Les émeutes françaises, vues des gradins
François Brutsch | samedi 5 novembre 2005 à 13h02 | médias | rss
J'ai sursauté en voyant ce titre dans Le Monde:
Les destins fracassés des jeunes gens jugés à Bobigny pour leur participation aux émeutes
Ah oui? Mais pourquoi pas plutôt, ou aussi, les portraits de leurs voisins et victimes, ceux dont les voitures ont flambé et qui endurent ordinairement, mais toute l'année, une violence à basse intensité?
Paternalisme bienveillant pour les fauteurs de troubles (rapidement généralisés: "les jeunes"), capacité de s'identifier aux victimes moindre que s'ils étaient Palestiniens ou à la Nouvelle-Orléans. Tout cela est traité de manière irréelle, extérieure, ethnologique: il ne doit pas y avoir beaucoup de journalistes et de hauts fonctionnaires qui vivent dans ces banlieues. On peut dès lors disserter doctement sur les stratégies comparées de Villepin et Sarkozy.
Pas grand-chose sur le sujet dans les blogs français que je consulte habituellement, mais à signaler un billet de Hugues sur Commentaires et vaticinations, celui-ci de Jules sur What's next? et une vocation rentrée de titreur à Charlie-Hebdo pour Paxa. Pas pour du vécu, mais pour une analyse tactique et stratégique que l'on ne trouve nulle part ailleurs, il faut lire le professionnel, Ludovic Monnerat, ici, là, là et encore là: quel sera le premier quotidien français à le publier?
COMPLEMENT DU 08.11 à 14h30: Le Monde remet ça dans le numéro de mardi:
C'est Le Figaro qui est allé s'enquérir des victimes (sans guillements).
Certes, ni l'un, ni l'autre quotidien ne sont vraiment susceptibles d'avoir ou de gagner beaucoup de lecteurs dans ces milieux, mais j'aurais cru Le Monde plus naturellement intéressé par le sort des habitants ordinaires de ces quartiers que le journal de Serge Dassault. Réduire un mouvement collectif aux histoires individuelles qui le composent, c'est le nier en l'atomisant, et traiter les dégâts comme une abstraction lointaine c'est nier les victimes.








Commentaires
1. Le samedi 5 novembre 2005 à 22h17, par koz
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