Katrina: la déprime après la tempête
François Brutsch | dimanche 4 septembre 2005 à 23h06 | divers | rss
J'avoue un sentiment d'impuissance et d'écoeurement: tout savoir en temps réel de la situation des gens qui souffrent sur place sans rien pouvoir faire d'utile, et le caractère prévisible de l'anti-américanisme et de l'anti-bushisme ne m'amuse même pas (comme je suis conscient que ma patience indulgente peut aussi être considérée comme biaisée...).
Deux observations quand même.
- On comprend mieux, rétrospectivement, le réflexe de fierté maladroite des Russes (après le naufrage du Koursk) ou des Indonésiens (après le tsunami) quand on voit que les Américains ont eu le même...
- La lenteur et la maladresse des secours est une première impression qui est peut-être fausse, résultant d'une erreur d'appréciation (elle sera néanmoins difficile à effacer et rend déjà plus difficile la suite): après tout, quelques jours c'est peu à l'échelle d'une catastrophe naturelle, même si c'est beacoup quand on le suit heure par heure. Mais je me demande s'il n'y a pas aussi un autre phénomène à l'oeuvre: les inhibitions qui entravent l'efficacité de l'action, paradoxalement, lorsqu'on est chez soi; difficile par exemple d'ignorer les susceptibilités entre les niveaux de l'action publique voire les couleurs politiques des élus responsables. Si des opérations de secours américaines sont plus efficaces à l'étranger, ne serait-ce pas parce qu'elles peuvent alors se déployer en tout professionnalisme, sans état d'âme? Ce qui veut dire au fond que le Canada, l'OTAN, l'UE ou le Corps suisse d'aide en cas de catastrophe auraient mieux fait de débarquer et d'agir...






Commentaires
1. Le lundi 5 septembre 2005 à 15h33, par Hugues
2. Le mardi 6 septembre 2005 à 10h45, par François Brutsch
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