mercredi 31 mai 2006
François Brutsch |
22h20 |
divers
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Je n'avais aucune intention de lire le livre: même Le pendule de Foucault de Umberto Eco m'est tombé des mains après un tiers, tant un scepticisme rationaliste me protège, Dieu merci, des théories du complot et autres secrets qui mènent le monde (des notions extrêmement malsaines comme le rappelle Koz en citant de bons auteurs). Mais je me réjouissais de voir le film car la théologie-fiction n'est au fond une variante de la politique-fiction que j'aime bien: vous avez lu Fatherland (en v.o.), avec le vieux chancelier Hitler qui accueille dans le Berlin de Speer, en 1964, le vieux président américain Joseph Kennedy venu faire la paix? Lu ou vu Archange (en anglais, Archangel), la résistible ascension du fils secret de Staline dans la Russie post-1989? Tous deux de l'excellent Robert Harris, très au-dessus de Dan Brown.
Je n'ai pas été déçu. On aura compris que je ne suis pas un de ces cinéphiles à l'affût des "citations" cultivées. Je suis "bon public" pour le meilleur et pour le pire, films commerciaux comme comédies déjantées, m'arrangeant pour voir le film au premier, au deuxième ou au troisième degré... Une fois dans le bon registre, ça passe très bien. Il faut surmonter un certain nombre d'invraisemblances et de retournements mais ce n'est pas pire que n'importe quel James Bond ou Guerre des étoiles (auxquels j'ai tendance à m'ennuyer): qu'est-ce que ce Sénéchal du Prieuré de Sion, héritier de 20 siècles de tradition sacrée, qui se met bêtement à lâcher le morceau simplement parce qu'il est menacé d'un pistolet? Puis se peinturlure et laisse un jeu de piste pour Tom Hanks? Comment McKellen, quand même handicapé, se débrouille-t-il une fois qu'il a empoisonné son homme à tout faire qui en sait trop? J'ai aussi adoré les archives de 2000 ans de filiation christique ouvertes à tout vent dans une crypte de la chapelle de Rosslyn, derrière une chaîne "défense d'entrer", ou l'idée que le sarcophage de Marie-Madeleine est maintenant sous la pyramide du Louvre (je vois très bien Ieo Ming Peï et Mitterrand, dont le goût des cimetières prend ainsi une autre tournure, prêter leur concours au conservateur!): ils n'ont pas trop de malades qui tentent de la déterrer, j'espère?
Mais l'intrigue centrale soutient l'intérêt, entre l'Opus Dei et son improbable et homoérotique moine albinos, éprouvé par les souffrances qu'il s'inflige mais néanmoins fit comme un marine, acharnée à liquider la descendance du Christ et de Marie-Madeleine, et le Prieuré de Sion qui la protège, avec McKellen en troisième force désireuse d'exploser la mystification (je songe à bien d'autres développements, mais peut-être sont-ils dans le livre, comme "l'assassinat" de Jean-Paul Ier Luciani qui voyait Dieu comme un Père et une Mère...). On se promène dans de belles villes et de belles églises. Et les flashbacks historiques sont bien enlevés.
Plus sérieusement, ce qui m'a fasciné dans cette histoire c'est la confusion entre filiation biologique (quel que soit le degré de dilution, en quelque sorte) et succession héréditaire dynastique, en l'occurrence matrilinéaire: Jésus et Marie-Madeleine (qu'il aurait évidemment désignée pour lui succéder à la tête de l'église naissante) comme un couple royal de droit divin (évidemment) et leur lointaine descendantE appelée à (re)monter un jour sur le trône... Le Vatican d'aujourd'hui en paraît carrément démocratique avec son pape élu par le Conclave! Mais ça m'a aussi fait penser à... Nelson Mandela. S'il est bien sûr un leader extraordinaire par ses propres mérites, à l'occasion d'un dîner que la reine lui offrait à Londres j'ai appris que sa fille portait le titre princesse car, comme le hasard fait bien les choses, Mandela est aussi de rang royal Xhosa. Vertigineux, non? Mais la morale anti-légitimisme est sauve: c'est par adoption et éducation, pas par le sang!
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mardi 30 mai 2006
François Brutsch |
18h04 |
divers
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Entre cantiques (dont il existe aussi tant la variante trémolo que la variante pop) et chants patriotiques, je connaissais déjà le chant politique (This land is my land, We shall overcome, et bien sûr L'Internationale). Mais pas encore la chanson électorale française! Cet oubli est maintenant réparé: à vos enceintes! Encore d'autres liens ici (Merci à Jules de Lieu-Commun).
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samedi 27 mai 2006
François Brutsch |
16h16 |
divers
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Econoclaste annonce une version améliorée, par rapport à celle qu'à sa suite déjà j'avais signalée l'an dernier, d'un site permettant de visualiser les inégalités de développement dans le monde en choisissant les pays et, surtout, les variables à considérer.

Dans un genre voisin, mais plus simple, je tombe (au hasard de mes pérégrinations sur les blogs et sites des autres signataires du Manifeste d'Euston!) sur Worldmapper qui produit, par exemple, la carte des importateurs (à gauche) ou des exportateurs de jouets (à droite).
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vendredi 26 mai 2006
François Brutsch |
22h31 |
divers
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Tout le monde blogue sur l'amnistie accordée à Guy Drut par Chirac: ça ne concernait pourtant que les marchés publics d'Ile de France, pas les HLM de Paris...
Mais on peut aussi s'étonner de voir Arcelor tenter d'échapper au va-nu-pied indien en se jetant dans les bras d'un oligarque russe, Alexeï Mordachov. Au demeurant, il n'a pas l'air si méchant que ça, et tout autant que Mittal au bénéfice d'une solide culture capitaliste anglo-saxonne.
