abusif, du terme de « délocalisation » pour ce qu’on aurait encore il y a peu qualifié de simple « déménagement », il faut, d’abord, prendre en compte la mode et l’air du temps : qui parle encore d’aménagement (ou « déménagement ») du territoire en France, alors que l’on vit dans un monde effectivement globalisé ? Que la DATAR (délégation à  l’aménagement du territoire) n’existe plus Que le gouvernement, et singulièrement le ministère de l’Industrie, ne parle plus que de concentrer les efforts sur des « pôles de compétitivité » (sans dire ce qui adviendra des territoires hors-pôles) ? Mais il faut aussi connaître la mentalité « montagnarde », aiguisée par des Jean Lassale comme des Augustin Bonrepaux (Ariège, PS), tous deux farouchement opposés par exemple au prochain retour « imposé » des ours dans les Pyrénées par les « citadins », ces « doryphores »…, à  la fois fiers de leurs sommets et complexés, car loin de l’image qu’ils se font de la « modernité », qui se mesure encore en bagnoles, tracteurs, télévision, téléphone sans fil et maintenant ADSL et haut-débit. Alors, en vallée d’Aspe, on craint (ou feint de craindre) davantage les ours que les risques d’une usine Seveso… Et on s’invente une improbable « république » valléenne contre ces gens de la plaine, ces urbains, ces fonctionnaires, et maintenant ces méchants capitalistes japonais !

  9. 15 avril 2006

    Le singe, la fourmi, le héron et le rat

    Un singe passait en sa province Pour un compère honorable. Il s’y fit nommer prince, Ce qui le rendait admirable. – Qui mieux que lui saura défendre Au Conseil du Roi nos abbatiales, Nos villages, nos herbes tendres. Qu’on le députe en

  10. 18 avril 2006
  11. 19 avril 2006

    boursier.com « Le président de Toyal a déclaré que son groupe avait été victime d’un procédé « déloyal » dans l’affaire de la grève de la faim du député UDF Jean Lassalle et qu’il n’avait jamais l’eu l’intention de déménager son site pyrénéen d’Accous.

    Dans une interview publiée mercredi par Le Figaro, Masao Imasu a réaffirmé que le projet de nouveau développement à  Lacq, auquel Toyal a finalement renoncé, tenait au caractère « dangereux » des technologies employées et à  l’absence de structures d’urgence à  Accous. »

    Cela va dans le sens de François Brutsch, encore que l’argument des pompiers soit à  ma connaissance introduit là  pour la première fois dans le débat (mais je n’ai pas tout lu).

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