août 2009 - Un swissroll

Un swissroll

Depuis août 2003, blog-notes de l'actualité (gaie ou non!) sur terre, au ciel, à gauche, à droite, de Genève, de Londres...

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dimanche 30 août 2009

Chansons libérales

Dans son dernier billet, Sardanapale aborde un sujet qui ne doit pas avoir été souvent traité : à savoir « le libéralisme en chansons », ce qui m’a inspiré le commentaire suivant:

J’ai vraiment de la peine à en trouver, la première qui me vient à l’esprit, a contrario, c’est la chanson qui a touché le jack pot en adoptant une posture anti-fricquiste, c'est-à-dire en épinglant Mammon superficiellement, et en des termes ultraconvenus:

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mercredi 26 août 2009

Obama veut helvétiser l'Amérique

Je vous le disais il y a quelques jours... C'est maintenant Paul Krugman, prix Nobel d'économie, adulé par la gauche pour sa bushophobie primaire et dont James Taranto ne manque jamais de rappeler qu'il a été conseiller d'Enron, qui développe cet argument en faveur de l'ObamaCare dans sa chronique du New York Times (reprise pour les francophones sur le site de la RTBF).

(Via Bio-éthique)

lundi 24 août 2009

L'Ecosse et la Suisse jumelées par les fils Kadhafi

Dernière édition: 26.08.09 à 18h15

L'un est bosseur, c'est l'héritier présomptif; il a étudié à la London School of Economics et tient résidence à Londres. L'autre est flambeur (que lui restait-il d'autre?) et a ses habitudes à Paris et Genève où il est connu des boîtes de nuit et des services de police.

Le premier n'a pas ménagé ses efforts pour enfin accueillir triomphalement à Tripoli, jeudi dernier, l'auteur de l'attentat de Lockerbie[1] condamné à la prison à vie[2]: atteint d'un cancer en phase terminale, il a bénéficié d'une grâce médicale du ministre de la justice écossais. Qui jure ses grands dieux que n'ont pesé dans la balance ni des considérations de politique internationale ou de commerce extérieur, ni même l'arrêt de la procédure en cours de révision d'appel du jugement dont d'aucuns pensent qu'elle aurait pu se révéler embarrassante.

Le second est à l'origine d'un conflit entre la Suisse et la Libye depuis sa garde à vue à Genève, en juillet 2008, pour mauvais traitements d'un couple d'employés de maison: deux Suisses sont depuis retenus en otages en Libye. Justice et police genevoises ont agi en toute autonomie, le département fédéral des affaires étrangères était déjà allé loin dans le désaveu abject. Jeudi dernier, le président de la Confédération n'a pas envoyé sa femme mais a pris l'initiative d'aller lui-même à Tripoli. Il a présenté des excuses, signé tout ce qu'on lui a présenté (en particulier l'acceptation d'un Tribunal arbitral international, et des sanctions de la Confédération à l'égard du canton de Genève -- seulement si le Tribunal arbitral confirme les torts de ce dernier, j'imagine?)[3]. Mais il est néanmoins reparti tout seul, contrairement à Bill Clinton en Corée du Nord ou à un simple sénateur américain en Birmanie.

Et les deux pays sont plongés dans la tourmente. Le gouvernement écossais est menacé d'être renversé par son parlement. La Suisse est à l'abri d'une telle mésaventure, vivant en système présidentiel (mais collégial!). Hans-Rudolf Merz risque cependant d'avoir une fin de mandat peu glorieuse voire écourtée, surtout si les otages ne sont pas libérés avant le 1er septembre comme promis[4]. S'ils le sont, c'est cette vieille crapule inoxydable de Jean Ziegler[5], ami indéfectible de Kadhafi comme il l'est aussi de Mugabe, qui pourrait bien leur servir de chaperon: Merz, c'est saint Sébastien[6]!

La dimension fédérale est aussi un élément du drame dans les deux cas: dévolution britannique (mais le gouvernement de Westminster est aussi menacé s'il se confirme qu'il a encouragé la libération du condamné), révolte des cantons solidaires de Genève face à l'abus de pouvoir fédéral[7]. Ajoutons que les deux pays se veulent des modèles de vertu, et s'épanouissent dans la finance.