Autre paradoxe, pour éviter d'être fondu dans un "champion européen" Arcelor choisit une solution "mondialiste", avec un partenaire non-UE. A signaler aussi, un billet d'Olivier Bouba-Olga, l'analyse de Jules dans sa salle à manger et, enfin, le toujours roboratif commentaire de Denys.
DERNIERE MISE A JOUR le 28.05 à 17h40.
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François Brutsch |
18h26 |
sur le front
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Et voici le troisième et dernier volet de la "doctrine Blair" sur les relations internationales, avec un accent plus particulier sur la réforme des organisations internationales! Est-ce une réminiscence de ses rêves de jeunesse d'être une rock star, toujours est-il que le show a pris toutes les allures d'une tournée mondiale: premier discours à Londres, deuxième discours en Australie et troisième discours aujourd'hui aux Etats-Unis (à l'Université de Georgetown près de Washington DC). Je ne me lasse jamais de souligner la cohérence de cette doctrine comme son pedigree de gauche; elle prend pleinement en compte l'événement fondateur qu'a représenté l'attaque du 11 septembre 2001 tout en étant entièrement en germe dans un discours prononcé par Tony Blair à Chicago le 24 avril 1999, c'est-à-dire sous la présidence de Bill Clinton.
Occasionally I look at our international institutions and think as I do about our welfare state: the structures of 1946 trying to meet the challenges of 2006.
(...)
Today, after all the turmoil and disagreement of the past few years, there is a real opportunity to bring us together. We all of us face the common security threat of global terrorism; we all of us depend on a healthy global financial system; all of us, at least in time, will feel the consequences of the poverty of millions living in a world of plenty; we all of us know that secure and clean energy is a common priority. All of us have an interest in stability and a fear of chaos. That's the impact of interdependence.
Above all, though in too many countries and in too many ways, global values are not followed, there is no dissent about their desirability. From the moment the Afgans came out and voted in their first ever election, the myth that democracy was a Western concept, was exploded. The Governments of the world do not all believe in freedom. But the people of the world do.
In my nine years as Prime Minister I have not become more cynical about idealism. I have simply become more persuaded that the distinction between a foreign policy driven by values and one driven by interests, is obviously wrong. Globalisation begets interdependence. Interdependence begets the necessity of a common value system to make it work. In other words, the idealism becomes the real politik. None of that will eliminate the setbacks, fallings short, inconsistencies and hypocrisies that come with practical decision-making in a harsh world. But it does mean that the best of the human spirit, that which, throughout the ages, has pushed the progress of humanity along, is also the best hope for the world's future. Our values are our guide.
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Guillaume Barry |
09h16 |
grains de ciel
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Plus c'est héneaurme, meilleur c'est. Le week-end passé, une retraite en petit groupe dans le Jura neuchâtelois a donné l'occasion d'évoquer la théologie queer. Quand on la prend au sérieux, c'est intenable, au-delà du ridicule. Mais prise avec l'esprit adéquat, elle provoque quelques fulgurances. Par exemple, lors d'une étude biblique en commun, on a vu que la résurrection de Lazare entrait en résonance avec la thématique du coming-out: sortie du tombeau = sortie du placard. Digne du meilleur lacanisme. (L'association Act Up ne proclamait-elle pas que le silence égale la mort?) Pour rester dans l'improbable, on trouve une présentation de la théologie queer dans le journal... d'extrême-gauche romand SolidaritéS. Cette fois c'est du sérieux.
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jeudi 25 mai 2006
François Brutsch |
18h57 |
gôche
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De retour à Londres, et je me rends tout à l'heure à la manifestation de lancement du Manifeste d'Euston dans le monde réel, après le monde virtuel de l'Internet. Je vous raconterai ce que cela veut dire concrètement, selon les usages politico-médiatiques de la gauche britannique: d'ores et déjà sachez qu'il fallait s'inscrire par mail pour recevoir un billet d'entrée -- ce qui a à tout le moins permis de constater que le cadre universitaire retenu primitivement était trop petit!
Le Manifeste d'Euston a pour ambition de redéfinir ce qu'être de gauche, être progressiste, veut dire aujourd'hui, et cela n'a rien de spécifiquement britannique. Depuis quelques jours, la traduction française du Manifeste à laquelle ce blog a contribué sur un mode open source, est sur le site officiel pour tous les francophones intéressés: il y a déjà quelque 1600 signataires. Il est aussi traduit d'ores et déjà en allemand, espagnol, finlandais, hébreu, italien et suédois (le nombre de signataires / blogueurs italiens, par exemple, a de quoi faire honte à l'isolationnisme français) et suscite l'enthousiasme jusque parmi les militants démocratiques en Iran, où une traduction en persan est en cours!
A tout à l'heure pour la suite.
COMPLEMENT DU 26.05 à 0h50

Deux heures d'une assemblée très sage -- l'opposition ne s'était manifestement pas déplacée -- se terminant par une quête (et un appel aux bonnes volontés à s'inscrire au moyen du formulaire distribué sur les places) et une verrée au foyer: la réunion a permis de donner voix et chair à ces blogueurs et autres graphomanes qui constituent le Groupe d'Euston et son Manifeste. Sur le podium, de gauche à droite, Alan Johnson, Eve Garrard, Nick Cohen (qui présidait), Shalom Lappin et Norman Geras ont d'abord chacun présenté un bref exposé avant, dans une deuxième partie, de répondre aux questions que le public avait posées par écrit. S'il faut résumer d'un leitmotiv: "La vraie gauche, humaniste, solidaire et internationaliste, c'est nous!".
A lire ailleurs
- Un bouquet de comptes-rendus ici, dont j'ai trouvé celui-ci et celui-là particulièrement éloquents!
