septembre 2007 - Un swissroll

Un swissroll

Depuis août 2003, blog-notes de l'actualité (gaie ou non!) sur terre, au ciel, à gauche, à droite, de Genève, de Londres...

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mardi 25 septembre 2007

Gros mots: après libéral, démocrate?

Curieuse tribune d'un membre du bureau national du PS français, François Delapierre, dans Le Monde de ce matin. Il relève la situation étonnante dans laquelle "un membre du gouvernement sur cinq avait au début de l'année sa carte du PS", mais est prêt à se reconnaître des points de compatibilité avec des politiciens de droite. Et il relie à cela la difficulté du PS à trouver sur quel terrain critiquer l'action gouvernementale.

Mais au lieu de se féliciter, par exemple, que dans une société complexe on n'en soit plus forcément à une situation d'affrontement global, proche de la guerre civile, ou de se demander si ce n'est pas le PS qui a peut-être perdu le contact avec la réalité, il s'en prend à la dérive "démocrate" qui aurait affecté le parti. La première fois, j'ai pensé à un mastic: il voulait dire "sociale-démocrate", avec la nuance de mépris que cela peut comporter pour certains. Mais non, l'expression revient une deuxième fois...

vendredi 21 septembre 2007

Je vole sans CO2 (ou: tout vient à point à qui sait attendre)

Il y a trois ans, dans la foulée de ce billet, j'avais écrit à Stelios, le charismatique fondateur d'easyJet, imaginant avec la modestie qui me caractérise qu'il ne lisait pas forcément ce blog. Enfin, j'avais simplement utilisé la formule figurant sur le site permettant de communiquer toute critique ou suggestion à l'intention de l'entreprise. Je m'attendais légitimement à avoir ma photo dans le magazine de bord quelques mois plus tard, mais bernique: pas même un accusé de réception électronique!

Il y a quelques mois, repérant dans un édito l'adresse email personnelle du directeur actuel, je me suis dit que j'allais remettre la compresse, et puis vous savez comment ça va, hélas. Alors c'est avec des sentiments mélangés que j'ai appris l'autre jour que Swiss et Lufthansa mettent en place le système que je préconisais: proposer à la commande du billet de payer le montant nécessaire à compenser, par des projets écologiques, l'émission de CO2 entraînée par le vol.

Mais quelle n'est pas ma joie de découvrir ce matin que ça existe sur easyJet depuis début août! A vrai dire, c'est vraiment du facultatif optionnel: ils auraient pu, comme pour l'assurance-voyage ou le bagage enregistré, présumer le consentement quitte à ce qu'il puisse être révoqué; ou au moins contraindre le client à se poser la question, comme pour le motif du vol que l'on ne peut laisser indéterminé... Mais bon, en tout cas maintenant c'est facile. Et depuis 2004 le prix semble même avoir baissé!

jeudi 20 septembre 2007

Jouez au Kiladikan

1. C'est de ce qui n'appartient ni à toi ni à tes sujets que tu peux être plus généreux donateur, comme le furent Cyrus, César et Alexandre. Dépenser le bien des autres, en effet, ne nuit en rien à ta réputation, mais l'enrichit. C'est seulement le fait de dépenser ton bien qui est néfaste.

2. Tandis que les individus tendent, poussés par leur égoïsme à l'atonie sociale, l'Etat représente une organisation et une limitation. L'individu tend continuellement à s'évader. Il tend à désobéir aux lois, à ne pas payer les impôts, à ne pas faire la guerre. Peu nombreux sont ceux – héros ou saints – qui sacrifient leurs biens sur l'autel de l'Etat. Tous les autres sont en état de révolte potentielle contre l'Etat. Les révolutions des XVIIe et XVIIIe siècles ont tenté de résoudre ce conflit qui est à la base de toute organisation sociale d'Etat en faisant surgir le pouvoir comme une émanation de la libre volonté du peuple. C'est une illusion de plus.

La réponse est sous le chapô.

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mercredi 19 septembre 2007

"Facebook or not Facebook? That is the question"

Ca a commencé avec l'invitation d'une amie britannique plutôt excentrique: je pouvais ne pas donner suite. Mais la suivante est venue d'un blogueur romand tout ce qu'il y a de plus sérieux, intello et père de famille... Bref, dois-je me résoudre à surfer sur la dernière vague du Net? Ou puis-je me permettre de l'observer de loin (voire de l'ignorer, comme je le fais des jeux en ligne ou de Second Life[1])? Un sondage parmi nos amis de Lieu Commun[2] reflète très bien l'ambivalence que je ressens, de la méfiance granitique à l'enthousiasme effusif en passant par l'appel à la prudence de celui qui a accepté une invitation et croule sous les sollicitations d'"amis" qu'il ne se connaissait pas!

