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Démocratie de partis

Je soliloque au clavier, sans but précis, en marge de la sélection du nouveau leader du parti conservateur britannique et du prochain renouvellement de la direction du PS français. Qu’on ne peut dissocier, en France, de la question des modalités de choix du candidat à  l’élection présidentielle (qui occupe les arrières pensées); au Royaume-Uni le leader est le futur premier ministre si le parti l’emporte.

Paradoxalement, c’est au Royaume-Uni qu’on trouve une procédure très présidentielle (bon, en France c’est aussi le cas de l’UMP, mais de manière plus fruste): le choix porte sur une personne, avec l’équation que cela comporte: la ligne, mais aussi la personnalité, la compétence, l’image, voire l’âge. Selon une procédure encore récente (c’est seulement sa deuxième application, mais une tentative de la direction du parti de revenir à  une méthode moins démocratique a échoué), il revient d’abord au groupe parlementaire conservateur de sélectionner, en éliminant à  chaque tour le moins bien placé, deux candidats proposés aux suffrages des membres (quelque 300’000) — une procédure qui, soit dit en passant, se prête à  tous les calculs tactiques. On en est là : David Cameron (pas encore 40 ans, né la cuillère en argent dans la bouche) pour un centre-droit moderne et « compatissant » (compassionate, il vaudrait probablement mieux dire « proche des gens »), est actuellement le grand favori des sondages et des médias face à  David Davis (la bonne cinquantaine, fils de mère célibataire qui en a bavé, ancien SAS) pour une droite dure mais juste, après élimination de deux autres candidats. Résultat le 6 décembre, et ça dure depuis la fin de l’été!

Le PS français, par comparaison, fleure quasiment le parlementarisme façon IIIe ou IVe: ce sont des motions qui s’affrontent à  la proportionnelle (il y en a en définitive cinq), mais leur contenu ne dissimule guère que la question est en réalité de savoir à  quelle équipe on s’identifie (la surenchère à  gauche est de rigueur, seule la motion socialiste libérale de Jean-Marie Bockel tranche un peu). Les choix de personnes interviendront ultérieurement entre état-majors… Mais le choix du premier secrétaire national devra être ratifié par les membres dans un deuxième temps. Et pour la présidentielle, le candidat sera désigné au suffrage universel des membres, sans trop de médiation.

Je vous disais que c’était sans but: je ne suis pas sûr qu’il y a grand chose à  tirer de cette comparaison!

5 commentaires

  1. 25 octobre 2005

    à  mon avis, vous comparez des choses qui ne sont pas comparables. Le leader conservateur est, potentiellement au moins, le candidat du parti aux élections législatives pour être premier ministre. Il est le prime minister du shadow cabinet.

    Les congrès du PS sont là  pour désigner l’équipe qui va diriger le parti. Pas seulement le premier secrétaire, mais tous les membres du bureau national, du conseil national, etc. C’est un système proportionnel dont on ne peut pas vraiment déduire quoi que ce soit de tangible pour la désignation du candidat aux présidentielles : en 1994, le PS a organisé un « référendum interne » sur le candidat à  présenter. Henri Emmanuelli, candidat de la « majorité » a été battu par Lionel Jospin (et après, la majorité a changé…). Le PS pratique donc bien une élection de ses candidats aux présidentielles. Le moment n’est pas encore venu. Le congrès du Mans sera uniquement une sorte de « premier round », pour peser les influences respectives.

  2. 26 octobre 2005

    Tout pareil que Paxa concernant le PS.

    Sur le duel Cameron-Davies : dois-je lire entre les lignes de tes commentaires et comprendre que le chouchou de la presse britannique et des sondages n’a pas vraiment ta préférence? (j’ai regardé le discours de Cameron au congrès du parti conservateur et, comme tout le monde, j’ai été assez impressionné)

  3. 26 octobre 2005

    Paxa: Le remodèlement de la majorité après la désignation de Jospin confirme bien qu’il y a interdépendance; au parti conservateur britannique aussi, le choix du leader concerne en réalité toute l’organisation du parti (c’est lui ensuite qui désigne…).

    Emmanuel: Diable, où vas-tu chercher tout ça? ;-) Non, je suis comme tout le monde impressionné et séduit par le bonhomme (en particulier la manière dont il est parvenu à  définir et faire accepter une distinction délicate pour tout politicien à  propos de questions potentiellement embarrassantes sur le passé: avant qu’il fasse de la politique, ça ne regarde que lui, et depuis qu’il est MP, non il ne pratique pas la cocaïne); et je préfère le centre-droit moderne à  la droite dure, même « juste »: comme socialiste libéral, je ne pratique pas la politique du pire… Tout au plus aurais-je préféré un affrontement Cameron / Fox, plus stimulant… Si c’est Cameron le Labour va devoir se faire un peu de souci et Brown risque d’avoir encore plus de peine à  échapper au soupçon de retour au Old Labour. Pour le système politique en général, en revanche, on peut se demander si un choc New Tory contre New Labour ne laisse pas trop orphelin un électorat populiste que les libéraux ne stabiliseront pas non plus. Mais bon, on a le temps de voir…

  4. 26 octobre 2005

    « Diable, où vas-tu chercher tout ça? »

    En fait, j’avais cru déceler un léger sarcasme à  propos du « compassionate » et de l’origine sociale des deux candidats. Mais c’est vrai que c’était une lecture très entre les lignes de ton billet..

    « je préfère le centre-droit moderne à  la droite dure, même « juste »: comme socialiste libéral, je ne pratique pas la politique du pire… »

    On est bien d’accord.

    « Pour le système politique en général, en revanche, on peut se demander si un choc New Tory contre New Labour ne laisse pas trop orphelin un électorat populiste que les libéraux ne stabiliseront pas non plus. »

    Avec un risque d’une poussée des « fringe parties » de la droite populiste et/ou extrême à  la BNP… Cela dit, il ne faut aussi raisonner en dynamique et il n’est pas impossible qu’un parti New Tory plus centriste sur les questions de moeurs ou d’immigration contribue à  changer les mentalités d’une parti de l’électorat de droite. Espérons. (évidemment, il y a aussi le risque qu’un Cameron réutilise les vieilles recettes à  la « are you thinking… » au premier mauvais sondage)

  5. 1 novembre 2005

    Avec retard: oui, le risque de l’émergence populiste quand il y a perception que gauche et droite se sont, au fond, pas si éloignés que cela, est par exemple ce qui se produit en France (21 avril, avec tant Chirac que Jospin touchant le fond!) ou en Suisse… Et maintenant même en Allemagne avec la gauche anti-gouvernementale.

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