- L'exposé introductif de Norman Geras est, évidemment, sur son blog et mérite la lecture! (A toutes fins utiles, je signale également cette interview de Norm dans Jungle World - die linke Wochenzeitung).
BILLET ACTUALISE LE 04.06 à 22h28
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mercredi 24 mai 2006
François Brutsch |
14h27 |
divers
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Je suis à Genève, où j'ai moins le temps de surfer et de bloguer. En revanche je m'imprègne davantage de l'atmosphère locale...
A défaut d'affaire Clearstream, le membre communiste (canal historique) de la municipalité, maire de la Ville de Genève pour l'année, est inculpé d'abus d'autorité: il a fait "sauter" des amendes de stationnement (notamment, mais pas seulement, les siennes propres). "Il n'a pas compris que les temps ont changé", dit la presse. C'est bien vrai ça: quand le socialiste Christian Grobet était au gouvernement, il parquait n'importe où (ou, plus précisément, devant la porte) et personne ne se serait avisé de lui infliger une contravention...
Mais surtout l'affaire de la "taupe" des services secrets suisses au Centre islamique.
On se souvient que le premier set avait tourné, du moins pour les naïfs, à la confusion des services de sécurité: la "taupe" dénonçait ses employeurs, pourquoi espionner un brave théologien, M. Hani Ramadan?
Et puis, le week-end dernier, émerge l'information qu'un attentat contre El Al (dont un avion devait être abattu en vol a Genève) a échoué grâce à la "taupe": voir ce qu'en a dit Ludovic. Deuxième set aux services secrets, réhabilités.
Mais Ramadan tient à son statut de victime (et la presse est toujours aussi complaisante): le voilà qui s'inquiète du danger que court la "taupe". Car elle ne s'est pas mise au vert à Londres, comme Gergorin, mais en Egypte...
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mardi 23 mai 2006
Guillaume Barry |
10h35 |
grains de ciel
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J'aime bien le début de la déclaration de l'Eglise anglicane à propos de la dernière provocation de Madonna rapportée dans une dépêche
du Matin:
"Est-ce que Madonna est prête à faire tout ce qui va avec la couronne d'épines?"
Par contre, la recherche (inaboutie) du propos original m'a fait tomber sur cette triste nouvelle: un vicaire anglican qui démissionne de lui-même parce qu'après une vie de célibat, il a décidé de vivre avec un autre homme, ce que l'Eglise anglicane interdit à ses ministres (mais pas à ses ouailles).
Mais Madonna, que j'aime beaucoup musicalement parlant, surtout à ses débuts, lorsqu'elle était encore comme une vierge, a fait plus fort que la couronne d'épines (de telles provocations avaient cours dans les années 80, quel manque d'imagination et de renouvellement, c'est navrant de la part d'une artiste si douée). Enfin pas plus fort mais plus navrant et plus désespérant - non pas en critiquant Bush, à travers des poncifs qu'on peut encore endurer, mais en le juxtaposant (avec Blair) avec Hitler et Bin Laden. On juge l'arbre à ses fruits: la cabale-apprêtée-pour-les-stars vendue par un ex-vendeur d'assurances dont Madonna a fait grand cas jusque sur son dernier album n'est probablement pas apte à inculquer la sagesse ou à stimuler la compassion.
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dimanche 21 mai 2006
François Brutsch |
16h33 |
droit/politique
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Les résultats sont tombés particulièrement tôt: il est vrai qu'il n'y avait qu'un objet fédéral, et qu'il a été approuvé massivement. Quant aux trois objets genevois, le dépouillement est maintenant accéléré du fait que la grande majorité vote par correspondance (voir la présentation des objets, et les affiches).
Objet fédéral
- L'"espace suisse de formation" a donc été approuvé dans tous les cantons, à des majorités allant de 59% (Tessin, Appenzell Rhodes-Intérieures) à 92% (Berne, Neuchâtel, Bâle-Ville). Des décennies de ratiocination sur l'eschatologie du fédéralisme balayées par les nécessités de la vie quotidienne: un triomphe personnel pour le haut fonctionnaire le plus politique du pays, Charles Kleiber, responsable de l'éducation et de la recherche. A voir le résultat, on se demandera peut-être si l'on n'aurait pas pu être plus ambitieux car la grande lacune de la réforme est de ne pas transférer les universités des cantons à la Confédération. Mais ç'aurait été prendre le risque d'un nouvel échec (car le succès d'aujourd'hui est la suite d'un refus, de peu, survenu en 1973...). Le débat politique suisse se construit lentement en vue du consensus, pas sur des décisions à l'arraché; il faut aimer le jeu et savoir doser le risque, mais ce n'est pas pour les flambeurs. Au demeurant, il y aura encore bien des péripéties pour mettre en oeuvre les principes maintenant approuvés.
Objets genevois
- Le frein à l'endettement a été approuvé, mais la surprise vient du très faible écart entre les "oui" et les "non". On peut y lire un témoignage de confiance dans la rigueur sans la douleur promise par le ministre des finances, l'écologiste David Hiler, qui incarne une sorte de troisième voie entre la réduction des prestations à la mesure des moyens disponibles et l'augmentation des impôts -- au travers de la modernisation des structures et des processus et de la transformation des mentalités dans l'administration, censées dégager des gains de productivité suffisants. Ou un apaisement de l'instinct traditionnel de l'électorat à voter pour les économies. Ou la force d'une gauche (dont une bonne partie s'est exclue du parlement) crispée sur le maintien des acquis... Quoi qu'il en soit, le gouvernement et le parlement savent maintenant ce qui leur reste à faire (ce qui ne veut pas dire que ce sera facile!).
