lundi 28 mai 2007
Pentecôte, les cloches, la présidente et le Grütli
Guillaume Barry | 21h08 | divers | permalien | rss
Pentecôte, fête de la communication: les témoins parlent et tout le monde entend les merveilles de Dieu;
Pentecôte, cauchemar des traducteurs: la traduction est automatique;
Pentecôte, délire d'interprétation: le phénomène est attribué à une ivresse non mystique;
Pentecôte, désespoir des communicateurs: le produit vanté est gratuit;
Pentecôte, mère de toute inspiration...
A propos d'inspiration: que notre présidente de la Confédération chante une chanson à la télévision, pourquoi pas. Que ce soit dans le cadre d'une émission dite populaire et surtout suivie par le 3ème âge[1], pourquoi pas. Cela peut faire sens, cela peut faire populaire, rapprochement du peuple, dans un sens acceptable du terme. Mais il manquait un contexte ou un prétexte. C'est ça qui m'a donné une impression de n'importe quoi. Le fait de prendre une chanson composée par un auteur suisse [2]qui a été très populaire dans diverses couches de la population était une bonne idée.
Le contenu de la chanson représentait une absence de message, et une absence de lien avec la Suisse. Cela a été revendiqué sans fausse pudeur par l'interprète, pour qui cette chanson convenait parce qu'il y est question des trois moments importants de l'existence: naître - se marier - mourir qui concernent aussi les Suisses. Le play-back et la voix noyée dans les arrangements étaient prévisibles, on a exclu toute prise de risque, c'est conforme avec une certaine image de la diplomatie suisse. Tant qu'à innover en allant chanter à la télé, on aurait pu se mouiller un peu plus. Un risque majeur a été pris cependant, assumé avec une probable délectation: celui du titre (Les trois cloches). Ou alors il y avait du 17ème degré dans l'air.
Question inspiration ou prise de risque, on aurait besoin des deux dans la problématique de la fête nationale sur la plaine du Grütli. Quoi qu'on décide, skins et autres extrémistes de droite – qui sont une réelle nuisance, mais ultraminoritaire – auront la satisfaction d'être le pivot autour duquel se décidera le fait ou non d'organiser un fête au niveau national, et si oui, dans quelles conditions – dit autrement, on est entrain de leur envoyer le message qu'ils ont la capacité de tourner en bourrique (ou rendre chèvre) un pays et ses autorités.
COMPLEMENT DU 29.05.2007 - Effet du week-end où on fête l'inspiration? Notre pamphlétaire écologiste plus national-conservateur que libéral a en l'occurrence des mots pour le dire qui sonnent sonnent sonnent juste.
Notes
[1] C'est l'idée qu'on s'en fait, mais je n'ai pas les chiffres à l'appui.
[2] Voir aussi le site officiel






