janvier 2007 - Un swissroll

Un swissroll

Depuis août 2003, blog-notes de l'actualité (gaie ou non!) sur terre, au ciel, à gauche, à droite, de Genève, de Londres...

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mardi 30 janvier 2007

La République est-elle soluble dans la fondue?

Juste le temps de m'arracher à la chaude ambiance de la première République des blogs en Suisse romande pour jeter un rapide billet sous peine de me transformer en citrouille! Une trentaine de participants venus non seulement de la diversité genevoise mais de La Côte, Lausanne, La Tour de Peilz et même Fribourg. Des politiciens blogueurs, mais aussi deux blogs à l'interaction de la science et de la société, des blogueuses également, et des lecteurs et des lectrices! Le quotidien local, la Tribune de Genève, la Radio romande et même Europe 1 étaient de la partie. Et nous étions encore une bonne vingtaine à prolonger la soirée autour d'une fondue.

Pas d'hésitation à remettre cela, donc: le mardi 27 février 2007, et cette fois ce sera à Fribourg!

COMPLEMENT DE GUILLAUME BARRY DU 31.01: Un des effets de cette rencontre,

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dimanche 28 janvier 2007

Europe 1 est blogophile

Radio de mon adolescence, dont j'écoutais les jeux et les hit parade, représentante la plus éminente (avec RTL) de ce qu'on appelait en France les radios périphériques, Europe 1 s'est spécialisée dans l'actualité et la politique[1]. Tous les jeudis, entre 18h et 21h, le Club Europe 1 est dédié, depuis le 18 janvier, aux présidentielles. Et parmi les invités: des blogueurs. Insigne honneur: les faiseurs de Swissroll y ont été invités - on verra si on sera en mesure de se trouver un jeudi soir au 26 bis, rue François 1er.

Mais la belle histoire entre Europe 1 et les blogs est beaucoup plus longue. Tous les matins, depuis le 31 juillet 2006, vers 06h47, la même station diffuse une revue de blogs, proposée par Catherine Nivez. Et devinez quoi: demain lundi 26 janvier, votre serviteur s'y fera entendre pendant 45 secondes. En prime, le rendez-vous de mardi 30 devrait être annoncé. Si vous ne recevez pas cette radio, ou que vous la recevez, mais ne vous trouvez pas devant votre poste à ces heures-là, pas de panique. Toutes les émissions d'Europe 1 sont disponibles à la réécoute comme ils disent. Sans parler du podcast.

COMPLEMENT DE 13h45: Le système de réécoute des archives semble parfois imprécis. Aujourd'hui, il fallait cliquer sur le journal de 06h30 et aller à 14'45'' pour entendre en entier et depuis le début la revue des blogs.

Notes

[1] Nos lecteurs français savent tout ça. Ces informations sont destinées aux usagers suisses. D'autant plus que depuis que tout se passe sur la bande FM, cette station est très peu captée sur notre territoire.

A Elisabeth Kopp

Vous[1] êtes la première femme élue au Conseil fédéral. On y a été obligé car lors d'une élection précédente, celle qui représentait (pour le PS) la première candidate féminine à la plus haute fonction exécutive n'a pas passé. Vos préoccupations écologiques vous classent à l'aile gauche de votre parti de centre droite. Plus grave, vous êtes peu ou prou à l'origine d'une loi sur le blanchiment de l'argent sale. Mais aux yeux de la gauche, vous êtes d'abord l'usurpatrice, et une représentante de la bourgeoisie dorée (multi-couches), dont la politique en matière d'asile - problème nouveau à l'époque - n'est pas assez ouverte et généreuse. Bref, après avoir apaisé la mauvaise conscience de la Suisse en matière de représentation féminine au gouvernement, vous ne pouvez que déplaire. Vous avez de la classe? Ce n'est qu'un symptôme d'une psycho-rigidité due (circonstance atténuante) à votre éducation. Maintenant on l'interprète carrément comme de l'arrogance. Vous adulez votre mari? C'est un crime de lèse-féminisme. De ce fait, personne ne croira que votre totale loyauté envers lui puisse rester dans les limites de la loi.

Votre mari siège dans le conseil d'une société sur qui des rumeurs de blanchiment d'argent sale circulent jusque dans la presse. Mais, informée des rumeurs d'une enquête de votre Département sur cette société, vous lui téléphoniez de suite depuis votre bureau - au lieu d'attendre de vous retrouver avec lui à la maison - pour lui dire de démissionner au plus vite. Le but ne peut être de le faire échapper à la justice: sa démission actuelle ne le soustrait aucunement à d'éventuelles poursuites judiciaires portant sur ses activités jusqu'à ce jour. Il s'agit d'empêcher qu'il y ait désormais la moindre connexion entre vous et cette société qui pourrait faire l'objet d'une enquête des services du Département de justice et police, à la tête duquel vous vous trouvez. Mais personne ne le croira, et aujourd'hui encore, malgré les décisions de justice intervenues en votre faveur, d'une part, et en faveur de la société où siégeait votre mari, d'autre part, les médias, nonobstant ce qu'ils écrivent, comme le grand public, font encore comme si votre faute était d'avoir voulu protéger votre mari. La faute fut dans la manière de communiquer sur ce téléphone. Dans un contexte où beaucoup de gens, parmi les influents et les puissants, qui savaient bien que le téléphone était innocent, vous attendaient au contour.

Ces jours, on a déploré, à propos du reportage[2] qui vous est consacré, qui vient d'être présenté au Festival de Soleure[3], que vous ne reconnaissiez pas assez avoir commis une erreur, vous posant en victime. J'ai toujours eu le sentiment qu'une injustice grave avait été commise à votre endroit (et que le verdict des tribunaux n'a pas réparée, puisque personne n'en a tenu compte). Il m'a fallu cet article de la Weltwoche (seulement pour les abonnés) pour avoir des faits, des éléments et une analyse rationnelle qui fassent une conviction à partir du sentiment. Du sentiment que vous êtes caractérisée par la loyauté, qu'elle soit privée ou publique, et de l'esprit de service. Là où d'aucuns voient de la psychorigidité, je vois d'abord une certaine classe (pour ne pas dire une classe certaine) indissociable d'une fidélité aux principes et aux valeurs.

Notes

[1] Ou la version allemande, plus complète

[2] Mon co-blogueur ne se connaît aucune relation de parenté avec son réalisateur, Andres Brütsch!