Facebook est ce qu'on appelle un "réseau social", un site qui utilise les outils les plus avancés du web (2.0) et les combine pour permettre à des personnes (l'individu est l'unité de base qui, une fois membre, dispose de sa "page" -- mais c'est beaucoup plus qu'une page, plutôt un véritable site personnel: voir la présentation) d'interagir entre elles: dernières nouvelles, photos, vidéos, liens relevés sur le Net, on peut tout centraliser là et partager avec ses "amis" (dont on peut d'ailleurs hiérarchiser l'accès), et tout savoir d'eux[3].

Dans l'économie de l'Internet plus encore qu'ailleurs, il existe un avantage important pour le premier entrant sur un marché: le précurseur, MySpace, a quelque 200 millions d'inscrits. Rupert Murdoch, le géant des médias que son âge n'a nullement empêché d'être celui qui a le mieux compris la révolution de l'Internet, en a fait un des fleurons de sa couronne (qui va du Sun au Wall Street Journal en passant par Fox et Sky TV, le News of the World ou The Times). A l'époque, ça paraissait pourtant encore un truc plutôt destiné aux ados ou aux étudiants: manifestement ce n'est plus le cas. Mais les choses peuvent aussi changer rapidement[4]: Facebook est le site qui monte et revendique plus de 40 millions de membres[5]. Ce qui en fait la force est aussi ce qui me retient: le côté annuaire, ce serait bien pratique s'il était exhaustif; mais en même temps ce n'est rien d'autre qu'une réduction, appauvrissante voire totalitaire (et sous contrôle éventuel), du potentiel du web par l'interconnexion de pages personnelles normalisées, avec certes l'avantage d'une utilisation plus ludique et plus intuitive. Et j'ai envie de me rebeller contre cette "privatisation" d'un Net dont la richesse chaotique et libertaire fait toute la valeur: "Le premier qui, ayant enclos un terrain, s'avisa de dire 'Ceci est à moi'...".

D'une certaine façon, le réseau social est aussi l'ultime avatar de cette forme première de l'Internet, la liste de discussion (à l'époque exclusivement par échange de mail à une adresse collective: chacun reçoit ou envoie un message dont le contenu est destiné à être lu par tous[6]). Ces listes sont devenues des groupes hébergés sur le web, dotés déjà de fonctionnalités supplémentaires: outre l'échange de messages, la possibilité de mettre en commun des photos, des vidéos ou d'autres fichiers (et même, chez Google, de faire de l'édition collaborative sur texte). Avec le réseau social, il faut encore se connecter à sa page personnelle (c'est probablement la page de démarrage), mais l'on y reçoit automatiquement tout ce à quoi l'on a souhaité s'inscrire et l'on peut picorer jusqu'à l'indigestion dans les pages de ses "amis"...

A cet égard, je vois bien l'intérêt du réseau social dans un champ limité: sans même parler de Flickr ou YouTube et autres sites permettant de retrouver des amis d'études, je suis tombé sur ce réseau sur l'utilisation d'outils web 2.0 dans l'enseignement... ou cette ébauche de réseau social du Bloggy Friday lausannois: 6 membres, aucun contenu[7] [8]. Comme aussi avec les hébergements gratuits qui permettent de créer des pages web ou des blogs, quand on consulte la liste des utilisateurs du splendide outil de création de réseaux virtuels Ning (disponible en français) que j'ai découvert en préparant ce billet, il y a plus de coques en calle sèche et de radeaux à la dérive que de vaisseaux naviguant fièrement. Tout ça demande du travail, du temps.

La vraie difficulté, aujourd'hui, consiste à choisir l'outil adapté à ce que l'on veut faire, aux utilisateurs et à la dynamique probable: page web statique? album photo en ligne? groupe de discussion? forum en ligne? blog? réseau social? Mais je ne crois pas que Facebook peut se substituer à tous ces outils.

(A suivre), probablement!

COMPLEMENT DE GUILLAUME LE 20.09 à 12h39: Pour ma part, j'en suis déjà sans en être complètement (encore). Si je me décide à y mettre du temps, à qui, à quoi vais-je soustraire ce temps? Au niveau du principe, de la technique et de l'aspect, l'entreprise m'est plutôt sympathique. J'ai un peu de peine avec ce qui semble une multitude de gadgets, mais probablement que je les appelle ainsi tant que je n'en ai pas profité.

COMPLEMENT DU 29.09 à 12h45: Un fascinant portrait du créateur et patron de Facebook, Mark Zuckerberg, 23 ans, dans le FT Weekend de ce matin. Et j'ai corrigé ci-dessus une confusion entre MySpace (le site racheté par Rupert Murdoch) et Facebook.