COMPLEMENT DU 25.08 à 14h20: Le Times d'aujourd'hui opère la jonction entre les deux affaires.

Notes

[1] Du nom du village écossais dont est originaire la grand-mère de mon co-blogueur, mais plus connu pour avoir recueilli les débris et restes humains d'un Boeing de la Pan Am explosé en vol avec tout son équipage et ses passagers.

[2] Lors d'une des étapes de la réintégration laborieuse de la Libye dans la communauté internationale après avoir été un Etat voyou.

[3] Ce qui pose maintenant d'intéressants problèmes juridiques: l'accord est valide sur le plan international, mais nul en droit suisse!

[4] Ici le parallèle écossais c'est qu'entre le retrait de la demande de révision l'appel et la décision sur la libération, on a bien pu croire que les pressions américaines parviendraient à raisonner le gouvernement écossais, laissant le condamné b... (y a-t-il une autre expression?) -- mais alors l'Ecosse affronter la furie de la Libye...

[5] Il a un pendant britannique: l'immonde George Galloway (qui est Ecossais, on n'en sort pas!).

[6] Une métaphore pour le moins paradoxale, me souffle mon co-blogueur, le rattachement de Merz à l'imaginaire homoérotique n'étant pas évident.

[7] Parallèle écossais aussi pour ce volet droit international: toute la résolution de l'affaire de Lockerbie étant régie par un accord multilatéral ad hoc (jugement à La Haye par une Cour écossaise, et la peine doit être purgée en Ecosse...), le gouvernement écossais pouvait-il vraiment seul décider, le gouvernement britannique (dont le chef est Ecossais) pouvait-il s'abstenir d'y faire obstacle? (complément du 26.08 à 17h50)

vendredi 21 août 2009

UBS aux USA, ou la Suisse, le secret bancaire et l'évasion fiscale: «Les vacances de la probité»

J'aurais pu utiliser le proverbe «Point d'argent, pas de Suisse», en lui donnant probablement un sens renouvelé. Si j'emprunte ce titre à un ouvrage de l'universitaire genevois Edouard Claparède, Morale et politique, ou les vacances de la probité, c'est pour rappeler que la critique de la suissitude est, Dieu merci, une partie intégrante de la littérature nationale. Publié en 1940, il est réédité en 1947 dans une «version non censurée».

L'objet du scandale de l'heure n'est pas la neutralité mais le secret bancaire. Ses zélateurs le voulaient subliminalement fondu dans la Croix-Rouge à l'image de la Suisse comme refuge[1]. La conclusion extra-judiciaire d'un accord conclu avec les Etats-Unis[2] en vue de mettre fin à une procédure engagée contre UBS aux Etats-Unis révèle tout autre chose: l'étendue de la corruption morale au sein de la banque, prête à tout pour faciliter l'évasion fiscale à son profit de fortunes américaines; et la veulerie des autorités suisses, à la fois complices de ces actes ni poursuivis ni même dénoncés alors qu'ils sont contraires au droit suisse et aux règles professionnelles, et sans transition délatrices de ces clients courtisés hier, deshumanisés aujourd'hui pour les livrer au fisc américain.

Mais attention, pas n'importe comment, on a sa fierté: les autorités américaines n'ont pu contourner par leur procédure judiciaire en Floride (et leur chantage sur la licence bancaire d'UBS aux Etats-Unis) le droit suisse, elles ont été amenées à respecter la Convention de double imposition entre les deux pays et la procédure d'entraide administrative qu'elle prévoit. C'est toutefois dans une version taillée pour elles, stipulée en minutieux détails par l'accord: ça fait plutôt penser à la ruse minable de celui qui livre le fugitif qu'il abritait en se faisant arrêter également, puis libérer à l'abri des regards. Et admirez le maquignonnage: on disait que l'Amérique exigeait le sacrifice de 5'000 têtes pour apaiser son courroux, eh bien la Suisse a marchandé non pas seulement 4'500, mais carrément 4'450 (pas -10% mais -11%, ah mais!).