[3] Qui sortira à Genève fin février

Connaître ses limites

Je suis un grand fan de ces législations sur la transparence[1] qui obligent les pouvoirs publics et les administrations à donner des informations sur requête, et pas seulement si et comme ça les arrange. Et je me suis souvent agacé des descriptions apocalyptiques faites par ceux qui y étaient opposés, même s'il est évident que cela implique de s'organiser pour conserver et tenir à disposition ces informations pas toujours favorables.

Mais je ne peux m'empêcher de goûter l'ironie de ce qui fait la Une de l'actualité britannique de ce dimanche. Un magazine[2] a demandé aux 50 forces de police anglaises le nombre d'auteurs d'infractions à caractère sexuel "manquants", c'est-à-dire pour lesquels le registre y relatif n'est pas à jour. On se dira qu'elles utiliseraient mieux leur temps à réparer ces lacunes, mais elles ont pratiquement toutes pu répondre!

Notes

[1] Le modèle vient de Suède et des Etats-Unis dès les années 70 et même la France en a une dont l'origine remonte au giscardisme éclairé. Le dispositif suisse est tout récent (à la suite d'un certain nombre de cantons, voir ici la loi genevoise). Au Royaume-Uni, c'est le Freedom of Information Act introduit par le gouvernement de Tony Blair.

[2] Pas vraiment recommandable.

jeudi 25 janvier 2007

Lieu-Commun fait blog commun

lieu-commun.org, c'est ce regroupement informel de blogueurs qui, tels de nouveaux élèves dans une école, se jaugent, s'apprécient, se reconnaissent par delà leurs différences, qui sont réelles mais n'apparaissent pas toujours aux observateurs extérieurs pour qui la bande obscurcit les individus. Personnellement je trouve cela très enrichissant, et ne puis qu'encourager d'autres blogueuses et blogueurs à jouer à ce jeu de la diversité élective: ni semblables, ce ne serait pas drôle, ni incompatibles, entre hasard et nécessité.

Nous faisions d'abord portail commun au travers d'un agrégateur collectif, depuis à peu près un an. Outre les échanges que nous avons sur nos blogs respectifs, nous faisons aussi groupe de soutien mutuel dans les coulisses: ah, toutes ces choses que l'on peut avoir à se dire qui sont impubliables sur nos blogs! Eh bien dorénavant nous (ou du moins certains d'entre nous) vous proposerons également des billets à plusieurs mains, ou simplement ne trouvant pas place sur nos blogs, des podcasts audio voire des podcasts vidéo. Si ce n'est pas de là que vous venez, c'est sur la page d'accueil, dorénavant divisée entre l'agrégateur et le blog commun. Et si c'est par un fil de syndication que vous nous lisez, vous pouvez dorénavant ajouter celui de Lieu-Commun...

A Genève, blogueurs et lecteurs feront République au café Huissoud

A Londres, lundi passé, c'est dans une cabine téléphonique un pub[1] que la deuxième République des blogs des francophones du coin s'est tenue. Un militant socialiste français et travailliste britannique qui s'était annoncé a dû avoir un empêchement, mais Guillaume le Newropean a pu cette fois être de la partie. Quand nous parviendrons à trouver une date qui permettra à Vonric d'être présents, les sarkozystes de plus ou moins stricte obédience (Jules de What's Next?, Binou, Sardanapale) vont finir par être minoritaires[2]... ;-) Toujours pas de lecteurs accourus à notre rencontre, pas non plus de politiciens blogueurs ici.

A Genève, pour la République des blogs en Suisse romande, ce sous-ensemble du public-cible s'est au contraire inscrit en masse! Mais que cela ne décourage pas les autres, simples blogueuses et blogueurs citoyens et lectrices et lecteurs, s'étant ou non déjà enhardis à prendre part à la conversation dans les commentaires des billets (pour les blogs qui les permettent, suivez mon regard). Pour cette première, l'ami Renaud a dégotté un cadre chaleureux: le café Huissoud (qui ne fait plus dans la fondue mais le vin -- j'imagine toutefois que l'alcool n'est pas obligatoire et qu'il y a aussi de la bière...) à la rue du Stand. Tous les détails ici où vous êtes chaleureusement invités à vous inscrire si ce n'est pas déjà fait!

Au plaisir de vous y retrouver ou rencontrer, mardi prochain, le 30 janvier, dès 18h30!

Notes

[1] Vivement l'entrée en vigueur, cet été je crois, de l'interdiction générale de fumer dans les lieux publics!

[2] A moins que je ne finisse par les rallier! ;-)

Adoption: un clash qui ne profite à personne

Dessin de Garland dans le Daily TelegraphCela fait plusieurs jours que la polémique fait rage au gouvernement et dans les médias britanniques: les organisations caritatives catholiques actives dans le placement d'enfants dans des familles d'accueil ou pour adoption vont-elles fermer leurs portes, comme elles en agitent la menace[1]? Ou vont-elles obtenir une forme d'exemption d'une loi anti-discriminations plus générale encore que celle(s) qui existe(nt) déjà, dont l'entrée en vigueur est fixée en avril, et qui aurait pour effet, proclament-elles, de les contraindre à considérer des couples de même sexe au même titre que des couples hétéros, ce qui est contraire à leurs convictions? L'Eglise anglicane soutient la revendication de l'Eglise catholique (comme certainement les dignitaires juifs et musulmans, pour l'occasion). Et Tony Blair a maintenant pris personnellement en charge la recherche d'un compromis satisfaisant pour les deux parties...

Si je puis tenter deux analogies risquées avec des domaines qui me sont plus familiers, il me semble que la problématique n'est ni celle du refuge où l'on va choisir un chien ni celle de l'allocation d'organes prélevés sur des cadavres en vue de transplantation.

Dans le premier cas, le chien importe assez peu si les futurs maîtres ne paraissent pas manifestement incapables de le prendre en charge: c'est le client qui choisit, sur la base de "premier arrivé, premier servi", parmi les bêtes disponibles. Pour la transplantation (et même si la problématique anti-discriminatoire commence parfois à être évoquée, aux Etats-Unis, face au nombre proportionnellement plus faible de transplantés de minorités ethniques), on est dans une démarche d'objectivation, de quantification absolue de la priorité des demandeurs sur une liste, d'une part, et du taux de compatibilité tissulaire de l'organe disponible avec eux, d'autre part: l'attribution s'effectue à froid et de manière anonyme.