- La loi sur le tourisme, qui n'était pas combattue, est approuvée massivement.
- La sébile tendue en direction des contribuables par le sympathique Vivarium de Meyrin est écartée à 56%, une majorité supérieure à l'approbation du frein au déficit qui en confirme l'esprit. Avec un peu de chance, le battage fait autour de cette entreprise (dont la qualité n'est pas en cause et qui paie durement, par rapport à d'autres bien au chaud sous leurs subventions automatiquement renouvelées, le fait d'arriver au mauvais moment) sera parvenu à intéresser un sponsor privé pour que l'histoire finisse bien!
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samedi 20 mai 2006
François Brutsch |
22h58 |
divers
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En France, le PS a donc déposé un projet de loi pour étendre au génocide arménien de 1915 le bénéfice de la loi Gayssot sanctionnant pénalement la négation de l'Holocauste. Ainsi se trouve confirmé le mécanisme de la surenchère, avec son corollaire: une amertume renforcée pour les Arméniens en cas de refus, car "Pourquoi pas nous?".
Le Monde publie l'interview d'un historien turc, Halil Berktay, d'autant plus convaincant qu'il ne met nullement en doute l'existence du génocide, bien au contraire: mais il explique que l'outil juridique, répressif, extérieur de surcroît, est inadéquat alors que l'important est de favoriser un travail de mémoire en Turquie même.
Au-delà du sort du texte du PS, c'est l'ensemble des lois mémorielles qu'il s'agit d'abroger. Ce qui n'empêche nullement de marquer comme il convient la commémoration de faits historiques.
COMPLEMENT DU 22.05 à 23H50: Voir aussi ce billet de Paxatagore.
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vendredi 19 mai 2006
Guillaume Barry |
07h40 |
divers
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Certes il y a eu une vie avant La Souris d'Or, une vie qui bien sûr, valait d'être vécue. Les seuls bémols que je mettrais à ma Lebensfreude coutumière seraient les quelques instants de trop passés à l'exposition "Gay Chic" au Musée du Design de Zurich - doublés de l'absence arrogante de toute autre exposition en ces lieux.
En Suisse alémanique, pendant les 10 premiers jours suivant l'ouverture, ce fut un matraquage médiatique en règle. Pas un jour n'avait passé sans que cette exposition soit signalée avec empathie. Je n'étais pas sûr d'être emballé par un thème aussi glamour et racoleur, mais, tant qu'à aller à Zurich pour ne pas y recevoir une souris d'or
, pourquoi ne pas profiter du déplacement depuis Genève (respectivement depuis Londres) pour découvrir un musée voué au design? (C'est que je venais d''y prendre goût, à ce genre d'institution, lors de mes vacances scandinaves récentes.) Et, une fois rendu en ces lieux, pourquoi ne pas découvrir comment la subculture gaie et ses thuriféraires se racontent.
Las. Le plus gros de l'exposition consistait en de juvéniles collages de photos de magazines (féminins, gais ou généralistes), sans aucune distance ni dans les textes ni dans la mise en scène (quand il y en avait une). Avec les icônes de rigueur: de Marlene Dietrich à David Beckham et - surprise - les recycleurs d'icônes Pierre et Gilles (dont la prévisibilité n'enlève rien au talent).
Au moins, nous disions-nous, mon co-blogueur et moi, qu'il restait à profiter de toutes les autres expositions que le site nous avait fait entrevoir et qui surlégitimaient notre venue en cet quartier plaisant qui fut design et postindustriel avant l'heure. Mais la vanité (au sens métaphysique du terme, et non pas moral, bien sûr) du "Gay Chic" ne suffisait pas. Les alléchantes expositions annoncées sur le site n'étaient que passé ou avenir. Quant à une collection permanente, j'avais négligé de lire ces explications relatives à la pénurie d'espace. Et quand on vous dira qu'il pleuvait des cordes, la troisième voie esthétique consistant à se balader dans la vieille ville de Zurich (par exemple) s'avéra tout aussi impraticable.
Heureusement que l'événement Souris d'or nous attendait - et en matières de rencontres bien concrètes, nous n'avons pas été déçus, bien au contraire, je dirais même plus. Toutefois, pour garder une isotopie de l'absence, on a juste regretté que le maître des Commentaires, également nominé dans la catégorie politique, se soit éclipsé à la fin de la cérémonie, car tant de postures impolitiquement correctes nous faisaient anticiper de réjouissants échanges... Si le blogueur-en-chef nous lit, qu'il n'hésite pas à se manifester dans un commentaire. Chez lui ou chez nous.
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jeudi 18 mai 2006
François Brutsch |
19h43 |
médias
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Dans la catégorie "Politique": Une voix pour la Boillat!
Un choix qui nous console aisément de ne pas avoir gagné: il illustre remarquablement la capacité d'un simple blog, instrument disponible gratuitement pour un individu isolé, à intervenir sur une réalité et à fédérer toute une communauté. Tout cela en marge des médias traditionnels.
Fidèle à la nature militante de son entreprise, le mystérieux Karl s'est fait représenter à la cérémonie par des travailleurs (licenciés) de Swissmetal -- qui nous ont confié leur certitude qu'une troisième grève est inévitable à Reconvilier....
J'achève ce billet dans une halle qui nous accueille -- au dîner offert aux exposants du salon Orbit iEX: risotto aux légumes, saucisse de veau, moutarde et pain --, avec un orchestre assourdissant peu propice a l'échange entre blogueurs ravis de se rencontrer en chair et en os à cette occcasion! Vous trouverez les détails et le reste du palmarès sur le site de La Souris d'or.