Notes

[1] Encore que, pour faire le lien, je suis allé voir, et ça a quand même l'air prenant...

[2] Un réseau virtuel à l'ancienne, qui repose sur la lecture de nos blogs respectifs, des rencontres occasionnelles (moi je n'en ai vu qu'un certain nombre, et une seule fois, les Parisiens se croisent plus souvent), des échanges de mail, des chats ou des conversations sur Skype et, je ne pense pas trahir un grand secret en en faisant état, un groupe Google).

[3] A cet égard Facebook devient le complément obligé de Google pour tout employeur (curieux à l'égard d'une candidature), journaliste ou autre fouineur.

[4] Voir comment, pour les moteurs de recherche, la suprématie alors détenue par AltaVista a été détrônée par Google.

[5] Dont il faudrait toutefois retrancher tous ceux qui se sont inscrits pour voir mais ne l'utilisent pas.

[6] Ce qu'il est facile d'oublier, avec le parasitage que cela engendre, avant même l'arrivée du spam, tant sous l'angle de l'aparté qui agace les autres destinataires que celui de l'individu qui répond comme s'il était le destinataire unique du message.

[7] Chacun fait ses essais: moi, j'ai bien quelque part un wiki personnel mais, tel un marteau en quête de clou, je suis toujours à la recherche du besoin qu'il me permettrait de satisfaire!

[8] Comme on le voit, il est encore un peu difficile de trouver des applications où l'Internet est seulement un outil, et non à la fois le moyen et la fin... sauf en matière de rencontres et de sexe, ce vrai moteur pédagogique du web, mais ce blog entend rester tous publics ;-) .

lundi 17 septembre 2007

Des dixièmes de points qui vous font ou vous défont un parti?

Pour un parti A qui a perdu 1.1 % d'intentions de vote depuis le dernier sondage, on dit qu'il "plonge" à 14.4 %[1] Pour un parti B qui n'"égare" que 0.2 % [2] pour passer à 15 %, on dit qu'il devient la troisième force politique.

C'est que le parti B "Poussé par sa volonté de reconquérir un siège au Conseil fédéral, beaucoup plus présent sur les thèmes prioritaires et emmené par un président qui rassemble... mobilise son électorat et surtout n'en perd pas au profit des autres formations, analyse Claude Longchamp, directeur de l'institut gfs.berne qui réalise le sondage. L'observation parfaitement inverse s'applique actuellement au Parti A."

Observer que tel parti (en l'occurrence les Radicaux, droite centre droite) manque d'un leader charismatique qui sait (se) vendre, à l'opposé de tel autre parti (Démocrates chrétiens, centre droite centre gauche centre), est une chose. Dire que ce dernier devient la 3ème force politique[3] pour un écart de 0.6 points en est une autre.

A partir de cet article du Temps.

Notes

[1] contre 17.3 % en 2003

[2] On ne dit pas dans l'article à combien il était en 2003

[3] Derrière l'UDC de Blocher et le PS

vendredi 14 septembre 2007

La gauche moderne des Gracques

Retour de vacances, qui furent excellentes, merci! Et le plaisir de lire ce matin dans Le Monde le manifeste pondu par les Gracques, Pour une gauche moderne. Une société plus juste, Une politique plus vraie (5 principes) et 15 valeurs pour agir: on s'émerveille de pouvoir lire en français des choses simples énoncées tranquillement, avec clarté. Je ne peux m'empêcher d'y trouver des correspondances avec le Manifeste radical Ciel et Terre de Jean-Jacques Servan-Schreiber, la Troisième Voie de Clinton et Blair ou le Manifeste d'Euston (qui est comme les Gracques une initiative hors partis).

dimanche 9 septembre 2007

Gog et Magog vus de Lausanne

Le Matin Dimanche d'aujourd'hui[1] annonce qu'un professeur d'Ancien Testament, Thomas Römer de l'Université de Lausanne, a été, en 2003, consultant théologique du président Jacques Chirac. C'est déjà un scoop en soi. Mais la suite est encore plus décoiffante. La question portait sur un élément de l'apocalyptique vétéro-testamentaire, à savoir le conflit entre Gog et Magog. Ce sont les noms de personnages individuels ou collectifs (tribus?) de la fin des temps qui obsèdent la pensée fondamentaliste en général et celle des fondamentalistes américains en particulier[2]. On sait que cette forme de culture biblique particulière imprègne Bush lui-même. Au point que dans une conversation téléphonique avec Jacques Chirac au sujet de l'intervention en Irak, il s'est référé à Gog et Magog, provocant la perplexité de son interlocuteur. D'où un mandat très inattendu de la part de l'Elysée qui a abouti au Professeur Römer[3]. Dans un tout autre domaine, voilà qui pourrait donner des idées à Nicolas Sarkozy: Thomas Römer étant aussi l'un des deux auteurs de "L'homosexualité dans le Proche Orient Ancien et la Bible", dont nous avons parlé ici, va-t-il être consulté par le président actuel dans le cadre de son action contre l'homophobie ?