Rien de tout cela avec des enfants sans foyer digne de ce nom, des adultes entre disponibilité, désir et caprice d'enfant. Et au milieu des personnes en charge de prendre des décisions dans l'intérêt prioritaire des enfants et l'évaluation lucide des capacités des adultes. Si je vois bien en quoi le refus a priori d'accepter que des gays ou des lesbiennes puissent potentiellement constituer un foyer d'accueil voire une véritable famille est choquant et intolérable, je ne crois pas plus au droit d'un couple hétéro de se voir attribuer un enfant qu'à celui d'un couple homo, de sorte que je vois assez mal un dispositif juridique antidiscriminatoire dans ce domaine[2] (on peut à cet égard soupçonner l'Eglise catholique d'agiter un faux problème pour perpétuer ses préjugés, et ceux qui se dressent pour "écraser l'infâme" de tomber dans le piège du dogmatisme). A partir de là, il doit être possible d'éviter les provocations grossières du type Big Brother et gardiens de prison sadiques mettant ensemble deux détenus incompatibles, et faire en sorte que les couples gays disponibles pour adopter s'adressent de préférence à une organisation prête à les recevoir avec sympathie, non? Ou est-ce trop simple?

Le problème dont je n'entends pas parler, en revanche, ce sont les enfants en attente de placement: sont-ils attachés à une organisation particulière, religieuse ou autre? Car si celles-ci ne sont pas que des intermédiaires, le "risque" est plutôt:

  1. pour les enfants placés dans une institution catholique, que leur possibilité de trouver un foyer d'accueil s'en trouve restreinte (mais faudrait-il dès lors les fermer? et prendre par hypothèse le risque que ces enfants soient moins bien traités ailleurs en attendant qu'une famille d'accueil se présente?);
  2. que les personnes qui tiennent pour intolérable que des enfants puissent être placé dans un foyer gay fassent en sorte que ceux-ci ne transitent que par une organisation catholique: cela va-t-il engorger ces dernières?

Mais adhérer à cette dernière hypothèse, c'est manquer de confiance dans la force et la justesse du principe anti-discriminatoire à l'intérieur de la société, avoir une conception élitaire et antidémocratique de la loi tout en étant persuadé que toute exception à l'intransigeance ouvre les vannes d'une homophobie qui, comme le racisme, serait au fond perpétuellement latente. Je crois qu'il n'en est rien[3].

Notes

[1] Les évaluations sur l'effet d'une telle décision varient du tout au tout: de "seulement 4%" des cas à "un tiers" des cas les plus difficiles (ce qui n'est bien sûr pas totalement incompatible). Les partisans de l'intransigeance dans l'application de la loi font par ailleurs remarquer que les gays et lesbiennes seraient davantage disposés à prendre en charge des situations lourdes qui trouvent difficilement preneurs.

[2] Et je ne saurais blâmer les responsables qui, si réellement de telles alternatives, à qualité égale, se présentent, estiment dans l'intérêt de l'enfant de le confier à un couple plutôt qu'à une personne seule, et à un couple hétéro plutôt qu'un couple homo.

[3] Le vote du peuple suisse en faveur d'un statut de partenariat pour les couples de même sexe me conforte dans cette vision optimiste; celui-ci exclut l'adoption, mais ce qui est certain c'est que le jour où la question sera posée on ne pourra pas biaiser, il faudra bien que cela n'aille pas contre le sentiment d'une majorité populaire.

mardi 23 janvier 2007

Abbé Pierre et autres saints vus du Ciel

Il a dit qu'il aspirait à la mort depuis l'âge de 7 ans, pour être au plus près du Dieu Amour. Tous les esprits mystiques qui ont fait ce genre d'aveu n'ont pas donné l'impression d'être aussi équilibrés et engagés dans le monde, dans l'action dans le monde, que l'abbé Pierre. Il n'a pas donné l'impression d'être un contemplatif (au sens péjoratif du terme) pour qui ora = labora: l'action se résume à la prière.

Pour un protestant, la sainteté peut revêtir une signification objective ou subjective. Objectivement, tous les croyants sont des saints. Non par eux-mêmes, ni par ce qu'ils font. Mais parce qu'ils sont vu comme tels par Dieu. Comme un enfant adopté reçoit un nom de famille par la seule volonté et (l'amour) des parents adoptifs. A eux d'agir, de se comporter en conséquence. Dans cette perspective, il n'y a ni pape, ni mère Teresa, ni abbé Pierre.

Mais, subjectivement, on peut parler de sainteté "particulière" d'une personne à l'autre quand, on ressent, on perçoit, à travers une personne, ses gestes, ses actes, ses paroles, ses silences, la présence et l'action du Dieu Amour, Paix, Compassion, Justice, Vérité... Je n'ai pas rencontré l'abbé Pierre, mais, à le lire et à entendre les témoignages sur lui, je n'ai pas de peine à croire qu'il était un saint.

Quant à son faux pas: même Jésus en a faits! Quand il a refusé, dans un premier temps, de guérir la fille d'une femme païenne, il a comparé les païens à des chiens. C'est la femme qui a retourné la situation et qui a amené Jésus à se repentir puis à accorder la guérison demandée. (Marc 7, 24-30)

Le blog de Martine Brunschwig Graf

On l'attendait depuis si longtemps... et puis soudain le voilà: le blog de l'ancienne présidente du gouvernement genevois et actuelle députée libérale au parlement fédéral Martine Brunschwig Graf. Les premiers billets sont prometteurs jusque dans leurs défauts de jeunesse, gage d'authenticité.

L'abbé Pierre vu de Londres

De santé fragile, l'abbé Pierre est donc mort à 94 ans, survivant à l'auteur de sa nécrologie dans Le Monde (qui s'y est donné, sur deux pages). C'est un art dans lequel excelle la presse anglo-saxonne. Voici donc ce qu'en disent The Daily Telegraph (le seul à mentionner que, sous le nom de frère Philippe, il fut vicaire de Saint-Joseph à Genève en 1939), The Times et The Guardian.