Ce qui empêche de considérer cette affaire comme ponctuelle et limitée à UBS mais oblige à y voir un trait national, c'est la remarquable continuité d'attitude qui se dégage:

  • après les bouleversements de la deuxième guerre mondiale, dans les obstacles mis par les banques et par les autorités à la restitution des fonds en déshérence (là aussi jusqu'à la crise, dans les années 90)
  • durant les 30 Glorieuses, des cotisations sociales perçues d'étrangers venus travailler en Suisse puis renvoyés chez eux sans prestations
  • avant que les Américains n'en exposent l'hypocrisie, de la lenteur et de la pusillanimité de la réponse aux demandes d'entraide administrative en matière de fraude fiscale et actes analogues.

Sur le fond, moi je suis ravi que, grâce aux Etats-Unis, la Suisse cesse enfin d'être un Etat voyou favorisant l'évasion fiscale dans les pays amis et alliés. Peut-être ne fallait-il pas attendre du gouvernement fédéral qu'il dise cela. Et bien sûr je ne prétends pas que la Suisse devrait se lever toute entière pour défendre jusqu'au dernier souffle les 52'000 noms réclamés par les Américains (ni même les 4'450): c'est le rôle d'un responsable de prendre des décisions douloureuses, difficiles, c'est de s'y refuser qui est facile. Songeons à l'alpiniste qui doit sacrifier des compagnons de cordée, au chef militaire en opération, et même à ces cas où il faut livrer des victimes promises à un sort terrible pour empêcher l'exécution d'otages. Ceux qui prennent ces décisions le font au plus près de leur conscience, ce sont de vrais héros si le résultat voulu est atteint. Mais ils en mesurent le prix ne vont pas se pavaner devant les caméras pour proclamer leur «fierté» comme l'a fait à propos de l'accord UBS la ministre suisse des affaires étrangères, la socialiste genevoise Micheline Calmy-Rey.

P.S. Tout s'explique, c'était un prêté pour un rendu: MCR couvrait de son aplomb valaisan le ministre des finances (et président de la Confédération en exercice), le conservateur Hans-Rudolf Merz, et lui se prêtait à un acte d'auto-flagellation qui pour elle aurait été doublement embarrassant[3] en allant s'excuser auprès du colonel Khadafi de la manière dont la police et la justice genevoises ont traité son fils.

Notes

[1] Un autre rappel que certains Suisses au moins font quelque chose d'utile.

[2] L'accord est double: entre UBS et le fisc américain et entre les autorités suisses et américaines.

[3] Triplement si l'on ajoute l'impair Ahmadinejad que cela aurait immanquablement rappelé.

dimanche 16 août 2009

Et si Jésus avait été gai (suite sérieuse des 14 arguments)

''Les 14 arguments démontrant que Jésus aurait pu être gai[1] ont aussi fait l'objet d'un article mis en ligne sur le site des blogs de la Tribune de Genève. Ils ont fait l'objet de questions et de réponses, dont celle d'un aimable lecteur demandait quelles eussent été les conséquences si Jésus en avait été. Et voici la réponse, plus longue et plus sérieuse que ce qui précède, que je viens de rédiger à son intention. '' Bonne question difficile à s'imaginer la situation. A l'époque, on ne raisonnait pas dans les mêmes catégories. Tout le monde était considéré comme hétéro – pour le grec, c'était une loi de la nature, pour le juif, c'était dans l'ordre de la Création. Il n'y avait donc pas d'homosexuels: il n'y avait que des gens qui, quand ils passaient éventuellement à l'acte, déviaient par rapport à leur nature. Donc, pour un observateur qui ne ne connaissait pas Jésus intimement, ça n'aurait rien changé. Dans les Evangiles canoniques, on ne dit pas explicitement s'il a aussi eu une disciple préférée, ni s'il avait voeu de chasteté. Donc pour nous, les spéculations pour savoir s'il a été hétéro ont aussi un degré d'incertitude.

