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Commentaire de l'actualité (gaie ou non!) sur terre, au ciel, à gauche, à droite, de Genève, de Londres ou d'ailleurs
News and views (gay or not!) on earth, in heaven, left or right, from Geneva, London or elsewhere

Et Kouchner, alors?

Pour ceux qui, comme moi, pensent que l’unique chance de la gauche (face à  Sarkozy et, surtout, pour répondre à  l’attente des Français et non d’un appareil de parti) est un-e candidat-e socialiste « décalé-e », Bernard Kouchner était le cheval à  suivre avant l’émergence de Ségolène Royal. Il avait dûment placé ses premiers jalons, mais manifestement cela n’a pas suffit à  attirer l’attention et l’ouragan Royal l’a effacé. Il semble se consacrer désormais à  sa candidature, soutenue par Chirac, à  l’OMS.

Au demeurant, aurait-il été candidat à  la primaire ou aurait-il choisi la voie gaullienne de la candidature autonome? Quand on voit que Lang n’a ses signatures que par la volonté de l’appareil d’éviter une triangulaire caricaturale « droite » (Royal) – « centre » (Strauss-Kahn) – « gauche » (Fabius)… Pourtant, particulièrement du fait qu’il y aura une vraie campagne interne (mais publique) avant le vote des militants, ç’aurait été intéressant. Etait-il susceptible de ravir la coupe, surclassant une Royal trop évidemment favorite au jeu du candidat différent, expérimenté mais neuf? Lang peut jouer sur les deux premiers facteurs, pas sur le troisième. Dans l’intérêt du PS et de la gauche, je souhaite une victoire de Ségolène Royal dès le premier tour (plutôt que seulement au second).

Et la suite? Je ne crois pas à  une candidature dissidente de Fabius (un certain nombre d’aigris voteront-ils tout au plus, au premier tour de la présidentielle, pour un des candidats de l’extrême gauche), ni même de personnalités intéressantes du style Christian Blanc faisant leur petit tour promotionnel. On va vers un quarté de candidats sérieux, représentatifs et maîtres chez eux: Le Pen – Sarkozy – Royal – Bayrou (dans le désordre pour les trois premiers, j’espère!).

6 commentaires

  1. 30 septembre 2006

    J’aurais bien été incapable de dire qui, de Royal ou de DSK, représente l’aile droite du parti. Les accents rigoristes et militaristes de Royal ne sont pas, à  mon humble avis, plus de droite que de gauche. Et sur les questions économiques, je la crois moins libérale que DSK.

  2. Passant
    30 septembre 2006

    « L’ouragan Royal », c’est à  dire, son lancement par, en gros, les journalistes parisiens et autres ex-conseillers faiseurs d’opinion de Lionel Jospin en 2002 aura effectivement contribué à  la marginalisation rapide pour ne pas dire immédiate de tous les autres socialistes. Après, ceux qui n’avaient pas leur réseau d’apparatchicks et d’élus locaux dans le PS se sont faits éliminer d’office, les autres ont du ramer et se compromettre pour surnager.

    C’est d’ailleurs pour cette raison que si Royal ne passe pas au premier tour de la primaire interne, sa carrière politique est certainement morte. Et même élus présidente, je doute qu’elle parvienne à  gouverner. Ce qui ne nous changerait pas trop de Chirac, d’ailleurs :-)

    Les débats internes qui seront normalement diffusés sur LCP seront certainement enrichissants : on y verra si Royal sera parvenue à  apprendre quelque chose ces derniers mois, ce qui ne semble pas gagné d’avance, sa carrière toute entière se caractérisant par une succession de non-remises en question.

  3. 30 septembre 2006

    @Antoine: bien sûr c’est caricatural et subjectif. Pour Fabius, c’est une posture de gauche auto-proclamée qui ne colle pas avec avec son histoire et son intelligence, et qu’il abandonnera certainement le moment venu. Pour Royal, l’étiquette de droite lui est accolée par ses adversaires, elle découle surtout de ses positions sur les problèmes de société et au fond ne la dérange pas tant que ça, vu l’état de l’opinion, mais je suis d’accord: elle a des relents de gauche archéo un peu inquiétant, du côté du patriotisme économique et de sa vision du patronat; mais c’est surtout elle qui, justement, n’a pas intérêt à  une triangulaire qui la confine dans cette position (alors que DSK y trouverait son avantage). Pour Strauss-Kahn, il s’épuise à  donner des gages à  gauche et tenir le centre du parti est déjà  une victoire, étant donné les soupçons à  son égard. Il est évidemment plus compétent économiquement que Royal (mais c’est une erreur de croire que le/la président-e doit être un crack, il y a aussi de la place pour de brillants premiers ministres, ministres et fonctionnaires; même un Mitterrand a su faire le bon choix en 1982). Mais DSK n’ose pas le social-libéralisme comme Kouchner ou Bockel.

    @Passant: Ca me paraît un peu dur et injuste, personnellement je crois que les médias n’ont fait que prendre en route un mouvement royaliste qui a surpris tout le monde puisqu’elle émergeait déjà  en tête d’un sondage en avril 2004. Les médias peuvent amplifier une vague, je ne suis pas sûr qu’ils puissent la stopper et je suis certain qu’ils ne peuvent l’inventer.

  4. Passant
    30 septembre 2006

    Pourtant, au 13/12/2004, le buzz était vite retombé ? D’ailleurs, si ma mémoire est bonne, le vrai chouchou surprise des sondages était plutôt Kouchner, à  l’époque : voir cet historique complet des sondages en France en 2004.

  5. 30 septembre 2006

    … dans le désordre pour les 4 premiers, j’espère.

    B. Kouchner est une personnalité de poids mais – dans une élection au suffrage universel, difficile de faire campagne sans parti.

  6. Passant
    30 septembre 2006

    « difficile de faire campagne sans parti. »

    Fabius a l’air de vouloir essayer (difficile de dire qu’il soit en odeur de sainteté au PS : hormis ses fidèles rasant les murs et qu’on pas intérêt à  la ramener-la-machine-à -perdre, il a moins d’amis au PS que Sarkozy). Au point où il en est, il a tout intérêt à  faire une véritable campagne. On va voir ce que ça donne. J’attends avec impatience de savoir ce qu’il dira exactement demain. à  mon avis, les neurones doivent surchauffer chez les fabiusiens à  cet instant. Il a un public, un créneau, le discours est son point fort.

    La présence de Lang change un peu la donne, puisqu’il est le seul des quatre à  s’être dit prêt à  appeller à  voter Ségolène au deuxième tour des primaires. Les Strauss-Kahniens risquent de le prendre assez mal…

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