Si seulement, à la longue, Ludovic Monnerat perdait de sa pertinence

(Pré)historiquement parlant, de nombreux blogs se sont développés notamment en rapport avec l'intervention en Irak, pour faire entendre un autre son, voire donner accès à des informations qui n'étaient pas relayées par le courant unique dominant ou qui étaient biaisées, faussées, manipulées. Dans ce sens, c'est décourageant de lire cet énième billet édifiant, forcément édifiant en même temps qu'effrayant: avec le temps, les médias conventionnels n'ont donc rien lu, n'ont rien appris, ne se sont pas remis en question - à part qu'ils se sont sentis obligés de parler blogs et de créer leurs propres blogs ? Le seul côté rassurant de la dernière intervention de Ludovic Monnerat, c'est qu'elle permet de se dire qu'on n'était pas complètement à côté de la plaque, qu'on n'était pas des raéliens en posant que la vérité avait le droit d'être ailleurs, slogan habituellement réservé aux paranos et aux illuminés.

dimanche 21 janvier 2007

Green Prince

Qu'il vienne ou qu'il ne vienne pas, la présence compromise de Nicolas Sarkozy à un mariage est tout bénéfice publicitaire pour la station vaudoise de Villars-sur-Ollon, réputée pour sa ploutophilie. Cf. cet article du Matin. En revanche, la sympathique station grisonne de Klosters, probablement plus écolo compatible, sans être ploutophobe, semble faire les frais d'états d'âme princiers. Cette localité est le lieu de courte [1] villégiature hivernale du prince Charles depuis 20 ans. Elle est située à quelques dizaines de kilomètres de St-Moritz, ce qui permet d'y être sans y être. L'endroit est surtout à la fois magnifique et urbain, sans être snob. L'histoire semble commencer quand le prince a eu le malheur de se voir décerner un prix d'écologie qu'il devait aller chercher aux USA. Las, des milieux Verts[2] ont fait valoir la contradiction, pour un écologique, à gaspiller des litres de carburant et à réchauffer l'atmosphère pour se faire remettre un prix censé récompenser quelque chose allant dans le sens opposé, à savoir le souci de la réduction d'émission de gaz carbonique. Cf. la BBC ici et ici. Charles ira donc à New York (en passant par Philadelphie), pour recevoir le Global Environmental Citizen Prize des mains de Meryl Streep et Al Gore. En revanche, il a annoncé qu'il n'irait pas aux Grisons à titre de contribution à l'effort écologique (comme s'il ne pouvait pas y venir en train). Toutefois, d'après le Daily Telegraph, la décision aurait été prise avant la controverse et aurait été facilitée par le fait que William et Harry ne pourraient venir en raison de leurs obligations militaires. Pour le D.T., le saint vert[3] court le danger de devenir un martyr vert.[4] God save the Greens! C'est-à-dire: ceux qui le sont dans leur coeur: the Greens of Hearts.

Notes

[1] A savoir une semaine

[2] Pas forcément de jalousie, malgré ce qu'en dit l'innocent commentateur du Daily Telegraph qui ne doit même pas soupçonner le jeu de mots en français

[3] En décembre 2005, le prince inaugurait la route de contournement de Klosters (source: Caradisiac)

[4] Pourtant, le journaliste ne savait probablement pas davantage qu'en allemand, Kloster veut dire cloître, couvent ou monastère

vendredi 19 janvier 2007

Le loft des people victimes du peuple raciste

Autrefois, les snobs auraient pu dire "Cette personne manque d'éducation"; aujourd'hui ils disent "C'est un raciste".

C'est l'un des constats qu'inspire à Brendan O’Neill de spiked la controverse d'ampleur galactique née de propos considérés comme racistes dans l'émission de téléralité Celebrity Big Brother (le Loft des people) de Channel 4. Une controverse sur laquelle Tony Blair et Gordon Brown (ce dernier se trouvant, pour tout arranger, en visite officielle à New Delhi) se sont sentis forcés[1] de s'exprimer, tandis que le gouvernement indien, grand seigneur, a fait savoir qu'il ne romprait pas ses liens diplomatiques avec la Grande-Bretagne pour l'instant mais qu'il suivrait de près le développement de la situation sur CBB. Et, consécration, on a bien sûr brûlé en effigie les cyniques producteurs, honneur immérité, noyé qu'il est dans des larmes de crocodile versées après avoir délibérément conçu des castings destinés à induire des accrochages accrocheurs.

Pour Brendan o'Neill, le racisme serait devenu le nouveau stigmate d'une classe honnie dont il importe de se démarquer. Il relève qu'à l'inverse, paradoxalement, le fait d'attribuer des vertus britanniques à la victime indienne (calme, sang-froid, etc.) [2] pourrait être lu comme une attitude équivalente au paternalisme colonial qui se réjouissait de rencontrer des braves Indiens raffinés qui n'étaient pas comme les affreuses classes populaires laissées au pays.

Lire l'article ici

Notes

[1] Ou se sont empressés, comme tout le monde?

[2] Comme il a été fait dans cet article du Guardian

lundi 15 janvier 2007

Souverainisme et démocratie

Je croyais que ce n'était qu'au Royaume-Uni qu'on trouvait un bon nombre de gens, pourtant normalement intelligents et cultivés, de gauche comme de droite, qui apparaissent sincèrement incapables d'assimiler l'idée que la souveraineté pourrait être partagée entre différents niveaux de pouvoirs publics - l'idée selon laquelle, pour peu qu'il y ait des règles et des élections, ces niveaux de pouvoirs sont aussi légitimes les uns que les autres.

Pour ces souverainistes (tous les europhobes le sont, mais pas eux seulement), ce qui compte, c'est le Parlement de Westminster (et comme on est dans un système parlementaire pur -- par opposition à présidentiel --, le gouvernement n'en est qu'une émanation tout en restant membre). C'est par lui (et donc pour le citoyen au travers du seul vote pour son unique député) que tout doit procéder: vers le bas (les collectivités locales, sujettes à une tutelle centrale inouïe) comme vers le haut. D'où le malentendu européen, la question non-résolue du rôle des parlementaires écossais dans la législation qui ne s'applique pas à l'Ecosse et l'incapacité à décentraliser l'Angleterre.

Eh bien il se trouve également des Français, professeurs de droit de surcroît (bon, de droit international privé...), enhardis par le refus du traité constitutionnel, pour tenir des théories déniant toute légitimité aux traités européens comme au bicaméralisme (même s'il est inégal) entre le Parlement européen élu et le Conseil européen représentant les gouvernements de l'Union. D'autres, et plus nombreux, leur ont répondu. C'est sur le blog de Jean Quatremer (merci Eolas!).

samedi 13 janvier 2007

Fou de ta cagoule, pompier

Encore un petit scandale au bout du bout du lac, un scandalet bien inoffensif celui-là. Le genre qui réchauffe l'atmosphère, dont on fait des gorges chaudes sans risque. Sept membres masculins du corps des pompiers de l'aéroport ont tourné un clip parodique au son de Fous ta cagoule de Fatal Bazooka, morceau de rap lui-même parodique au départ, commis par Michaël Youn.