En revanche, dans un évangile apocryphe attribué à Marie Madeleine, les disciples mâles sont jaloux de la préférence de Jésus pour Marie Madeine, préférence que Jésus revendique. (Certes, pour l'auteur, c'est à mettre sur un plan spirituel.) La réponse de Jésus est très savoureuse. En substance: "Ah, vous demandez pourquoi je la préfère? combien de temps devrai-je encore vous supporter, vous ?! C'est justement parce que vous êtes jaloux que je la préfère elle. "Revenons à votre question. S'il avait eu des inclinations, il n'aurait probablement pas pas passé à l'acte, car c'était inconcevable à l'époque. Mais célibat, qu'on peut induire du texte des quatre évangiles canoniques, aurait revêtu une autre signification à ses yeux et aux nôtres, comme le l'épithète unique du de "préféré" pour un disciple.

Du point de vu de son enseignement, je ne vois pas ce que cela aurait changé. Sa relation intime au Père, son amour envers les humains de Dieu , ses miracles auraient été les mêmes. Sa condamnation de l'hypocrisie acquerrait un surplus de signification. Idem quand il renonce leur sens au pur et à l'impur: pour Jésus, ce n'est pas l'attention à ce qui entre et et sort dans le corps (le ventre), mais ce qui sort du coeur. Bref, la prise en otage de la Torah qui est interprétée prise selon la lettre et non selon l'esprit. Même son avis sur l'indissolubilité ne change rien: Jésus met en évidence l'hypocrisie de ses interlocuteurs. Jésus leur que Moïse a consenti autorisé le divorce par réalisme, parce que les hommes (les mâles avant tout, à qui Jésus s'adresse) sont incapables de résister à leurs désirs, au détriment de l'épouse légitime. Ce qui revient à dire que Moïse a autorisé le divorce pour que ces femmes ne soient pas contraintes de rester toute vie prisonnières et dépendantes le restant de leur vie d'un mari qui ne les aime plus.

Encore une fois, je en pense pas que l'éventualité d'une orientation homosexuelle de Jésus aurait changé grand chose, cela donnerait simplement un autre accent, un autre poids à certains gestes ou paroles. Mais Jésus, subjectivement parlant, aurait pu ressentir sa singularité avec plus d'intensité. Et lors de son arrestation et de son agonie, le sentiment de trahison par ses amis et d'abandon par le Père auraient peut-être été encore plus intense (si c'est possible).

Il serait devenu tout proche de ceux et celles d'entre nous qui vivent l'exclusion, qui intériorisent la condamnation ambiante qu'ils perçoivent en se détruisant, en se faisant du mal.De même, pour nous, nous pourrions concevoir encore plus concrètement sa proximité et son accueil des petits, des pauvres, des prostituées et des parias d'entre les parias: ces juifs collabos, ces riches percepteurs d'impôts, honnis entre les honnis, qui pressuraient leurs concitoyens (et parmi eux, certainement les petits, les pauvres) en s'octroyant une marge exorbitante sur les montants exigés par l'occupant romain. Non, non, rien n'aurait changé. Si on se penche sur chaque récit de rencontre de Jésus, on se rend compte que l'affection, la compassion, la tendresse, ou la sévérité ne dépendent pas de l'orientation sexuelle. Ou bien?

Notes

[1] Cf. billet précédent

jeudi 13 août 2009

Quand le NHS vient «plomber» la réforme de santé d'Obama

Dernière édition: 25.08 à 22h35

La campagne «pour» ou «contre» le projet couverture maladie universelle bat son plein aux Etats-Unis et prend un tour à vrai dire préoccupant: à croire que le terrain n'est pas encore bien préparé pour cela. Et, c'est la loi du genre, il y a aussi pas mal de fantasmes à dissiper, de représentations collectives dans lesquelles il faut pouvoir se situer.

L'une de ces batailles symboliques concerne le NHS britannique: un système de santé étatisé et gratuit ouvert à tous -- mais dans lequel, le patient est vraiment cela, pas un client, à peine une personne, mais vraiment un organisme à soigner au meilleur coût en suivant des procédures et des objectifs planifiés de manière centralisée et technocratique. C'est bien sûr l'opposé le plus complet du système américain actuel qui ne connaît qu'un marché de la santé (florissant) avec des assurances commerciales, souvent liées à l'employeur (cela fonctionne bien pour la majorité de la population), un filet social assuré par les pouvoirs publics pour les nécessiteux, et entre deux une situation certes insatisfaisante, mais qui ne concerne qu'une minorité. On comprend que les défenseurs du statu quo utilisent le NHS comme repoussoir.