On a beau être antiantiaméricanisme primaire, il faut reconnaître que le fondamentalisme beaucoup plus répandu là-bas reste quelque chose d'insupportable - et n'est pas moins insupportable pour un croyant non fondamentaliste. Les thèmes eschatologiques (relatifs à la fin des temps) sont une obsession typique des schémas de pensée fondamentalistes, aux effets tantôt exotiques, tantôt pervers.

Les effets exotiques, c'est tout ce qui se rapporte au thème de l'enlèvement – en anglais rapture[4] des élus au moment du retour du Christ, croyance fondée sur des textes bibliques. Comme les autocollants ou les plaques de voitures qui avertissent ou plaisantent sur le moment où la voiture se retrouvera sans conducteur. Moins plaisant, c'est quand on fait intervenir sur un même niveau des interprétations des grandes batailles apocalyptiques où apparaissent des noms comme Gog, Magog et Armaguédon avec des considérations politiques, géopolitiques, et géostratégiques.[5]

Et c'est ainsi que les tentatives de légitimer bibliquement Israël desservent la cause de l'Israël que je soutiens. Tout comme les fondamentalismes déshonorent, ridiculisent et décrédibilisent la foi. Alors que le mérite d'Israël, à mes yeux, est d'être le seul Etat vraiment démocratique de la région, où les milieux religieux exercent certes leur influence, mais où c'est le peuple qui a le dernier mot, peuple dont une bonne proportion n'est pas croyante. A noter que "démocratie" n'est pas synonyme de "justice" dans le traitement de certaines populations à l'intérieur ou à l'extérieur des frontières.[6]

J'écris cela sous l'emprise de l'émotion suscitée par le dessin animé Persepolis vu hier, qui a tout à voir avec ce qui précède. C'est étonnant comme un graphisme plutôt minimal n'empêche aucunement d'avoir la larme à l'oeil.

Notes

[1] Qui se réfère à un article du magazine "Allez savoir" de l'Université de Lausanne

[2] avec aussi la bataille d'Armaguédon

[3] Via le Service biblique de la Fédération protestante de France

[4] Cf. l'article Wiki; cf. aussi cette image

[5] Ceci dit, les protestants non fondamentalistes choqués aujourd'hui à juste titre par l'apocalyptomanie sont moins mal à l'aise avec la rhétorique de leurs ancêtres dans la foi qui taxaient le Pape d'Antéchrist...

[6] Même si cette année la Gay Pride de Jérusalem a dû se faire sous très haute surveillance, et même si on enregistre une recul (provisoire?) pour l'égalité en matière de droits de successions, Israël reste aux yeux des gais palestiniens le paradis malheureusement inaccessible la plupart du temps.

mercredi 5 septembre 2007

Jean Baptiste, Jésus et la fin du monde

Dimanche dernier, comme allusion y a été faite dans le billet précédent, votre serviteur prêchait sur la fin du monde (voilà pour le teasing) chez Jean Baptiste et Jésus. Vous pouvez lire la prédication ici ou ici (fichier PDF).

Dérapages divers au sujet du jeûne

A mon avis, voici le meilleur article de circonstance que j'aie lu depuis longtemps sur le Jeûne genevois. Une chose me navre (et il faudrait donc vérifier), c'est la deuxième phrase

Tant que pestes et famines furent tenues pour expressions de la colère divine, il fallait amadouer le Tout-puissant par des prières et des jeûnes.

Des protestants qui pensent qu'on agir sur Dieu, le manipuler seraient de vrais traîtres à Calvin. A vérifier. Je pensais naïvement que le jeûne était une mise en condition de l'humain, donc que c'était son âme qui était agie, manipulée. Il s'agissait de mettre l'humain en condition pour qu'il sente à nouveau sa toute-dépendance vis-à-vis de celui qui lui a octroyé l'être (expérience de saine humilité) et, le cas échéant, on exprimait physiquement la contrition d'avoir été arrogant...

Dans un prochain billet, dès que certains problèmes techniques auront été résolus, sera mise en ligne une toute récente prédication de votre serviteur sur les rapports entre Jésus et Jean Baptiste - a qui sa pratique du jeûne a valu d'être qualifié de fou par certains de ses contemporains.

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