fou ta cagoule pompier ! - wideo
fou ta cagoule pompier ! - wideo

Déception. L'idée est excellente, aussi originale que sympa. Mais. J'ai le malheur de prendre connaissance du clip après avoir été titillé par les commentaires que François Longchamp, jeune conseiller d'Etat, lâche à la Tribune de Genève à mesure qu'il découvre le clip. Or le patron du Département de la solidarité et de l'emploi et président du conseil d'administration de l'aéroport s'exclame: "Bon, il est dans quoi lui? Ah l'ambulance. Euh, là, ils sont à moitié nus avec des haltères." Force est de constater après visionnement que c'est une vision de la semi-nudité qui correspond à la sensibilité de l'ère victorienne (par exemple) ou de toute culture bourgeoise exigeant qu'on se baignât habillé. Une pareille manière de jouer la pruderie, pour un politicien qui se réclama beaucoup de la modernité avant son élection, c'est un appel à quoi?

vendredi 12 janvier 2007

Quand M. Jourdain écrit la Constitution

Au mieux on votera d'ici quelques mois sur l'opportunité et les modalités d'une Constituante, puis on élira ses membres l'année prochaine. Ils auront 4 ans pour proposer un texte qui sera lui aussi soumis au vote, et une seconde chance en cas de refus. Où ça? Dans le dernier village gaulois: la fière République et canton de Genève.

Mais c'est aujourd'hui déjà que le parti radical[1] annonce la mise en ligne d'un site web dédié[2] -- et pas n'importe quoi: un wiki, un vrai de chez Wikipedia: un site qui n'est pas seulement visible, navigable à l'ancienne; sur lequel on ne peut pas seulement prendre part à une conversation, comme un blog; mais qui est modifiable et évolutif au gré des utilisateurs.

Ce qu'il faut saluer, c'est la tentative d'introduire un outil qui reste encore largement une affaire de geeks[3] entre eux, donc sur des sujets assez liés à l'informatique ou à l'Internet (le wiki de Dotclear), pour une thématique qui n'a rien à voir: la politique, la réforme des institutions, la démocratie participative. Mais toute la difficulté des nouveaux outils, c'est d'en maîtriser l'usage: pas seulement le mode d'emploi, même si c'est le premier obstacle, mais aussi l'utilisation à bon escient. L'entrée choisie par les radicaux, la rédaction des articles de la Constitution, met la charrue devant les boeufs. Techniquement, je doute d'ailleurs qu'elle tienne la route: c'est pour la rédaction des cahiers de doléances à la fin de l'Ancien Régime qu'un wiki aurait été utile, mais cela ne se substitue pas à la Convention. Voir pour une illustration intéressante, et qui montre aussi que c'est du boulot, le wiki des programmes des candidats à la présidentielle française sue Débat2007, et bien sûr, pour un exemple tout simple et efficace, la gestion des rencontres de la République des blogs ou les wikis ensorcelants de la fée Kozlika: amours délices et orgues!

L'utilisation à bon escient, c'est aussi de reconnaître qu'il y a des rôles différents et d'accepter le sien: le parti radical est un acteur engagé, pas vraiment l'instance neutre, pluraliste, crédible pour héberger un tel site comme aurait pu l'être un grand média par exemple[4]. Cela va malheureusement diminuer l'impact de ce qui reste, fondamentalement, un projet intéressant, novateur, bienvenu. Espérons qu'il subistera après les élections de mars-avril, et qu'il évoluera bien!

Notes

[1] Oui, celui qui est présidé par Pierre Maudet.

[2] Les mauvaises langues y verront un coup médiatique, à deux mois des élections municipales: comme jadis lorsqu'ils n'ont pas été suivi par l'électorat masculin qui a octroyé le droit de vote aux femmes, le parti radical doit rattraper par la surenchère la tiédeur boudeuse qu'il a eue à l'égard du projet de Constituante; et c'est l'occasion de projeter une image compétente, jeune et branchée.

[3] Désolé, je ne connais pas vraiment l'argot adéquat en français, si quelqu'un peut m'affranchir? Mordus d'informatique?

[4] Et cela quelle que soit la bonne volonté ou même la bonne foi des auteurs, qui ont effectivement ratissé leurs liens sans exclusive.

Irak: et si c'était l'inverse?

Comme je n'ai pas vraiment le loisir d'approfondir en ce moment, je perçois seulement l'écume de la curée anti-Bush suivant l'annonce de la nouvelle étape stratégique ouverte en Irak (et comme le montre ce dossier PDF, signalé par Ludovic Monnerat qui est par ailleurs la référence à suivre, il s'agit de bien autre chose qu'une augmentation du nombre de militaires). Et je me demande:

  • Si Bush avait annoncé le retrait des troupes américaines, vous croyez qu'il aurait été félicité, que tout le monde aurait été content? Ou que ce que l'on entend aujourd'hui ne serait rien à l'égard du mépris qu'il susciterait? Quant à l'effet sur la situation en Irak, en Iran... Ah mais j'oubliais: bien sûr ça apporterait la paix entre Israël et les Palestiniens.
  • C'est comme l'exécution de Saddam Hussein: supposons que l'arrêt de la Cour d'appel qui a confirmé la peine de mort en première instance n'ait pas été suivi d'effet[1], est-ce vraiment la grande victoire pour la dignité humaine qui aurait dominé? Défaits par tant de magnanimité, les insurgés se seraient rendus en masse... Le week-end dernier à Any Question?, la redoutable émission radiophonique britannique qui met un plateau de personnalités en face d'une salle de vraies gens pour répondre à des questions d'actualité, une personne de l'assistance s'indignait ingénûment que les troupes britanniques ne soient pas intervenues pour empêcher... l'application régulière d'une décision rendue par une autorité légitime et conformément au droit dans un pays dont le gouvernement est le résultat d'élections libres et pluralistes; elle manifestait probablement en 2003 pour que Saddam Hussein puisse continuer de torturer et tuer en masse en tout arbitraire.
  • Et l'intervention elle-même. Après encore quelques mois de campement aux frontières de l'Irak, les troupes de la coalition seraient reparties faute que le Conseil de sécurité vote cette fameuse deuxième résolution; qui aurait gagné qui aurait perdu? Ma position est comme alors que le scandale a été le lâchage des Etats-Unis et du Royaume-Uni par certains de leurs alliés, au premier rang desquels la France et l'Allemagne. Ils ont perdu de vue l'intérêt commun de toutes les démocraties et cela a rendu plus difficile la suite, comme on le voit.

Au moins je n'aurai plus la crainte de passer auprès des personnes qui découvriraient ce blog pour consensuel, honnête courtier invitant blogueuses et blogueurs intéressés par la vie politique, et leurs lectrices et lecteurs, à se rencontrer joyeusement à la République des blogs, à Londres lundi 22 janvier (qu'on se le dise!) et à Genève mardi 30 janvier[2]...