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mercredi 17 mai 2006
François Brutsch |
22h45 |
divers
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On y vient... Et c'est souhaitable avant même d'être inéluctable: faire de l'anglais, langue étrangère pour tous, une langue de communication utilisable par tous est un bon moyen de lutter tant contre l'éclatement du pays par ignorance mutuelle que contre le ressentiment que créé l'inévitable prédominance alémanique. Un signe: le récent Swiss Blog Award (dont, contrairement à La Souris d'or, je ne me suis rapidement désintéressé parce que sa formule rendait pratiquement impossible l'émergence des blogs francophones et qu'il ne distinguait pas entre les types de blogs) a été attribué au blog d'une Anglaise vivant en Suisse, Don't mention the skiing!
Sur la polémique autour de l'enseignement d'une deuxième ou d'une troisième langue à l'école, il y a une hypocrisie fondamentale des francophones qui s'indignent de voir leur langue perdre son rang au profit de l'anglais: en Suisse romande aussi, la préférence irait largement à l'anglais plutôt qu'à l'allemand comme deuxième langue si la question était posée! Mais c'est tellement plus confortable de se poser en victime...
COMPLEMENT DU 22.05 à 23h: La presse romande présente comme une grande victoire du français le fait que plusieurs cantons ont rejeté, hier, une initiative prônant l'enseignement d'une seule deuxième langue à l'école primaire (plutôt que d'une deuxième dès la la 3e et d'une troisième dès la 5e). Le lecteur distrait est excusable de ne pas avoir réalisé que cette deuxième langue est le plus souvent l'anglais, le français venant, comme cela me paraît tout à fait justifié, en troisième place. Il ne reste plus aux cantons romands qu'à eux aussi commencer par l'enseignement de l'anglais avant celui de l'allemand!
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mardi 16 mai 2006
François Brutsch |
20h45 |
pink power
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Il me semble bien qu'il n'était pas "un des tout premiers" (LeMonde.fr) mais bien "le premier" (Têtu -- bon, en fait c'est seulement dans le fil RSS, l'article ouvre le parapluie...) homme politique français a avoir fait son coming out, certes en fin de carrière[1]. Mais justement, c'était d'autant plus désintéressé, il ne s'agissait pas pour lui de se prémunir contre quoi que ce soit ou de s'assurer la tranquillité d'esprit nécessaire à toute saine ambition, encore moins de rechercher la complicité de la branchitude: ancien ministre de François Mitterrand et maire de Pau jusqu'à son décès d'un cancer, à 78 ans, André Labarrère était au fond un rad-soc, et un témoin d'une autre génération.
Pour le bon équilibre de ce blog, il ne me reste plus qu'à espérer que JJSS ne va pas mourir dans les jours qui viennent...
COMPLETE LE 20.05 à 22H25
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François Brutsch |
20h30 |
sur le front
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Il n'y a pas que la théologie, ce qui compte c'est aussi l'environnement socio-économique qu'il induit (si ne n'est pas l'inverse): je trouve dès lors intéressante cette conférence de 8 Etats musulmans réunies à Bali où seul l'Iran détonne par son régime ouvertement belliciste et terroriste (mais la société iranienne est par ailleurs plus développée et pluraliste que bien d'autres). Que le monde musulman (re)trouve la voie du progrès et de la prospérité est le meilleur moyen de couper l'herbe sous les pieds des nostalgiques du califat. Et cette fois le propos ne paraît pas avoir été gâché par une obsession judéophobe.
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dimanche 14 mai 2006
Guillaume Barry |
19h57 |
divers
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De retour après quelques jours passés dans une capitale scandinave encore plus propre qu'en Suisse alémanique, je suis bousculé par cet article de spiked qui descend en flammes le commerce équitable à partir d'un film sur le sujet.
Coïncidence ironique, Migros-Magazine consacre un article à Paola Ghilanni, celle qui fut Madame Max Havelaar en Suisse, la plus charismatique des directrices de cette Fondation pour le commerce équitable. On ne saura jamais vraiment pourquoi elle dut démissionner... peut-être ses méthodes - couronnées de succès - furent-elle jugées trop agressives et pas assez éthiques. (Même l'agence tiers-mondiste InfoSud en est réduite à déplorer un manque de transparence en contradiction avec la raison d'être d'une telle fondation.)
L'article de spiked en tout cas semble indiquer que le commerce équitable ne sert qu'à flatter la bonne conscience occidentale. Par exemple, les producteurs bénéficiant d'un label du commerce équitable n'ont pas le droit de se mécaniser, donc d'augmenter leur productivité. Et l'obligation que certains auraient de cultiver selon des principes bio n'irait pas non plus dans le sens d'un enrichissement. Bon, je n'y connais pas grand chose, alors peut-être que tout cela n'est que calomnie et que le film a l'honnêté et la rigueur d'un Michael Moore.
A noter que dans un article précédent, InfoSud, aussi plein d'a priori idéologiques soit-il, mettait le doigt sur les paradoxes du commerce équitable, en donnant la parole à une chercheuse de Institut Universitaire d’Etudes du Développement de Genève, qui a interviewé des représentants des Magasins du monde, "partisans d’un commerce équitable sans concession (qui ne joue pas le jeu de l’économie traditionnelle)". Pour ces derniers, "le succès commercial du champion mondial du label équitable est la preuve même d’un dérapage éthique". Mais qu'est-ce qu'une entreprise commerciale qui ne vise pas le succès? De la charité, de la propagande ou les deux. Autre exemple de perversité (aux yeux de la chercheuse): le miel équitable vendu moins cher que le miel suisse, qui constitue une concurrence déloyale. Mais là, je ne vois pas tellement le problème, puisque les produits non équitables sont vendus en principe encore moins chers. Serait-ce que nos produits sont désavantagés de ne pouvoir bénéficier du label "équitable"? De quoi faire encore rire quelques vaches face à la bovéisation qui menace (par pochoir interposé).
