Toyal cède sur Accous et désespère de la France: merci M. Lassalle
François Brutsch | vendredi 14 avril 2006 à 19h40 | divers | rss
Vous avez suivi en détail cette grève de la faim d'un député UDF pour défendre une usine de sa circonscription contre de méchants Japonais? Moi non plus, seulement les titres. Ce matin Jean Lassalle était conduit à l'hôpital, cet après-midi il mettait fin à son action après avoir accepté la capitulation du groupe Toyal. Qui ne cache nullement le dommage à long terme causé par cette affaire:
"Le protocole qui a été signé est un protocole de crise qui correspond à une situation exceptionnelle", a déclaré à Reuters un représentant de Toyal Europe, au nom de la direction. "La conséquence est que notre actionnaire a perdu toute confiance dans le pays dans lequel il était censé se développer."
Pour comprendre toute l'histoire, il fallait avoir lu le billet du 23 mars sur DirtyDenys qui, à en juger par le faible nombre de commentaires et de trackbacks, n'a vraiment pas l'audience qu'il mérite au sein de la blogosphère francophone:
Accous, une commune de la quatrième circonscription législative des Pyrénées-Atlantiques, abrite depuis 1925 une usine fabricant de la poudre d'aluminium pour peintures automobiles ; jadis Péchiney, elle emploie 150 personnes et appartient aujourd'hui au japonais Toyal. Sur son site de Lacq, commune de la troisième circonscription législative des Pyrénées-Atlantiques, Total dispose de terrains avec commodités sur lesquels Toyal songe à installer une nouvelle unité de production. Entre les deux, en ligne droite, mesurés sur une carte au 1/200 000 ème, quarante-sept kilomètres.
Quarante-sept kilomètres, et le député UMP de la quatrième circonscription, maire de Lourdios-Ichère, son village natal, Jacques Lassalle, l'excentrique de l'assemblée, persuadé, malgré les incessants démentis de Toyal, que l'ouverture de Lacq entraînera la mort d'Accous, entame, dans la salle des Quatre Colonnes, celle à laquelle la presse peut accéder, une grève de la faim. Quarante-sept kilomètres et, sans rire, avec même un mortel sérieux, on s'inquiète de mondialisation : puisque cela risque d'être dans le canton d'à côté, forcément, dans l'acception la plus littérale que peut prendre le terme, on délocalise. Plus besoin de Chine ou d'Inde, de Limerick ou de Trnava : quarante-sept kilomètres, et c'est l'autre monde.
Mais lisez tout[1], le reste du blog également!
Notes
[1] Même s'il y a apparemment des approximations (rectifiées depuis): Jacques pour Jean, UMP pour UDF et 47km pour 60km...








Commentaires
1. Le samedi 15 avril 2006 à 00h13, par Denys
2. Le samedi 15 avril 2006 à 00h22, par François Brutsch
3. Le samedi 15 avril 2006 à 09h10, par FrédéricLN
4. Le samedi 15 avril 2006 à 10h47, par Pierre
5. Le samedi 15 avril 2006 à 12h55, par jules (de diner's room)
6. Le samedi 15 avril 2006 à 17h02, par Denys
7. Le samedi 15 avril 2006 à 17h44, par le platane
8. Le mardi 18 avril 2006 à 02h33, par Enguerrand
9. Le mercredi 19 avril 2006 à 10h57, par FrédéricLN
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