Notes

[1] Je n'ai pas vu l'UE proposer une alternative crédible tout en étant symboliquement forte, par exemple rouvrir la cellule de Rudolf Hess à Spandau et le régime multinational de surveillance pour garantir l'exécution d'une peine commuée en emprisonnent à vie.

[2] Et la RdB française se décentralise maintenant aussi à Lille et Nantes, tout arrive!

mercredi 10 janvier 2007

Interlude

En raison d'une attaque de spams plus massive que d'habitude dans les commentaires et les trackbacks, j'ai dû les fermer (au moins provisoirement). A défaut il reste le mail, nous mettrons en ligne...

11.01: Commentaires et trackbacks à nouveau ouverts.

lundi 8 janvier 2007

En vitesse

  • Pas envie de revenir sur le "marronier" saisonnier de la soupe de cochon, voir l'hiver dernier. Mais une décision d'une juridiction administrative française relance l'affaire et donne lieu à une belle discussion chez Jules de Diner's room (et autres cités).
  • "On a mangé notre pain blanc. Le prochain président s'occupera de son secteur comme les Chirac se sont occupés du nôtre; c'est la démocratie. (...)" estime Georges Gorse, premier adjoint au maire de Corrèze, le chef-lieu du canton dont Bernadette Chirac est la conseillère générale (Le Monde). Et il semble le croire sincèrement!
  • Le Monde et The Daily Telegraph expliquent tous deux que consommer ne fait pas le bonheur. Des liens intéressants et des approches assez diversifiées.

dimanche 7 janvier 2007

Maudet n'a pas rendu Ruquier chocolat

Enfin, la vidéo du passage de Pierre Maudet chez Ruquier est disponible sur son blog, pour les malheureux de mon espèce qui n'avaient pu goûter le direct. La Tribune de Genève y consacre article et interview malheureusement ce n'est pas en accès libre. On y apprend de Maudet que Laurent Ruquier lui a dit en off être très déçu qu'il n'ait pas apporté de chocolat suisse et surtout qu'il n'ait pas d'accent[1]. Cela aurait bousillé tout le concept de l'émission.

Maudet s'en est très bien sorti. Il a eu droit au même traitement que la plupart des invités, les règles ont été respectées, à savoir que ce sont les animateurs qui parlent et interrompent. Chacun son métier. Toutefois, c'est quand même troublant de voir un animateur-amuseur public (et la majorité de ses comparses[2]) faire la leçon à un politique en lui expliquant qu'il n'a rien compris et que les chiffres avancés sont faux. Sur ces points, le Genevois n'a pas pu répondre, mais il a quand même réussi à placer ce qu'il voulait faire passer. Là où il aurait pu avoir marqué un point, c'est en suggérant que le désir royal de démocratie participative soit appliqué au domaine fiscal. Apprenant aux Français que les Suisses s'étaient déjà montrés capables de dire non à une diminution des impôts[3] - ce qui d'ailleurs n'allait pas dans le sens du parti dont l'un des présidents cantonaux est Pierre Maudet.

Lien actualisé le 08.01 à 14h58

Notes

[1] Maudet se permet même de dire soixante-douze, septante-deux pour les intimes (en parlant du taux d'impôt maximal français supposé), qui dénote une bonne maîtrise de la situation où se trouve le Suisse de service.

[2] Dans la Tribune, Pierre Maudet les qualifie tous de gauchistes. Même si c'est vrai, est-ce pertinent: ce terme entre-t-il encore dans les catégories dans lesquelles on traisonne de nos jours?

[3] Comme cela s'est passé, par exemple, lors d'une votation dans le canton de Neuchâtel.

vendredi 5 janvier 2007

Arnaud Montebourg et le paradis fiscal suisse

Je me rends bien compte que je manque à tous mes devoirs en restant silencieux sur la polémique initiée par Arnaud Montebourg[1] [2]... mais traiter sérieusement le sujet me demanderait un temps dont je ne dispose malheureusement pas ces jours (j'ai une marmite sur le feu). J'espérais pouvoir au moins renvoyer à des analyses de la blogosphère helvétique, mais elle se contente de pirouettes méprisantes (ici au 3 janvier, ou -- voir quelque chose de différent ici).

Il y a quand même ce billet plus élaboré du sarkozyste futur maire de Genève, l'ami Pierre Maudet[3]. Qui est tout à l'heure (à 18h50) sur le plateau de On a tout essayé! animé par Laurent Ruquier sur France 2[4].

COMPLEMENT DU 12.01: Pour une voix informée et critique, de l'intérieur, sur l'"impôt spécial réservé aux étrangers fortunés sans activité lucrative en Suisse", voir cet article mis en ligne par Domaine Public: le périodique de débat et de réflexion de la gauche réformiste depuis 43 ans, qui vient d'abandonner le papier dont les coûts n'étaient plus couverts pour donner la priorité à l'édition numérique.

Notes

[1] Toujours cette envie de lui rajouter une particule...

[2] Le sujet a moins retenu l'intérêt et excité la verve des communards (il y a quand même des billets qui valent la visite de Hugues et Guillermo) que la tarte à la crème du "droit au logement opposable", si admirablement retournée à l'envoyeur par Eolas entre autres. Complément du 06.01: sur ce qui est maintenant l'ironiquement siglé droit opposable au logement, il vaut la peine de lire aussi, pour un tout autre point de vue, Samantdi, et pour une autre approche Verel (avec ce billet, je bats vraiment tous mes records d'illisibilité par emboîtage de sujets et de phrases les uns dans les autres, pardon!).

[3] Que l'occasion a au moins fait retrouver, avec à propos, le chemin d'un blog qui tend à n'être qu'un agenda sinistre, malheureusement. Chat échaudé craint l'eau froide?

[4] Il est d'autant mieux placé pour le faire qu'il est titulaire de la double nationalité suisse et française. Et que sa verve et ses boucles ne le cèdent en rien à Montebourg!

jeudi 4 janvier 2007

Les partenariés de l'An Neuf

La presse d'aujourd'hui relate les premiers couples partenariés, plus précisément les premiers couples qui ont été d'accord que leur partenariat soit médiatisé. Ça se passait à Dübingen dans le canton de Zurich. Deux hommes mûrs (50 et 65 ans), qui, par exemple sur cet article du Matin, rayonnent d'une joie et d'une tendresse communicative. Samedi 5, ce sera au tour de deux femmes, toujours en Suisse alémanique. L'une est connue dans le monde germanophone pour des exploits sportifs. Pour que la Suisse romande ne soit pas en mal de médiatisation, un appel avait été lancé. Deux couples étaient disposés à fêter publiquement leur engagement. Hélas, les documents pour les partenaires étrangers dans ces couples ne pouvaient arriver à temps. Mais la fête n'est que différée.

