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News and views (gay or not!) on earth, in heaven, left or right, from Geneva, London or elsewhere

Affaire Plame

Je reçois ceci par mail comme abonné à  l’édition électronique du Monde:

Lewis Libby, directeur de cabinet du vice-président américain Richard Cheney, a été mis en examen pour « obstruction à  la justice », « faux témoignage » et « parjure », dans le cadre de l’affaire Plame. (AFP)

La montagne accouche d’une souris, selon la formule consacrée (et pour une fois le français est plus concis que l’anglais, je l’avais écrite avant de le lire): un procureur spécial avait été désigné pour investiguer sur un prétendu crime fédéral de révélation de l’identité d’un agent secret; mais aucune inculpation de ce type ne sort de deux ans d’enquête… Pour illustrer la différence, il faut se rappeler que le Watergate n’a pas donné lieu seulement à  des inculpations pour des crimes commis durant la procédure, mais bel et bien pour un cambriolage très réel des bureaux du candidat démocrate à  la Maison-Blanche! Ici on est plus proche des investigations frénétiques du procureur Kenneth Starr contre Bill Clinton.

J’en profite pour communiquer aux lecteurs de ce blog ce que j’avais écrit dans des commentaires à  la suite d’un billet d’Emmanuel Ceteris Paribus sur le sujet.

Pour moi, « l’affaire Plame » est pour la présidence Bush le pendant du soi-disant meurtre de Vince Foster, le juriste de la Maison-Blanche sous Clinton qui s’est suicidé: un fantasme qui germe dans la cervelle de gens désespérés de compromettre le président et qui finissent par se convaincre de sa réalité.

Valerie Plame a peut-être été agente secrète dans le passé, mais la fonctionnaire de la CIA qui pointait à  Langley peut difficilement se prévaloir de cette qualité; ce d’autant quand elle a recommandé son mari pour sa mission controversée au Niger. Mais la parader en victime a visiblement été un coup de génie pour Joe Wilson.

La vraie différence avec l’affaire Foster, c’est que la « vast right wing conspiracy » à  juste titre dénoncée par Hillary était malgré tout contenue dans la marge, alors que l’hystérie anti-Bush fait perdre la tête au parti démocrate et aux médias libéraux de manière quasiment généralisée.

L’affaire peut encore certainement évoluer, mais je persiste à  penser que personne ne finira condamné pour ce fameux crime… et bien sûr il n’y aura pas non plus de condamnation pour dénonciation abusive.

2 commentaires

  1. Ludovic
    28 octobre 2005

    Entièrement d’accord avec vous. Mais pourquoi se soucier des faits alors qu’une partie des médias va probablement se saisir de cette inculpation pour affirmer avec aplomb que l’administration Bush a bel et bien tenté de nuire à  Wilson par l’entremise de sa femme? J’ai lu aujourd’hui sur mon courriel – un texte réservé aux abonnés à  l’édition électronique du Temps – une apologie de Fitzgerald sous la plume d’Alain Campiotti. Les participants à  la croisade anti-Bush, à  mon sens, ont depuis trop longtemps perdu le sens de la mesure et des réalités pour se soucier de replacer dans sa vraie dimension cette affaire. Surtout lorsqu’ils accordent encore la moindre crédibilité au témoignage – et au livre – de Wilson, alors que ce dernier a renié ceux-ci dans une lettre à  la commission d’enquête du 11 septembre…

    Bon, en même temps, personne n’est obligé de croire ce que racontent les médias traditionnels ! :)

  2. 30 octobre 2005

    Emmanuel avoue sa déception… et se console en la documentant puissamment. Petit trackback manuel (strictement pour les afficionados), ne serait-ce que pour le titre…

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