Obama aurait bien sûr tout intérêt à démontrer que son système de couverture maladie, fondé de manière souple sur des assurances individuelles, n'a vraiment rien à voir avec un système «stalinien»[1]... que cela correspond en réalité à ce modèle dans l'imaginaire universel, la Suisse de Heidi! L'ennui c'est que les Britanniques (Gordon Brown en tête) ne jouent pas le jeu et tiennent à défendre le NHS vis-à-vis des Américains, mobilisant Twitter pour cela. On n'est vraiment trahi que par ses amis.

COMPLEMENT DU 25.08 à 22h35: Je découvre que l'économiste Paul Krugman a développé "mon" argument sur le modèle suisse dans sa chronique du New York Times du 16 août. Qui est publiée en français sur le site de la RTBF!

Notes

[1] Même si pour ma part je crois qu'il aurait eu tout intérêt à viser plutôt un système de compte d'épargne santé obligatoire comme à Singapour.

dimanche 9 août 2009

Pat Condell: Jésus était-il gai? + Ma réponse en 14 arguments

La découverte de cette vidéo de Pat Condell (parmi d'autres de cet auteur) m'enchante.

Ce dernier, en effet, un auteur et humoriste britannique, athée militant, hétéro, répond d'une manière stupéfiante de bon sens et qui m'enchante à ces deux questions:

  1. Comment annoncer à des parents fondamentalistes qu'on est homo athée
  2. Jésus était-il gai?

En réfléchissant de mon côté à la deuxième question, voici 14 arguments qui me sont venus à l'esprit, que je n'ai pas tous trouvés tout seul. Certains sont sérieux, d'autres moins, mais plus d'un devrait sauter aux yeux de toute personne qui se penche sans a priori sur la question:

  1. Il est question d'un disciple que Jésus aimait.
  2. La seule autre fois où il est dit de Jésus qu'il aime quelqu'un c'est à propos du jeune homme riche dont il (Jésus) aurait bien aimé qu'il le suivît.
  3. Jésus était célibataire, ce qui était quasiment inconcevable à l'époque, à moins d'être eunuque
  4. Jésus a justement abordé le thème des eunuques: eunuques de naissance / rendus tels / ou par choix
  5. Jésus s'est entouré d'hommes
  6. Jésus a aussi eu pas mal de de femmes parmi ses disciples, ce qui était une première pour l'époque. Or qui d'autre que des gais ont beaucoup d'amies femmes?
  7. Et qui d'autres que des gais ont une meilleure copine (comme ce fut le cas avec une certaine Marie Madeleine)?
  8. L'évangile de Marc mentionne un jeune homme (sous-entendant que c'était un proche) qui était nu sous sa tunique qu'il a laissée pour s'enfuir lors de l'arrestation de Jésus
  9. Un évangile apocryphe glose sur ce jeune nu
  10. Jésus a redéfini la notion d'impureté dans la Loi (hypocrisie et absence d'amour)
  11. Jésus a transgressé les tabous légalistes de son époque
  12. Jésus a guéri le serviteur d'un officier romain. "Serviteur" est un euphémisme pour "esclave". Or un officier romain n'en aurait pas fait autant pour un esclave ordinaire. Par contre, on sait qu'à l'époque, il était admis que des personnes haut placées dans la hiérarchie militaire aient un favori (c'est aussi un euphémisme), qu'on pourrait aussi appeler "mignons"
  13. Jésus a été transfiguré sur une montagne, comme une drag queen sur un char de la street parade (il n'y a quasiment plus de drag queen dans les gay prides)
  14. Last but not least – et je le pense très sérieusement, au-delà du gag apparent. En descendant sur terre, Dieu a fait son coming-out. En effet, jusque là, il était un dieu caché dans son placard céleste, personne ne l'avait vu, personne ne soupçonnait son existence, sa véritable identité, à savoir un Dieu d'amour qui aime et accepte les humains sans conditions, etc. Mais, dans la personne de Jésus, il s'est pleinement montré comme il était.

samedi 8 août 2009

Parité à la tête: c'est possible!