Le Temps contient en outre des interviews de candidat-e-s au partenariat dont un centenaire. A côté, les jeunes premiers partenariés du très catholique canton du Tessin font figure de jeunets, avec leurs 60 et 89 ans. Dans la Tribune de Genève, une interview de Jean-Michel Gros, avec une introduction qui salue le député de droite genevois au Conseil national qui en 1998 a déposé l'initiative parlementaire au niveau fédéral dont les événements d'aujourd'hui sont le fruit[1]. Oui, on ne le dira jamais assez, en Suisse, pays conservateur, où les femmes ont obtenu le droit de voter conservateur en 1971[2], c'est la majorité de centre-droit, que ce soit au niveau du Parlement ou du peuple votant, qui a voté la loi sur le partenariat, la gauche acquise à la cause étant minoritaire.

Notes

[1] D'autres initiatives politiques font partie de la chaîne de causalité. Cf. la chronologie établie par mon co-blogueur sur son site perso.

[2] Puisque cet électorat élargi n'a pas, l'ingrat, fait basculer le pays à gauche.

mercredi 3 janvier 2007

Un rendez-vous, oui mais quand?

Vous connaissez le problème: au-delà de deux ou trois personnes, convenir d'un rendez-vous relève de la course de haies, si l'on ne peut pas faire jouer un argument d'autorité pour imposer une date. C'est l'aller et le retour entre les agendas de tous les intéressés, de vive voix, par téléphone ou par mail. A titre professionnel, dans les grosses boîtes surdotées en informatique pré-web 2.0, la messagerie vous permet éventuellement de faire un raid sur l'emploi du temps de vos collègues (mais l'on ne peut pas toujours s'y fier). Sommer chacun de vous confier la liste exhaustive de ses disponibilités pour vous laisser faire la synthèse est délicat et représente aussi plusieurs allers-retours.

Et puis j'utilise aujourd'hui pour la première fois Doodle, un de ces outils collaboratifs en ligne dont je suis friand, que m'avait signalé mon co-blogueur. Très léger, élégant, tout simple: même l'initiateur de la réunion peut se dispenser de donner une adresse électronique[1]. Il coche ensuite sur un calendrier les dates (éventuellement les heures) qu'il propose. Cette consultation reçoit alors son URL propre qu'il est aisé de communiquer aux participants potentiels. Ceux-ci vont cocher à leur tour leurs disponibilités parmi celles proposées, sans aucune autre formalité. La grille se remplit en toute transparence et le tour est joué, sans douleur[2]!

Une lame de plus à mon couteau suisse virtuel, puisque l'auteur est un compatriote. Le site est en allemand, français, italien (les trois langues officielles), romanche (la quatrième langue nationale) et anglais (la langue internationale), impeccablement adapté pour ce que j'ai pu voir. La navigation et le mode d'emploi sont un plaisir: la Didaktik est une des spécialités de l'auteur. On s'amusera de voir que l'anglais, l'allemand et le romanche sont directs et factuels, là ou le français et l'italien procèdent du général au particulier. Curieusement, les francophones et les italophones ne sauront pas non plus qu'il existe également une déclinaison de cet outil pour tout type de consultation collaborative.

Notes

[1] Mais il se prive alors de l'annonce des réponses des autres participants.

[2] Il faut quand même avoir la patience d'attendre que les participants veuillent bien lire leur mail et s'exécuter...

mardi 2 janvier 2007

Aux armes, citoyens, ou: la République des blogs est proclamée en Suisse romande

République des blogs à Genève le 30.01 dès 18hLa galaxie des blogs (et des nouveaux usages du web) compte de nombreuses planètes parfois fort éloignées les unes des autres. Les utilisateurs ont certes en commun de mêmes outils, une même approche combinant individualisme et réseau serré de relations, une volonté d'expression et d'appropriation. Mais aussi que de différences entre les blogs d'adolescents et ceux d'universitaires retraités, ceux qui exposent une passion d'artiste, racontent une vie sexuelle ou ceux qui parlent de politique.

Les Etats-Unis ont découvert les blogs politiques au travers de la dernière présidentielle (émergence de Howard Dean, puis duel Bush/Kerry, avec en particulier le démontage instantané d'une émission anti-Bush de CBS fondée sur des faux). La France en 2005, dans la campagne du référendum sur la Constitution européenne puis à travers l'état de choc qui est résulté du "non" et maintenant avec l'élection présidentielle.

En Suisse le phénomène est plus lent, plus diffus. C'est pourtant l'un des pays les plus connectés du monde. D'un côté, on peut penser que la petite taille du pays, son fédéralisme et surtout sa démocratie directe, qui font que les politiciens ne sont pas des abstractions hautaines, rend moins urgent qu'ailleurs ce besoin de prendre une parole confisquée, de rejeter les pensées uniques de toute sorte. D'un autre côté, ce pays où non seulement on élit à tous les étages, mais on vote au moins quatre fois par an (c'est-à-dire que l'on s'ingénie à bousculer le train-train des autorités avec des référendums et des initiatives) paraît prédestiné à l'utilisation de ces nouveaux instruments. Et même à leur développement innovant qu'il s'agisse de militer, de rassembler des informations, d'inviter à agir, de commenter, de débattre ou de rendre compte. Les médias traditionnels tentent encore prudemment de voir comment eux aussi intégrer cette nouvelle réalité, partagés entre la crainte de la concurrence canibale et la promesse de l'enrichissement du contenu et de la fidélisation de leur audience. Une tentative intéressante à cet égard est celle des quotidiens La Liberté / Le Courrier qui complètent et nourrissent leur couverture rédactionnelle des élections cantonales vaudoises par le blog[1].