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vendredi 12 mai 2006
François Brutsch |
20h33 |
gôche
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Le mouvement autour du Manifeste d'Euston prend de l'ampleur: plus de 1400 signatures, quelque 80 blogs associés, déjà des traductions de l'anglais en finnois, italien, espagnol et suédois... Mais pas encore en français (vous savez, cette grande langue internationale?). Et le lancement officiel aura lieu le 25 mai à Londres.
Je suis sans illusion sur le retentissement que le Manifeste d'Euston est susceptible de rencontrer en France même, obnubilée par une échéance présidentielle à laquelle tout est subordonné et en fonction de laquelle chacun se positionne. Et pourtant, aussi bien le rappel, à l'occasion de sa mort, de l'oeuvre d'un Jean-François Revel qui s'est toujours situé à gauche mais que la plus grande partie de celle-ci a rejeté et que la droite, elle, a annexé sans complexe, que le débat autour de La Tentation obscurantiste, de Caroline Fourest, témoignent de l'actualité de la démarche engagée pour combattre l'ostracisation et disputer le monopole de la gauche à ceux qui en trahissent les idéaux. Dépassant les divisions nées de l'intervention en Irak, le Manifeste d'Euston offre également la possibilité de retrouver un terrain commun à ceux qui y sont disposés. Bref, il me paraît important qu'une traduction officielle en français existe le plus rapidement possible (et il n'y a pas que la France qui parle français).
Je lance donc un appel à la collaboration sur ce blog, à la fois pour gagner du temps et surtout pour arriver à une traduction de qualité[1]. Il s'agit d'une traduction, qui doit rester fidèle à l'original, pas d'une adaptation/acculturation au gré de laquelle se glisseraient des nuances ou des compléments. Mais il s'agit aussi d'un texte qui, par sa nature, mérite d'avoir le souffle propre à la langue dans laquelle il est lu, et je me connais: je suis trop porté à la facilité de la traduction littérale, s'accommodant d'anglicisme. Je ne peux donc que jeter en pâture une traduction brute de décoffrage, en mettant à disposition la plate-forme pour l'améliorer. A vous lecteurs de jouer!
Comment collaborer?
- D'une part, en vous annonçant (en commentaire ou par courriel) pour proposer, à relativement bref délai (disons dans les 24 heures), la traduction d'une ou plusieurs des sections du Manifeste (à m'envoyer par courriel pour mise en ligne: fbrutsch à perso.ch): les 15 Statement of principles, par exemple, font chacun un paragraphe, ce sera plus rapide à 3, 5 ou 15 que pour moi tout seul... Pas même besoin de les prendre dans l'ordre! L'état de l'ouvrage sera en permanence actualisé ici même, pour éviter les doublons.
- D'autre part en relisant, par rapport à l'original et du point de vue de la langue française, les sections déjà traduites (ci-après)[2]. Merci de mentionner dans votre commentaire chaque fois très précisément la section qui fait l'objet de votre critique / suggestion!
Etat de l'ouvrage (actualisé lundi 22.05 à 07h35)
Version pratiquement définitive, à moins qu'il vous paraisse encore subsister de graves maladresses?
A. Preamble (terminé)
B. Statement of principles
- For democracy (terminé)
- No apology for tyranny (terminé)
- Human rights for all (terminé)
- Equality (terminé)
- Development for freedom (terminé)
- Opposing anti-Americanism (terminé)
- For a two-state solution (terminé)
- Against racism (terminé)
- United against terror (terminé)
- A new internationalism (terminé)
- A critical openness (terminé)
- Historical truth (terminé)
- Freedom of ideas (terminé)
- Open source (terminé)
- A precious heritage (terminé)
C. Elaborations (terminé)
D. Conclusion (terminé)
COMPLEMENT DU 23.05 à 11h15: Il faut aussi savoir terminer une traduction... Elle pouvait certainement être encore améliorée, mais elle est quand même plus utile sur le site officiel du Manifeste! Encore merci à tous ceux qui m'ont apporté leur collaboration.
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François Brutsch |
15h50 |
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Maintenant que Verel a vendu la mèche, je peux le dire: mercredi soir j'ai dîné à Paris en compagnie de nos partenaires de Lieu Commun (et moi j'ai vu Romain!). Ca faisait longtemps que je n'étais plus allé en France: la vision d'un pays qui fonctionne, aux équipements publics impeccables, que donne un passage en RER entre Roissy-Charles de Gaulle et le quartier du Panthéon, au travers de la banlieue nord, est nettement moins dramatique que ce que l'on pourrait croire à lire les déclinistes et autres analystes. Ou à suivre, médusé, les méandres de l'affaire Clearstream[1]. Comme j'étais un peu en avance, j'ai pu envoyer les deux billets du 10 mai depuis un café Internet face au restaurant -- et celui du 11 est le résultat de la lecture dans l'avion du retour, pour une fois, du Monde-du-jour-daté-du-lendemain!
Car le jeudi j'ai encore flâné un peu dans Paris et rencontré également Basho, de Sozorogami, et son co-blogueur Old Labour (pardon à tous les autres que j'ai renoncé à tenter de contacter!). Comme disait l'autre: un peu de virtuel éloigne du réel, beaucoup y ramène!
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jeudi 11 mai 2006
François Brutsch |
23h16 |
sur le front
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C'est un livre de Caroline Fourest, que je dois avouer découvrir aujourd'hui (tant le livre que la personne), au travers de la toujours belle page Portrait dans la section Décryptages du Monde[1]. Il a obtenu le prix du livre politique 2006. J'ai le plaisir d'y retrouver des thèmes familiers de ce blog au travers de la dénonciation d'une certaine complaisance de gauche à l'égard de l'islamisme radical, doublée d'un abandon des militants démocrates dans les pays arabes. Et cela devrait intéresser certaines de mes amies de Genève qui se sentent un peu seules sur cette ligne...