Harriet Harman n'est probablement guère connue en dehors du Royaume-Uni. C'est la No 2 du parti travailliste, élue il y a 2 ans pour succéder dans cette fonction à John Prescott en battant une série de candidats mâles tandis que Gordon Brown devenait, sans opposition, leader et donc premier ministre à la suite de Tony Blair[1].

Dimanche dernier[2], elle a proclamé que les hommes laissés à eux-mêmes faisaient mauvais usage du pouvoir (voyez les banques) et qu'en somme il était indispensable d'institutionnaliser cette parité au sommet qui existe aujourd'hui à la tête du Labour. On imagine le débat convenu que cela a provoqué, les commentateurs et plus encore les commentatrices reprochant à Harman d'assurer par avance sa réélection après le départ attendu de Brown[3] et surtout de vouloir imposer un favoritisme protectionniste qui, tel un quota, nuit en réalité à la légitimité des femmes en politique. Acquis pour ma part à la parité généralisée parce qu'elle est inscrite dans la personne humaine, j'ai déjà décrit comment elle peut, juridiquement, être mise en oeuvre sans aucun favoritisme ni quota. Et cela pour des élections parlementaires tant au système proportionnel qu'au système majoritaire. Mais je ne voyais hélas guère comment arriver de manière raisonnable au résultat voulu dans ce qui est bien une élection uninominale (et Harriet, en bonne politicienne, s'est bien gardée de s'avancer sur cette question d'intendance).

Et puis, eurêka, la solution m'est venue -- alors que je pliais du linge sorti de la machine à laver! Si un décalage dans le temps des deux élections (leader d'abord, avec des candidats des deux sexes, puis No 2 ouvert seulement aux candidatures du sexe opposé) n'est pas très satisfaisant, un mode de scrutin donnant aux membres[4] deux voix pour le poste de deputy leader, l'une pour choisir parmi les candidats, l'autre parmi les candidates, me semble respecter toutes les conditions. Nul n'est empêché d'être candidat. Nul n'est déclaré élu alors même qu'il aurait été battu aux voix par un concurrent[5]; c'est le sexe de la personne élue leader qui, conformément à un principe fondamental de parité que le parti aura lui-même reconnu, détermine lequel des deux deputy leaders-elect entre en fonction. Ajoutons quelques règles supplémentaires de bon aloi (n'appliquer ce mode de scrutin que pour autant qu'il y ait au moins deux candidats de chaque sexe, voire que l'élection du leader ait été disputée par des représentants des deux sexes) et, en effet, la proposition Harman, au départ coup médiatique en profitant des vacances de Gordon Brown, est parfaitement apte à être transcrite dans les statuts du parti. Chiche?

Notes

[1] C'est une des curiosités britanniques, pour un étranger, que l'organisation des partis paraît répondre à une géométrie bonapartiste que les partis continentaux n'ont pas. Tous ont une tête bicéphale avec leader et deputy leader, tous tiennent une conférence annuelle en septembre, tous publient un Manifesto en vue des élections parlementaires: un vrai jardin à la française!

[2] Dans une opération médiatique bien montée combinant le Sunday Times et l'émission politique phare d'Andrew Marr à la télévision le dimanche matin.

[3] Ce qui est la sousestimer: il est probable qu'elle sera parmi les candidats pour lui succéder.

[4] Ca c'est une spécificité travailliste, conservateurs et libéraux démocrates laissent le leader choisir son No 2.

[5] Comme, soit dit en passant, c'est possible en Suisse, sans soulever la moindre indignation, pour l'élection populaire des membres du gouvernement des cantons de Berne et du Valais -- afin de garantir un siège à la minorité francophone.

mardi 4 août 2009

La volonté de savoir (à propos du Mal)

Un billet récent[1] d'Eve Garrard, publié sur le blog de Norman Geras, s'interroge sur l'absence d'explication logique qu'on peut donner aux atrocités commises par l'être humain. Cela a fait écho pour moi à la thèse développée par une théologienne protestante[2] qui depuis est devenue une star.

