Un Swissroll RSS

Webmix

Commentaire de l'actualité (gaie ou non!) sur terre, au ciel, à gauche, à droite, de Genève, de Londres ou d'ailleurs
News and views (gay or not!) on earth, in heaven, left or right, from Geneva, London or elsewhere

Ces alliances parlementaires "contre-nature"

Tony Blair a gagné à  la Chambre des Communes le vote d’entrée en matière sur une réforme de l’éducation secondaire tendant à  donner plus d’autonomie et de diversité aux établissements scolaires, au détriment du contrôle bureaucratique par les autorités locales, qui est l’un des axes distinguant le New Labour de la « vieille gauche ». Il s’est trouvé 52 députés travaillistes pour voter « non » contre 274 qui ont voté avec le gouvernement, et 25 qui n’ont pas pris part au vote.

Sur le plan général, la majorité est aussi confortable: 458 à  115, les conservateurs ayant annoncé leur soutien au projet (20 n’ont pas pris part au vote et aucun n’a voté contre).

Il est curieux de voir les travaillistes réactionnaires s’en prendre à  la légitimité de Blair à  la suite de ce vote, car il aurait préféré s’appuyer sur l’opposition plutôt que de chercher à  les amadouer. Certes les 274 travaillistes loyaux auraient pu théoriquement être battus par l’opposition avec l’appoint des rebelles travaillistes… mais en quoi une telle manoeuvre serait-elle, elle, légitime?! A 52 sur 115, ils ne constituent même pas la majorité des opposants au projet.

C’est seulement si le premier ministre n’avait été soutenu que par une minorité de son parti, appuyée par l’opposition, que sa position serait délicate. On en est loin.

6 commentaires

  1. 16 mars 2006

    Pas d’accord du tout. Tout d’abord parce qu’il faut rappeler que le Labour ne represente que 36% des electeurs britanniques (dixit les derniers resultats aux elections). Ensuite parce qu’il y a, comme en France, une discipline parlementaire, qui veut que la majorite soutienne le gouvernement – meme si parfois certains deputes de celle ci ne sont pas d’accord (cf la loi DADVSI et le vote de l’UMP). Aussi parce qu’une plus grande proportion de sympatisants du Labour sont opposes a la loi. Enfin que si on a besoin de l’opposition pour faire voter ses propres lois, on peut se demander si on n’est pas PM d’une cohalition a l’Allemande.

    La question est en fait de savoir si Blair colle encore a la realite de son parti. La reponse semble etre : non. Est-ce qu’il s’en preoccupe : il semble que non. Et on vevient ici a l’interrogation continue dans la classe politique britannique: Blair ne serait-il pas plus un leger Tory qu’un Labour ? En tout ca son heritier semble maintenant plus qu’hier etre David Cameron plutot que Gordon Brown. Tories are back !

  2. @Vonric: je peux comprendre que tu sois opposé au contenu du projet, mais je trouve très excessif de décerner un brevet de rectitude idéologique à  une minorité de 1/7e à  1/5e du groupe travailliste, les 274 étant évidemment disqualifiés… Et je trouve pour ma part positif que sur un sujet comme celui-ci l’accord dépasse l’affrontement majorité – opposition, comme Cameron en a pris acte. Il faut toujours en revenir à  Gramsci: on peut aussi lire l’évolution récente des Tories comme la victoire durable du blairisme.

  3. 17 mars 2006

    François Brutsch>Tout d’abord il ne faut pas oublier que si Tony Blair n’avait pas épousé Cherie Booth, il serait probablement devenu Tory.

    D’ou la question: Apres 15 ans dans l’opposition, le Labour n’etait-il pas disposé a tout accepter pour revenir au pouvoir – quitte a s’éloigner de ses themes de prédilection (repris depuis par les LibDems). Ne cherchent-ils pas, en votant a la demande de Blair, a retarder l’inexorable: la chute, et s’accrocher au pouvoir ? au regard des politiques de son gouvernement, Blair n’est-il pas un grand autiste, qui est pret a passer outre son parti pour poursuivre son ambition? (dans le systeme Britannique, contrairement a la presidentielle francaise, il ne faut pas oublier que les députés du parti sont elus et nomment leur chef, c’est donc le parti qui a la legitimité, pas Blair).

    Bref lorsque seulement 5% des membres du Labour supportent cette reforme, et que le chef du gouvernement passe outre et récupere toutes les voix possibles afin de le faire passer tout de meme, ou est le positif ?

    CF: http://www.ukpollingreport.co.uk/blog/archives/169

  4. Comme on le sait également en France, il y a une dialectique pour le moins subtile entre action gouvernementale et ce que veulent les militants pathologiques / l’ensemble des membres du parti / l’électorat du parti / l’opinion dans son ensemble… Non, le New Labour n’est pas qu’une construction marketing, et fort heureusement la vieille gauche n’a aucune chance: Brown promet même d’être encore plus blairiste!

  5. 17 mars 2006

    Brown promet même d’être encore plus blairiste! -> il promet surtout d’etre le plus cretiniste, car ca fait 5 ans que Tony le fait esperer devenir son successeur. Au train ou vont les choses, son successeur sera David Cameron ;-)

  6. Ramsay MacBlair

    Est ce une victoire ou une défaite ? Mercredi soir, Tony Blair a fait approuver par le parlement sa nouvelle loi sur l’école (qui propose que toutes les nouvelles écoles soient dirigées par des organismes indépendants de l’Etat) en dépit de l’opposi…

Les commentaires sont fermés