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mercredi 10 mai 2006
François Brutsch |
18h46 |
pink power
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Certains en débattront à perte de vue, évidemment. Et, si je profite du fait que Guillaume est en vacances pour me moquer gentiment, j'imagine que cela peut être vu au contraire comme une bénédiction divine.
La question se corse lorsqu'elle est posée à un homme ou femme politique. Naguère le candidat malheureux de Berlusconi à la Commission Barroso, aujourd'hui la nouvelle ministre de l'égalité dans le gouvernement Blair, Ruth Kelly. Car elle a non seulement l'impudence d'être catholique, mais elle est membre de l'Opus Dei. Formulée ainsi, la question est idiote, bien sûr, et elle a raison de refuser de répondre. Plus à propos est le point de savoir quels ont été ses votes sur les objets touchant l'homosexualité: elle a le plus souvent été absente.
Il est donc indéniable qu'elle n'est pas militante sur ce terrain, mais cela ne veut pas encore dire que son action sera néfaste (je dirais même: bien au contraire, dans la mesure où elle devra surmonter les préventions).
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François Brutsch |
18h35 |
sur le front
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La lâche résignation devant la marche vers l'arme nucléaire du régime iranien a de quoi faire froid dans le dos. De tous côtés on cherche comment "ne rien faire", ou amadouer ce que l'on ne comprend pas.
Si les premières démarches iraniennes ont été clandestines, tout se fait désormais au grand jour. Et les conceptions sous-jacentes comme les implications, elles, sont ouvertement proclamées. Le Monde, qui cite en français certains inquiétants extraits de la lettre du président Mahmoud Ahmadinejad à George W. Bush, a la bonne idées de renvoyer au texte intégral (en anglais) sur son site. Edifiant, et à ne pas prendre à la rigolade.
Lire aussi ce qu'en dit Ludovic, évidemment.
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mardi 9 mai 2006
François Brutsch |
23h35 |
divers
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D'un côté, le spectacle des duels Chirac/Villepin - Sarkozy et Blair - Brown, avec son lot de "petites phrases" lancées par les seconds couteaux, peut avoir quelque chose d'écoeurant. D'un autre côté, il peut valoir la peine de chercher à comprendre comment on en arrive à une telle situation (je pense aussi, dans le passé, à l'évolution du rapport entre Chirac et Balladur). Sur Gordon Brown, je recommande cette tribune de Robert Harris dans The Guardian.
COMPLEMENT DU 10.05 à 9h30: Le Monde indique en première page que les prochaines élections britanniques "ne pourront être organisées avant 2009". Ils ont en réalité voulu dire: "pourront ne pas être organisées avant", soit 4 ans après les précédentes, comme déjà en 2005 et en 2001. Car seule la durée maximale de la législature est fixée: elle est de 5 ans, ce qui nous conduit à début mai 2010. Mais le premier ministre peut en tout temps faire dissoudre le parlement par la reine. Si la transition finit par se faire en faveur de Brown, il aura tout intérêt à susciter rapidement des élections, pendant qu'il est encore en période de lune de miel, pour disposer ensuite d'une nouvelle législature complète. Avant le vrai test: peut-il être réélu?
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lundi 8 mai 2006
François Brutsch |
23h02 |
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Or donc, après Domaine Public, L'Hebdo, et Le Matin, le jury du concours national La Souris d'or 2006 distingue ce blog dans la catégorie des blogs politiques. Le prix n'est pas certain car la concurrence est forte. Mais ça nous vaut au moins des entrées gratuites à l'Orbit-iEX, IT for Business.People, à Zurich le 18 mai (bon, évidemment, il faut encore s'y rendre... je constate que les liaisons depuis Londres sont moins bonnes que pour Genève). Et surtout la perspective de rencontrer les autres blogueurs sélectionnés "nominés"!
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samedi 6 mai 2006
Guillaume Barry |
09h24 |
sur le front
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Pas eu la possibilité de bloguer tous ces temps et vais encore être absent une semaine. Avant de partir, je vous signale ce long article de Brendan O'Neill sur spiked. Il part de l'appel de l'acteur George Clooney qui réclame une intervention des Etats-Unis au Darfour, après avoir été notamment l'emblême du mouvement 'Bring Our Boys Home'. Tout l'article va être une analyse et une critique de la posture actuelle des anti-guerre devenu pro-intervention au Darfour. Dans le cas de l'Irak, les motivations, relevaient plus du sentiment narcissique d'indignation morale, qui est donc gratifiant à éprouver, plutôt que de la critique d'une idée - à savoir que l'Occident a une responsabilité morale d'intervenir dans les affaires d'autres Etats pour protéger ceux qui se font piétiner. Ceci explique, dit O'Neill, qu'un sentiment anti-guerre peut si facilement se muer en l'exigence d'une guerre. Ces mouvements ont rejeté le dualisme du bien et du mal de leurs adversaires (Bush en premier) pour adopter le dualisme du juste et du faux (right and wrong) qui refuse tout autant les nuances. Reste à savoir si les raisons que donne O'Neill pour ne pas intervenir au Darfour sont bonnes. D'autre part, en analysant les motivation des mouvements d'opinion et de revendications, il procède à une généralisation qui est peut-être discutable. Mais il n'empêche que son article vaut le détour.
COMPLEMENT EN HOMMAGE A JEAN-FRANÇOIS REVEL. Cette petite phrase de lui publiée dans le Point du 19 décembre 1992 reprise dans le numéro du 4 mai dernier:
"La vertu, comme la morale, consiste à se draper dans le Bien. La morale consiste à le faire, ou à éviter de faire le Mal."