La thèse, géniale et à mon avis inédite (ou jamais entendue sous cette forme) c'est que, dans le récit sur Adam et Eve, le mal est déjà là (sous la forme du serpent). C'est comme ça, c'est inexplicable. Vouloir l'expliquer, le comprendre, le maîtriser (au lieu de lâcher prise[3]), c'est ça, le péché originel. Tel est le sens de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. C'est la volonté d'un savoir définitif sur le bien et le mal, qui constitue le passage à l'acte au niveau de l'humain (je résume grossièrement). C'est dans ce sens qu'on dira que la connaissance du bien et du mal est réservée à Dieu. L'homme s'en sert pour dominer et aliéner lui-même et son semblable. La caricature de cette human attitude, c'est l'esprit sectaire et fondamentaliste qui sait.

Ce tabou salutaire lié à la connaissance du bien et du mal n'a donc rien à voir avec les interprétations funestes qui veulent y voir une condamnation du savoir et de l'émancipation scientifique ou de l'expérience de la sexualité. On retrouve cette intuition dans le proverbe Qui veut faire l'ange (qui est esprit, donc connaissance, à l'état pur) fait la bête...

Notes

[1] Norm lui fait suite dans celui-ci.

[2] Lytta Basset dans Le pardon originel, Labor et Fides, Genève 1994

[3] Pour utiliser une terminologie qui a eu été en vogue et bien souvent à juste titre.

Terrorisme animaliste

Longtemps après la Grande-Bretagne, la Suisse découvre le terrorisme d'une frange extrémiste des protecteurs des animaux: violation de sépulture la semaine dernière, incendie d'une résidence secondaire hier.

On n'en est encore qu'aux débuts: celui qui est visé n'est rien moins que le patron de Novartis, Daniel Vasella, au travers du vol de l'urne contenant les cendres de sa mère (en Angleterre, c'est un cercueil qui avait été "enlevé") et de l'atteinte à ses biens. Mais la logique de l'action terroriste est de s'attaquer à des cibles plus molles, pour lesquelles résister au chantage représente un coût bien trop élevé: non pas le grand patron (qui ne va pas connaître son chemin de Damas, ni ne pourrait renverser à lui seul la politique d'une multinationale), mais les administrateurs, les actionnaires, voire les voisins de Vasella, les parents d'élèves fréquentant la même école que ses enfants...

Le terrorisme animaliste a conduit, en Grande-Bretagne, à devoir modifier des lois pour protéger les victimes potentielles (secret sur les données personnelles des administrateurs ou du personnel des laboratoires Huntingdon, par exemple)...

lundi 3 août 2009

7e année

Dernière édition: mardi 04.08 à 23h

C'est celle qu'entame notre blog, puisqu'il a débuté le 3 août 2003 sur Blogger, qui n'avait pas encore été intégré à la galaxie Google. Et nous continuons notre bonhomme de chemin, explorant aussi à l'occasion les autres voies qu'offre le Net (Facebook, Friendfeed etc.).

Cela peut donner l'impression que nous prenons de la distance par rapport à ce blog (et indéniablement le nombre de billets ici est sujet à fluctuations)... mais c'est peut-être simplement une diversification des moyens de publier, d'intervenir et de débattre. Pour donner un exemple: grâce à Google Reader, tant Guillaume que moi sommes à même de signaler un nombre et une variété de choses vues sur le web bien plus importantes que nous ne pourrions les rapporter s'il fallait à chaque fois leur consacrer un billet (et oui, chacun d'eux un fil de syndication auquel vous pouvez vous abonner aussi). Nouveautés du 4 août: il y a désormais, grâce à Friendfeed, un fil commun 3 en 1 (14h30) et, tant qu'à faire, vous pouvez aussi nous suivre sur Twitter (23h)!

Bref, l'aventure continue!

