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Commentaire de l'actualité (gaie ou non!) sur terre, au ciel, à gauche, à droite, de Genève, de Londres ou d'ailleurs
News and views (gay or not!) on earth, in heaven, left or right, from Geneva, London or elsewhere

Quand Sarko interrompt mes vacances en Turquie

Avec le recul que confère ma qualité (?) de Suisse, je m’applique à  observer une certaine équivalence dans les candidatures présidentielles entre un réformisme de gauche (le/la candidat-e socialiste, de préference Royal) et une modernisatıon de droite (Sarko) pour répondre aux besoins de la France dans le monde moderne.

Mais si ce que je découvre lors d’une escale à  Bodrum[1] est exact, et à  moins qu’à  son tour Royal ne dérape, la place que Sarkozy parait vouloir donner dans sa campagne au rejet de la candidature turque à  l’àšnion européenne me paraît une faute politique. Comme Cameron en Grande-Bretagne (choisissant de quitter le prıncipal groupe du parlement européen pour créer un groupe sans avenir), il paraît prêt à  sacrifier la stature d’un homme d´Etat pour des interêts électoraux à  court terme. Refuser la Turquie, c’est nier des millénaıres d´histoıre et de culture, et tuer le projet européen faute d’accepter qu’il se transforme: le monde d’aujourd’hui n’est plus celui de l’après deuxième guerre mondiale.

Notes

[1] Sur les manchettes de journaux anglophones et germanophones, où est la présence française?

6 commentaires

  1. Gus
    10 septembre 2006

    Cameron ne fait pas mystère de son peu de sympathie pour le consensus obtenu entre PPE et PSE autour de REACH, consensus auquel se rattachèrent à  mon avis un peu vite les eurodéputés blairistes, donnant à  Cameron l’occasion de montrer à  peu de frais aux puissantes associations de la société civile sa capaicté à  prendre distance avec ce que d’aucuns nommenront les compromissions de ses prédécesseurs aux affaires, y compris dans son propre camp.

    Il est très intéressant de suivre la manière dont la presse internationale rend compte des propos de Nicolas Sarkozy pour la comparer à  la manière dont elle est rendue dans la presse française :-)

  2. Gus
    10 septembre 2006

    http://questionscritiques.free.fr/France_2007/Sarko/Sarkozy_expose_sa_vision_de_l_Europe_090906.htm

    « M. Sarkozy a réitéré son hostilité aux ambitions de la Turquie de rejoindre l’UE. Les négociations avec Ankara devraient être suspendues, a-t-il déclaré, à  moins que les Turcs ne respectent leur promesse d’ouvrir leurs ports et aéroports aux bateaux et avions de tous les pays de l’UE, y compris Chypre. »

    Le discours :

    http://www.robert-schuman.org/actualite/bruxelles/discours8sept.pdf

  3. 11 septembre 2006

    Nier des millénaires d’Histoire et de culture… à  à -coups. La Turquie de Saint-Paul, de la communauté d’Antioche, n’a plus grand-chgose à  voir avec l’actuelle, une Turquie dans laquelle le fondamentalisme amène à  tirer sur des prêtres sans entraîner plus de réactions, une Turquie qui persiste à  vouloir intégrer une Union dont elle refuse de reconnaître un membre.

    Plus fondamentalement, je considère que l’on pouvoir se « sentir » européen, percevoir une identité commune, et qu’une telle identité commune n’existe pas avec les Turcs (sauf pour ceux qui ne voient de la Turquie qu’Istanbul). Ce n’est pas que je la rejette et mon « problème » n’est pas qu’ils soient musulmans. Si la Chine occupait leur place, je pense que je réagirais de même. En outre, il me semble difficile de concevoir l’intégration d’un pays très dissemblable (dans lequel je me suis également rendu), qui obtiendrait un tel poids politique dans les institutions de l’UE.

    A défaut, si l’on commence à  intégrer la Turquie, je crains que la seule appartenance à  l’Union soit le libre-échange, et je le regretterais.

  4. 12 septembre 2006

    Pourquoi vous, qui êtes Suisse, donc d’un pays qui, bien qu’enclavé dans l’Union Européenne et de culture proche de celle de ses voisins, se sent différent et ne veut pas devenir membre de la dite Union, ressentez-vous comme indispensable que l’on accueille dans la dite union un pays éloigné et de culture assez différente ?

    Si l’on admet que le projet européen, à  terme, est une union politique, on doit se poser la question si nous avons envie de, par exemple, devoir défendre les frontières de la Turquie avec l’Iran et l’Iraq autour de la question Kurde.

    Je relève d’ailleurs que l’adhésion de la Turquie est soutenue par les à‰tats-Unis, qui veulent une Europe unie mais politiquement faible, une sorte de vaste conféfération libre-échangiste et manipulable (« diviser pour régner »).

    Tout ceci mérite réflexion, et il est je pense abusif de considérer que le citoyen français qui ne veut pas de la Turquie dans l’Union européenne est forcément un raciste à  courte vue, comme le soutiennent certains.

  5. 12 septembre 2006

    Je me contenterai, à  propos de la première question, de rappeler qu’il y a en Suisse des gens qui sont des pro-adhésion à  l’UE convaincus, même si ce n’est pas la majorité, et que François Brutsch en fait partie.

    COMPLEMENT. François me fait dire qu’il lira les commentaires à  son retour de vacances et qu’il poursuivra certainement le débat.

  6. Damien
    14 septembre 2006

    Je ne suis pas persuadé que ce débat reste bien longtemps d’actualité. En effet, si en 2004, 74% des turcs étaient favorables à  une intégration dans l’UE, ils ne sont plus que 54% aujourd’hui et le nombre des partisans de l’intégration continue à  chuter. La population turque tend actuellement à  rejeter graduellement ses liens avec les US et l’Europe au profit de l’Iran. Le problème du PKK est sans doute en grande partie responsable de ce revirement; depuis juin 2003, les attentats du PKK en Turquie menés à  partir de leurs refuges du nord de l’Iraq ont fait plus de 2000 morts en majorité civiles, dans une totale indifférence occidentale, il faut bien l’avouer…

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