Un Swissroll RSS

Webmix

Commentaire de l'actualité (gaie ou non!) sur terre, au ciel, à gauche, à droite, de Genève, de Londres ou d'ailleurs
News and views (gay or not!) on earth, in heaven, left or right, from Geneva, London or elsewhere

Election du gouvernement genevois

In extremis, je mets en ligne la traditionnelle galerie d’affiches[1] pour l’élection de l’exécutif de la République et canton de Genève, 5 semaines après le législatif. Rien de très excitant ni dans les affiches, ni dans la campagne, même si certains jouaient à  se faire peur avec l’élection du leader populiste Eric Stauffer, qui a tout d’un Peron genevois[2]. Pourtant hautement improbable: il s’agit d’élire sept personnes au scrutin majoritaire, et les deux listes des partis gouvernementaux traditionnels, celle de droite comme celle de gauche, présentaient chacune 4 candidats qui démarrent la course avec un avantage décisif (l’électeur vote librement pour une à  sept personnes parmi les 16 candidats, dont trois sur une liste d’extrême gauche et deux candidatures individuelles fantaisistes[3]). Même le professeur Aloys Werner, qui avait contre toute attente été élu comme indépendant, à  l’occasion d’une élection partielle provoquée par le départ d’un conseiller d’Etat socialiste, n’était pas parvenu à  se maintenir à  l’élection générale suivante (1981), face au rouleau compresseur des listes collectives.

La seule vraie question était donc de savoir laquelle des deux aurait 4 et 3 élus, sachant qu’au Grand Conseil la droite gouvernementale devance la gauche gouvernementale, et que par ailleurs un tiers des députés appartiennent aux deux formations populistes[4], l’une d’extrême-centre (le Mouvement Citoyen Genevois) et l’autre à  droite de la droite, section cantonale du premier parti du pays, l’UDC.

La gauche n’est pas parvenue à  conserver les quatre sièges qu’elle occupait dans la législature précédente, à  son grand dépit. Et (j’ai dû attendre que les résultats officiels se précisent sur ce point) ce sont les Verts qui auront deux élus et le parti socialiste un seul: confirmation d’une inversion symbolique qui ne me paraît nullement fatale et définitive mais qui va ajouter à  la gueule de bois du PS, naguère premier parti du canton. Dans le fonctionnement collégial des exécutifs suisses, c’est une simplification grossière de dire, comme le font à  l’unisson les partis et les journaux, que l’on passe ainsi d’un « gouvernement rose-vert » à  un « gouvernement de droite ». Tout dépend, en réalité, de la conjoncture (politique et économique) et des personnes. Mais cela change quelque peu le regard, le sentiment d’identification: on peut imaginer que cela va plutôt libérer les tentations oppositionnelles parmi les socialistes (chez les militants comme au Grand Conseil) que renforcer le sens des responsabilités et la volonté de participer aux convergences nécessaires avec la droite gouvernementale pour faire passer des projets cohérents, devant le parlement comme devant le peuple. Bon courage, Charles! :-)

Notes

[1] Due à  l’ami Martin, que je remercie!

[2] Au demeurant coiffé au poteau par son colistier un peu plus « convenable ».

[3] En utilisant l’un des bulletins imprimé par les partis, qu’il peut modifier, ou en écrivant sur un bulletin vierge mis à  disposition.

[4] Ennemies, pour la providence des partis gouvernementaux et la rage de Christoph Blocher!

2 commentaires

  1. 16 novembre 2009

    à‰tonnant de voir l’effet de ce qu’on appelle chez nous le panachage, mais qui n’est permis que pour les villes de moins de 3500 habitants Nos partis ne se risquent pas à  ce genre de jeux! Y compris dans les scrutins internes de listes comme au Parti Socialiste

    Et pour celui qui ne connait pas la politique genevoise, il apparait que les vainqueurs sont ceux qui n’ont pas fait le choix de la parité, 5 hommes arrivant en tête…

  2. yom
    17 novembre 2009

    Verel,

    Il y a l’effet « prime au sortant ». Les 5 sortants sont des hommes qui arrivent aux premières places, ensuite les deux nouveaux élus sont des femmes qui appartiennent au même parti qu’un des sortants (comme la 8e et non-élue).

    28% de femmes au gouvernement ce n’est pas si mal. Aux élections précédentes c’était 100% d’hommes élus (et une sortante battue)!

Les commentaires sont fermés