Outre la récupération commerciale, à la Loïc Le Meur, la blogosphère citoyenne est sujette aux tentatives d'enrégimentement. Un peu par les partis peut-être (mais c'est eux qui auraient tout à perdre à ce que les blogueurs de leurs tendance ne se parlent qu'entre eux, ne soient lus que par les convaincus) mais surtout par les médias établis, ceux qui ont encore les moyens de faire assaut de séduction. Pour les élections fédérales, c'est rien moins que la SSR (les chaînes de service public radio-TV), payée par la redevance obligatoire, qui a sorti son rouleau compresseur: une plateforme dédiée à l'enseigne de monelection.ch, avec un blog offert à chaque candidat et un forum interactif sophistiqué. Mais il s'agit d'un système fermé, propriétaire: les contributeurs n'ont, à ce jour, pas la possibilité d'utiliser leur propre blog (préexistant), ou de préférer un hébergeur dont on est sûr qu'il ne coupera pas le courant au lendemain de l'élection![2]

C'est dire que le besoin d'indépendance, de liberté, de désintéressement, d'autonomie du débat reste crucial. Et c'est en cela que l'idée de la République des blogs telle qu'elle a débuté l'année dernière à Paris à l'initiative de l'ami Versac est géniale. Dans sa simplicité, son économie de moyens, elle rappelle une autre initiative citoyenne dont je suis un fan et qui, du 17e arrondissement de Paris, a depuis essaimé dans toute l'Europe: la Fête des voisins le dernier mardi de mai. C'est simplement un rendez-vous ouvert à tous les intéressés, dans un lieu public, sans visée ni commerciale, ni idéologique, pour que les échanges en ligne entre blogueurs et avec leurs lecteurs puissent aussi se prolonger dans la réalité de la rencontre du premier type. Le bouche à oreille fait le reste, avec le plaisir de se voir.

Et c'est à l'incitation et avec la connivence active de cet insupportable et si attachant blogueur libéral[3], Renaud Gautier, que j'ai l'honneur de proclamer la République des blogs en Suisse romande. En commençant par une première proposition de rencontre entre blogueurs politiques et avec ceux qui les lisent, voire nourrissent la conversation de leurs commentaires, le mardi 30 janvier dès 18h30 et jusqu'à ... Pour en savoir plus, et surtout pour vous inscrire afin de nous permettre une organisation convenable de l'événement, c'est par là (et si vous n'avez pas encore joué avec un wiki, ce sera l'occasion).

Si, en France, Paris truste quelque 200 participants et commence seulement une fragmentation dont on sent bien qu'elle est un peu faute de mieux, à raison de l'éloignement de l'astre solaire, la Suisse a le problème inverse: la tentation que chacun reste entre soi, dans son canton. Pour la suite, croyez-vous à la possibilité d'une République des blogs supracantonale se réunissant mensuellement dans une localité moins excentrée (Lausanne ou Yverdon, par exemple)? Ou peut-on envisager une République itinérante, de canton en canton? Ou faut-il effectivement que l'initiative soit reprise dans chaque chef-lieu (quitte ensuite à se déplacer les uns chez les autres)? On pourra en parler le 30 janvier, mais n'hésitez pas à faire déjà usage des commentaires si le coeur vous en dit[4]!

Et d'ici là, un grand merci à ceux qui voudront bien relayer cette invitation sur leur blog (envoyez un trackback ou laissez un commentaire)... N'hésitez pas à faire usage de la bannière[5] en pointant vers la page idoine.

Notes

[1] Il est vrai que c'est en dehors de leurs chasses gardées de Fribourg et Genève, en terre de mission.

[2] Plus précisément: un blog autonome est éventuellement mentionné comme site personnel, mais monelection.ch n'en reprend pas le fil dans ses pages comme ç'aurait été élégant et facile -- voir la page de Christian Levrat, conseiller national fribourgeois en exercice, qui a son propre blog et s'y tient; Jean-Christophe Schwaab, lui, fait du copier/coller de billets choisis de son blog personnel sur son blog estampillé SSR).

[3] Le parti élitaire de la droite, en Suisse.

[4] Mais pas pour vous inscrire!

[5] Vous pouvez la copier ici en 148 px de large, ou en 200 px.

lundi 1 janvier 2007

Bonne année 2007!

Elle promet d'être passionnante, avec entre autres les élections... fédérales en Suisse (octobre)! Bon, d'accord, ce n'est pas ça qui va faire exploser la fréquentation sur les blogs comme samedi et hier, à la recherche malsaine d'images de l'exécution du dictateur irakien[1]. Plus notables seront les élections françaises (présidentielle + législative) ou le remplacement de Tony Blair par Gordon Brown comme premier ministre du Royaume-Uni (et peut-être aussi des élections?), pour ne s'en tenir qu'à l'aspect institutionnel des choses dont relèvent aussi, dès aujourd'hui, le nouveau secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon, le 13e Etat à adopter l'euro (la Slovénie) ou l'Union européenne qui passe à 27 membres avec l'admission de la Roumanie et de la Bulgarie. Et bien sûr l'entrée en vigueur en Suisse du partenariat enregistré qui concrétise pour les couples de même sexe l'égalité avec les couples hétéros. Mais il y aura aussi plus folichon, plus personnel et plus spirituel, espérons-le.

Un grand merci aux lecteurs et lectrices qui nous accompagnent, et nous font parfois l'honneur d'un commentaire, et tous nos voeux!

Notes

[1] Que, ici, Google conduit parfois sur les billets les plus inappropriés, égaré par les fils repris dans les colonnes extérieures!

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    • Minister heckled by head teachers
      Education Secretary Michael Gove receives one of the angriest receptions of his three years in office as he appears before head teachers in Birmingham.
    • No 10 issues 'loon slur' denial
      No 10 denies that "anyone in Downing Street" made comments reported in several newspapers describing Tory activists as "mad, swivel-eyed loons".
    • Saudi woman reaches Everest summit
      A 25-year-old Saudi woman makes history by reaching the summit of the world's highest mountain.
    • Thousands rally to oppose Italy cuts
      Thousands of protesters, led by trade unionists, rally in the Italian capital Rome against the policies of the new coalition government.
    • Sweden hosts Eurovision extravaganza
      Singer Bonnie Tyler is set to make her Eurovision debut on Saturday when she performs UK entry Believe In Me at the annual contest in Malmo, Sweden.
    • Nigeria army imposes curfew on city
      Nigeria's military announces a 24-hour curfew in parts of the city of Maiduguri and says it has arrested 65 militants as it fights Boko Haram rebels.
    • Afghan MPs halt women's law debate
      The Afghan parliament interrupts debate on a law to prevent violence against women, with conservatives calling for it to be scrapped.
    • British girl dies at Egyptian hotel
      A British child who died in a pool at a hotel in Egypt is named as five-year-old Chloe Johnson from Forest Hill, south London
    • US criticises Russia over missiles
      The US criticises Russia's "unfortunate decision" to send missiles to the Syrian government, as world leaders consider how to end the Syrian conflict.
    • Hollande signs gay marriage bill
      President Francois Hollande signs into law a controversial bill making France the ninth in Europe, and 14th globally, to legalise gay marriage.

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