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vendredi 5 mai 2006
François Brutsch |
17h24 |
droit/politique
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C'est au Royaume-Uni et pas en France, évidemment! Mais il n'y a finalement pas tant à en dire que je le pensais. Juste quelques points quand même: ce sont des élections locales (qui concernent des entités d'une taille minimale plusieurs fois supérieure à leur équivalent français, tout en ayant moins d'autonomie, le poids de l'administration centrale et du ministère des finances défiant tout entendement), qui ne se déroulaient qu'en Angleterre, et encore pas partout. La participation s'est élevée à 36% (en baisse). Les pertes travaillistes, respectivement les gains conservateurs, sont notables mais ne constituent nullement un tremblement de terre. Les poussées populistes du British National Party et de la coalition rouge-vert-brune Respect de George Galloway sont strictement localisées et sans lendemain. Bref rien qui soit susceptible de menacer une future quatrième législature travailliste consécutive sur le plan national.
Il n'en demeure pas moins qu'un remaniement ministériel était attendu depuis des mois, et plus encore après les péripéties de ces dernières semaines. Il a eu lieu dès ce matin et témoigne que, fût-ce à son corps défendant, Blair n'a rien perdu de son autorité. Désireux de tirer un trait sur l'affaire de l'organisation désastreuse des services du ministère de l'intérieur en charge du suivi des détenus libérés et, plus spécifiquement, de la procédure d'expulsion du territoire pour ceux qui l'encourent, mais de ne pas désavouer Charles Clarke qui n'a nullement démérité, il a souhaité le conserver au gouvernement, mais à un autre portefeuille. Clarke a tenté de lui forcer la main, refusant tout autre poste[1]: il se retrouve backbencher. Ce qui a de surcroît l'intérêt de présenter un concurrent potentiel à Gordon Brown pour la succession de Blair... lorsqu'elle sera ouverte, à ou d'ici la fin de la législature.
John Prescott, caution populaire du New Labour, reste vice-premier ministre, avec de larges attributions interministérielles, mais il perd son département, repris par Ruth Kelly, une jeune espoir du blairisme, comme David Miliband qui entre dans le cabinet. Tessa Jowell (culture) et Patricia Hewitt (santé) sont confirmées à leurs postes. Et, après Robin Cook et Jack Straw, Blair installe son troisième ministre des affaires étrangères, la vétérane et fidèle Margaret Beckett, tandis que Geoff Hoon (ministre de la défense de l'intervention en Irak) devient ministre des affaires européennes.
Bref, le changement dans la continuité, 9 ans après la victoire du 2 mai 1997. Demain, Tony Blair fête ses 53 ans (seulement).
(Corrigé le 06.05 à 10h10 une erreur concernant le département de Prescott)
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mercredi 3 mai 2006
La main à la pâte |
13h51 |
divers
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par Alex Dépraz
Après les magouilles du CIO, le journaliste Andrew Jennings s'attaque aux combines de la toute puissante FIFA. Le compte-rendu de Libération est sans doute complaisant car Jennings a l'habitude des enquêtes à charge. Il n'empêche. La FIFA n'est pas une société philanthropique. Dans son interview, Jennings parle bien entendu du scandale ISL (société qui gérait les droits de la FIFA et qui a fait faillite) en précisant qu'elle est "basée dans la petite zone franche de Sarnen au sud de Zurich". En réalité, Sarnen (Saarnen en allemand) est le chef-lieu du canton d'Obwald: ce n'est pas (encore?) une zone franche mais précisément un Etat qui pratique la sous-enchère fiscale, ce qui donne lieu à polémique! Mais, le système fiscal suisse est diablement complexe. Sans parler du droit. Car Jennings trouve saumâtre que son bouquin ait été interdit par un Tribunal de Zurich "alors qu'il ne l'avait pas lu". C'est probablement un exemple d'application de l'article 28c du Code civil suisse qui permet assez largement à un juge d'agir pour faire cesser à titre préventif une atteinte à la personnalité. La disposition prévoit un régime particulier pour les atteintes commises par voie de presse (médias ou périodiques), mais la publication d'un livre ne rentre pas dans cette catégorie. Et, on peut apparemment tenter de braver cette interdiction civile en commandant le livre sur Amazon (je me demande d'ailleurs si ou non c'est interdit, il faudrait certainement connaître l'ordonnance du juge pour le savoir!).
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mardi 2 mai 2006
François Brutsch |
22h39 |
droit/politique
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Dimanche Dominique de Villepin affirme, contre toute évidence, que Jean-François Revel était gaulliste. Mardi il se pose en victime de calomnies dans l'affaire Clearstream: on en oublierait presque que c'est bel et bien Nicolas Sarkozy qui a été l'objet d'une manipulation tendant à accréditer l'idée qu'il détient un compte bancaire à l'étranger!
Aujourd'hui Laurent Fabius évoque dans Le Monde une vaste réforme institutionnelle qu'il ferait adopter par référendum 6 mois après son élection à la présidence de la République. L'objectif: un président "recentré sur l'arbitrage". Qui peut croire une seconde que Fabius, fils spirituel de Mitterrand, est candidat à une simple fonction d'arbitrage?
A mon avis, le seul candidat qui peut de manière crédible enfourcher le cheval de la réforme primo-ministérielle des institutions, c'est Bernard Kouchner. Il devrait le faire, d'ailleurs, ce serait pour lui un bon moyen de prendre à contre-pied ses concurrents à l'intérieur du PS (ça peut même plaire à la base) et ensuite de proposer une vraie alternative à Sarkozy. Mais Fabius!
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