COMPLEMENT DE GUILLAUME BARRY DU 04.08 à 0h30

Comment faisait-on avant internet, les e-mails, les ordinateurs domestiques? Avant la téléphonie avec ou sans les fils ou les satellites? Avant les tunnels transalpins percés pour les trains? Avant les révolutions coperniciennes physique et conceptuelle? Avant la révélation qui allait qui redonner son sens – anthopocentré – à une religion devenue aussi aliénante que les autres? Comment faisait-on avant la roue ou la conquête du feu?

Comment faisait-on avant les blogs? Est-ce plus facile à se l'imaginer que pour les quelques inventions ou innovations mentionnées ci-dessus? Les fenêtres grandes ouvertes, le vent (qui en hébreu a donné son nom à l'esprit)! De l'oxygène. La fin des pensées uniques de gauche ou de gauche (pour imiter humblement Pierre Desproges que je suis en train de redécouvrir), ce, pour autant qu'on le voulût. Voilà comment je me représente l'avènement des blogs.

Bientôt sept années de vaches tantôt grasses tantôt maigres, selon l'ampleur de nos inspirations; des vaches tantôt sages (pour en intéresser d'autres que nous, il fallait viser l'originalité dans la crédibilité, ne pas céder à la tentation de ne se faire plaisir qu'à soi), tantôt folles (on osait quand même s'exprimer plus librement que sur les supports connus jusqu'alors).

Je me demande bien ce qui constituera la prochaine révolution technnologique, médiatique ou philosophique. Par définition, on ne peut pas le savoir. J'espère juste que nous pourrons y participer parc que l'élan, la curiosité, l'enthousiasme avec lesquels nous nous sommes lancés dans l'aventure n'auront pas trop subi les outrages du temps.

dimanche 2 août 2009

L'Iran de Guillaume II?

L'intellectuel américain Francis Fukuyama (démocrate, pas bêtement "anti-guerre" mais pas "neocon" non plus), publie une analyse juridico-historique qui ne me paraît pas inintéressante du régime iranien et du rapport entre la religion et le droit. Je ne suis pas forcément convaincu du caractère universel de la reconnaissance de la suprématie du droit par les religions comme étape de l'évolution des régimes politiques (illustration boudhiste? shintoïste?), et j'espère que sa lecture des articles de la Constitution iranienne ne ressemble pas trop à ce que l'on pouvait faire avec la Constitution stalinienne de 1936. Mais voyez vous-mêmes.

samedi 1 août 2009

Auto-école capitaliste apatride

A propos de l'autopartage, ce nouveau mode d'avoir une voiture "où je veux, quand je veux", sans l'inconvénient de la posséder (et de n'avoir qu'un seul modèle disponible!), j'avais déjà été fasciné par la manière dont le génie national de trois pays organisait différemment la même chose: du réseau coopératif suisse à l'approche commerciale britannique à l'impulsion étatique française.

Eh bien je suis tombé l'autre jour sur un nouvel exemple: alors qu'en Suisse (je date peut-être un peu? vous me le direz dans les commentaires) les moniteurs d'auto-école sont pour l'essentiel des indépendants, en Grande-Bretagne ce sont principalement des entreprises qui occupent le terrain. Et voyez la taille: la plus grande, BSM (propriété d'un groupe d'investissement allemand), va prendre livraison de 3'500 Fiat 500 par an pendant 4 ans, soit 14'000 véhicules. Ce choix a été fait après un appel d'offres disputé, et pour cause: 70% des élèves conducteurs achètent ensuite le modèle sur lequel ils ont appris à conduire. On comprend dès lors pourquoi Vauxhall fournissait jusqu'à présent gratuitement la Corsa (oui, c'est l'Opel). Effet de masse et économie d'échelle qui sont deux caractéristiques d'un capitalisme efficace qui n'a plus rien à voir avec l'artisanat.

Entre parenthèses et quoi qu'on en dise, la bagnole ne paraît pas encore détrônée dans son rôle de symbole socio-culturel immédiatement appréhendable...

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      At least 16 children and a teacher are killed in a fire on their school bus in the eastern Pakistan of Gujrat, police say.
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